Il nous arrive par moment de vouloir faire des trucs et de nous planter royalement. C’est pas très grave ça s’appelle tout simplement un foirage monumental. Et comme on aime bien les histoires de fiasco, on vous a dégoté quelques documentaires rendant hommage (ou pas) à ces tentatives qui ont parfois donné des trucs géniaux au prix de galères monstrueuses…

1. "Fyre Frayd" de Jenner Furst et Julia Willoughby Nason (sur Hulu) et "Fyre" de Chris Smith (sur Netflix)

L’histoire du plus grand fiasco de l’histoire du festival nous est racontée depuis peu notamment dans un documentaire édifiant sur Netflix. Des organisateurs (têtes de nœuds en puissance) font venir des influenceuses sur une île paradisiaque des Bahamas et leur filent un joli bifton pour qu’elles communiquent sur un festival à venir. Sauf que les mecs n’avaient ni île, ni espaces pour recevoir les festivaliers, ni même line up (Les grosses têtes d’affiche ayant abandonné bien vite le projet fumeux). A cause d’une équipe de connards prétentieux d’un côté et de suceurs sous-fifres de l’autre, personne n’a pu annuler l’événement alors que la veille du 1er jour il n’y avait ni logement, ni nourriture, ni même eau pour les festivaliers qui avaient raqué entre 4000 et 250 000 dollars leur place. C’est purement jouissif de voir autant de demeurés se planter face à une jeunesse dorée qui ne mérite que ça. Un régal.

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2. "Fucking Kassovitz" (disponible gratuitement sur Youtube) de François-Régis Jeanne

Vous vous rappelez de Babylon A.D. ? Un navet à gros budget réalisé par Kassovitz. Film sans queue ni tête dont le making-of interdit vient rétablir la vérité sur les grosses productions américaines. Un documentaire d’une heure absolument passionnant qui dénonce les problèmes inhérents à l’industrie hollywoodienne, l’enfer des comédiens têtes de cons, des producteurs, des erreurs disséminées dans tous les rouages de la hiérarchie du tournage. Bref, si ce film était un véritable nanar, son documentaire restera lui, gravé dans les annales.

3. "Lost in La Mancha" de Keith Fulton et Louis Pepe

Un classique du genre ! On est en 2000, Terry Gilliam veut s’emparer de l’oeuvre de Cervantes pour réaliser The Man Who Killed Don Quixote, projet sur lequel il planche depuis plusieurs années. Jean Rochefort doit y tenir le rôle titre entouré de Johnny Depp et Vanessa Paradis. Le processus de tournage enclenché, le réalisateur fait face aux même galères que rencontrera plus tard Mathieu Kassovitz dans Babylon A.D. Sauf que là, le film n’a même pas pu voir le jour. Ce qui devait être au départ un making of devient vite un documentaire narrant le naufrage d’un film maudit.

4. "Jodorowsky's Dune" de Frank Pavich

Avant que Denis Villeneuve ne s’y attaque, Alejandro Jodorowsky a aussi tenté de s’emparer de l’ambitieux projet en 1975. Le réalisateur s’entoure de futures stars de la SF allant de Jean Giraud (alias Moebius) à Dan O’Bannon (scénariste de Alien), sans oublier Hans-Ruedi Giger (créateur de la créature Alien !) ou même Chris Foss (concepteur du vaisseau spatial de Alien). Le casting est frappadingue, il mêle Mick Jagger à Orson Welles en passant par Salvador Dali. Pink Floyd signe la musique du film. Et puis plouf. Les studios hollywoodiens flippent un peu que ce soit Jodorowsky aux commandes et le film tourne au fiasco. Comme quoi parfois ça se joue à peu de choses.

5. "L'enfer" de Henri-George Clouzot

Mélange de scènes provenant de son film inachevé et de séquences documentaires, le film raconte comment Henri-George Clouzot a foncé droit dans le mur avec ce tournage qui aura fini par lui coûter la vie avec un infarctus.

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6. "Ma rue éphémère" de Ilana Navaro et Cécile Laffon

On sort du visuel pour se plonger les oreilles les premières dans ce documentaire radiophonique diffusée dans « Les pieds sur Terre » sur France Culture. Il nous raconte l’histoire de la « Jeune Rue ». Un projet innovant au sein du quartier historique du marais : faire naître un ensemble de commerces de bouche et de design afin d’en faire une rue conviviale dans une perspective écoresponsable. Bref, sur le papier c’est plutôt sympa. Jusqu’à ce qu’on découvre le pot aux roses : le mystérieux financeur Cédric Naudon était un escroc de première et le projet ne verra jamais le jour.

7. "Les yeux dans les Bleus 3" de Stéphane Meunier

Bon faut dire que le titre annonçait pas un truc de ouf. Ça sent la fainéantise, les gars auraient tout de même pu se creuser pour trouver un autre titre un poil plus élaboré. Enfin bref, je vous apprends rien en vous disant qu’en 2002 la France n’a pas gagné la coupe du monde, alors sans surprise le documentaire finit pas super joyeusement.

8. "L'autre finale" de Johan Kramer

Alors personnellement je n’ai pas vu ce documentaire mais je trouve que l’idée de suivre les deux équipes de foot les plus mauvaises au classement FIFA, le Bhoutan et Montserrat, pour filmer le match pour se disputer la dernière place du classement, c’était plutôt une belle idée de génie.

9. "Aux cœurs des ténèbres : L'Apocalypse d'un metteur en scène" de Eleanor Coppola

Apocalypse Now est sorti en 79. En 91 ce documentaire révèle l’enfer absolu du tournage. La vie de Coppola s’en trouve anéantie. Outre les emmerdes de tournages d’une gravité sans nom, Coppola se retrouve ruiné, avec des acteurs au bord de la folie.

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Et dans le même genre on vous recommande le film The disaster artist qui n’est pas un documentaire pour le coup mais qui raconte l’histoire de Tommy Wiseau un mec totalement perché qui veut réaliser un film sans rien y connaitre et qui se plante épouvantablement dans la réalisation de son seul et unique long-métrage, The Room.

Sources : Le Parisien, 20 Minutes, France Culture