Internet a ceci de génial que les utilisateurs peuvent travailler entre eux pour s’entraider, ou, dans le cas qui nous intéresse, aider les enquêteurs à résoudre des crimes. Avant, ils n’auraient pas pu se regrouper pour faire ça, à la limite on aurait pu voir un gars, seul dans sa chambre, afficher plein de photos sur un panneau en liège pour essayer de faire comme les flics, mais, depuis que le web existe, la donne a changé. Voilà quelques crimes qui ont été résolus grâce à la communauté des internautes. Finalement, Internet ça ne sert pas qu’à aller voir des sites quand on s’ennuie.

1. Les utilisateurs de Reddit ont permis de retrouver un chauffard qui avait pris la fuite

En 2018, Susan Rainwater a été renversée et tuée par une voiture dans l’Etat de Washington. Les policiers avaient très peu d’indices, si ce n’est un tout petit morceau tombé de la voiture incriminée (voir la photo juste en dessous). Un des policiers en charge de l’enquête a posté en ligne la photo du petit bout de voiture en demandant si quelqu’un avait des infos. Et paf, les utilisateurs du site/forum Reddit se sont motivés, ont cherché, et ils ont trouvé : l’objet appartenait à une Chevrolet Silverado, un modèle de voiture datant des années 80. Et, coup de bol, il n’y avait pas grand monde qui avait cette voiture dans le coin, ce qui fait qu’on a retrouvé le chauffard de 37 ans qui a fini par avouer devant l’évidence des faits. Du beau boulot d’enquêteurs.

2. Un internaute a stabilisé une vidéo pour qu'elle serve de preuve dans un homicide

Le 4 avril 2015 à North Charleston, en Caroline du Sud, Walter Scott, un homme noir, a été tué par Michael Slager, un policier blanc. D’une balle dans le dos. Le policier a expliqué qu’il s’est senti menacé parce que Scott avait pris son taser. La scène a été filmée par un passant, mais elle a été jugée irrecevable comme preuve parce que trop tremblante. Sauf que Daniel Voshart, un étudiant en vidéo, a pris soin de stabiliser la scène, qui a finalement pu révéler que le policier avait placé le taser à côté de la victime après coup. L’affaire est un peu plus compliquée que ça, mais en définitive la vidéo a bien pu aider les enquêteurs et le juge.

3. Une internaute a permis de faire inculper un mec qui encourageait les gens à se suicider

En 2008, à Ottawa, Nadia Kajouji s’est jetée d’un pont. Quelques temps avant, comme elle allait très mal, elle avait demandé sur internet ce que ça ferait de se suicider, et une certaine Cami D lui avait répondu que ça lui ferait du bien, et lui a même proposé un pacte pour qu’elles se suicident toutes les deux de leur côté. Sauf que « Cami D » était en réalité William Melchert-Dinkel, un infirmier et père de famille. C’est une internaute, Celia Bay, qui a repéré le mec en question sur la toile et a compris qu’il n’en était pas à son coup d’essai puisqu’il encourageait régulièrement des gens à se suicider. Ça a permis à la police de l’arrêter et de le juger pour avoir incité au suicide deux personnes. Un type pas très recommandable, vous en conviendrez.

4. Un meurtre de plus de 30 ans a été résolu grâce à un site de généalogie

En 1987, un couple de Canadiens avait été tué sauvagement. A l’époque, on n’avait pas assez d’indices. Mais, en 2018, des enquêteurs ont décidé de prendre un des prélèvements ADN de la scène de meurtre et de le comparer avec la base de données du site GedMatch, un site de généalogie qui utilise des tests ADN. C’est comme ça, en croisant les données et en remontant l’arbre généalogique correspondant au prélèvement, qu’ils sont tombés sur William Earl Talbott, déjà soupçonné à l’époque, mais contre qui on n’avait pas de preuves. C’est impressionnant, mais ça soulève forcément des questions éthiques, puisque les gens qui envoient leur ADN au site GedMatch ne savent pas que la police peut utiliser leurs données pour des enquêtes. Impressionnant, donc, mais aussi flippant.

5. Une mère a retrouvé son fils (mort) grâce à Facebook

En 1995, Jason Callahan, un jeune de 18 ans, part dans le sud de la Virginie pour aller voir un concert du groupe Grateful Dead. Il n’y parviendra jamais et sera retrouvé mort, défiguré, non identifié. Seul indice : il avait sur lui deux tickets pour un concert du groupe de rock. Des internautes se sont passionnés pour cette affaire et ont créé une page « Grateful Doe » sur laquelle on pouvait trouver des photos du jeune homme. La mère de Jason est tombée sur la page Facebook, l’a reconnu et a laissé un message pour indiquer aux membres de la page qu’il s’agissait de son fils. Jusque là, elle pensait que son fils avait fugué et qu’il préférait vivre sa vie sans elle. C’est hyper triste, mais ça a au moins permis de révéler une partie du mystère.

6. Les Anonymous ont retrouvé les agresseurs d'une fille qui s'est suicidée

En 2013, Rehtaeh Parsons a été violée par un groupe de personnes dans une maison au Canada. Le viol a été filmé, des photos ont été prises, et elle a par la suite subi un harcèlement en ligne de la part des personnes qui avaient abusé d’elles, ou d’autres qui lui demandaient des faveurs sexuelles. Rehtaeh Parsons n’a pas supporté cette pression et s’est suicidée. L’affaire a rapidement été classée, faute de preuves. Enfin, c’est peut-être parce que les enquêteurs ne s’étaient pas assez bougés, puisqu’un groupe d’Anonymous s’est motivé à chercher les agresseurs/harceleurs et les a dénoncés publiquement. Ce qui a permis de rouvrir l’enquête et d’appréhender les coupables. Bien joué les Anonymous.

7. Un hacker a permis l'arrestation de plusieurs pédophiles

Brad Willman, un jeune de 19 ans, a créé un virus pour infiltrer les PC de milliers de personnes afin de retrouver des pédophiles pour les dénoncer à la police. Il y consacrait des journées entières et a permis de faire arrêter plusieurs ordures, ce pour quoi on a vraiment envie de lui offrir tout notre amour. On peut aussi parler de Einar Otto Stangvik, un hacker norvégien qui a aidé à fermer un site pornographique du Dark Net. Ils ne sont pas les seuls, et on est content de savoir qu’il y a des héros cachés un peu partout sur le net.

8. Des agresseurs homophobes ont été reconnus et dénoncés par des internautes

Le 11 septembre 2014, deux hommes en couple se font tabasser par un groupe dans une rue de Philadelphie. Il y a des images de vidéo-surveillance, et la police décide de les diffuser sur le net. Les internautes ont relayé les images sur Twitter, et l’un d’entre eux a fini par identifier les agresseurs. Il a donné les noms à un de ses contacts dans la police, ce qui a permis de considérablement faire avancer l’enquête. Finalement y’a quand même des moments où la délation c’est pas trop mal non plus.