Parfois, le cinéma français n'a besoin de personne pour sauter à pieds joints dans plusieurs clichés. Néanmoins, le cinéma américain, quand il s'agit de montrer cette exotique contrée plus petite que le Texas, n'est pas en reste non plus. Il semblerait parfois que la vision hollywoodienne de la patrie de Régine soit restée bloquée sur quelques particularités bien de chez nous.

  1. Les prénoms : les prénoms français, dans l'imaginaire américain, sont souvent composés, les Jean-Pierre et les Jean-Paul prolifèrent donc dans diverses productions. C'est vrai que Jean-Edern, ça a plus de gueule que John-John, admettons-le. Parfois, les prénoms, féminins et masculins, fleurent bon le temps jadis, (Germaine, Jacqueline, Marcel, François...) comme si ce pays de bouseux n'avait pas évolué depuis que l'Oncle Sam est venu lui sauver les miches en 44.
  2. L'industrie automobile figée dans les années 60 : de la Deudeuche en passant par une vieille DS, pour les cinéastes américains, la France est un lieu étrange coincé dans un vortex temporel, où l'on peut encore croiser une bonne soeur en 4L sur une petite route de campagne comme dans La Grande Vadrouille.
  3. La Tour Eiffel un plan sur deux : où que l'on se trouve en France, c'est bien connu, on peut voir la Tour Eiffel de sa fenêtre. D'un autre côté, CNN a situé Cannes en Espagne, alors il ne faut pas s'étonner...
  4. L'accordéon : qui dit France dit Paris, et à Paris, il y a de l'accordéon tout le temps, d'ailleurs Yvette Horner touche des royalties chaque fois que retentit une ritournelle de guinguette sur le Pont-Neuf ou sur les bords du Canal Saint-Martin.
  5. Le style vestimentaire radical : soit les gens sont tous ultra-lookés, car Paris est la capitale de la Mode (et la France, au cas où vous ne l'auriez pas encore compris, pour les Américains, se limite à la Capitale), et vont acheter la traditionnelle baguette tout de Chanel et Dior vêtus, soit le peuple, resté bloqué à la Libération, arbore bérets et grosse moustache. A noter que les garçons de café sont tous habillés en garçons de café, comme si tous les bistrots parisiens obligeaient leur personnel à la chemise-veston-tablier noir...
  6. Le Méchant : selon le contexte politico-historique, le Méchant de film américain est traditionnellement russe, (bolchévik) ,arabe (terroriste), ou sud-américain (dictateur en puissance). Quand il s'agit de varier un peu, le cinéma américain revient à une valeur sûre : le Méchant français, dont l'accent suave et la volubilité s'allient souvent à un sadisme exacerbé. En même temps, des gens qui bouffent des grenouilles présentent forcément un certain nombre de troubles du comportement.
  7. La police et la gendarmerie un peu dépassées : les american cops volent souvent au secours de ces fonctionnaires et militaires qui se déplacent encore en estafette et tapent leurs rapports à la machine à écrire. Il ne faut plus s'étonner après que nos valeureux condés se prennent pour des cow-boys, complexés qu'ils doivent être par leur image déplorable véhiculée par le cinéma outre-atlantique.
  8. La gastronomie française : on passera volontairement sur le stéréotype qui veut que les Français, à toute heure de la journée, mangent du fromage avec de la baguette et du vin. En revanche, il faudrait arrêter le gag récurrent des étrangers effrayés devant le spectacle de ces sauvageons mangeant-souvent avec délectation-des huîtres, des grenouilles et des escargots. Avec en prime, la réputation de poivrot siffleur de pinard dès potron-minet qui va bien.
  9. Une vision de la ruralité un peu biaisée (un tout petit peu) : comme on le sait maintenant, la France se résume généralement aux beaux quartiers de Paris. Il arrive pourtant que certains films s'aventurent dans cette contrée riante et pittoresque au delà du périphérique : la province. Sachant qu'au Sud de Paris, se trouve Bordeaux, à côté de Marseille qui voisine avec Toulouse, ces trois charmantes bourgades ensoleillées formant "La Côte d'Azur", et qu'au Nord, il y a la Normandie qui se résume à Omaha Beach. ("Cannes en Espagne", souvenez-vous...). Dans ces jolis petits villages, les rustres tuent encore eux-mêmes leur bouffe et sont tous fermiers. Sauf le propriétaire du château local qui suzeraine tous ces gueux avec bienveillance tout en fabriquant un grand cru au nom imprononçable.
  10. L'amoureuse/l'amoureux français : Paris, la ville de l'amour, abrite souvent des romances entre Américain-e-s et autochtones, parcourant les Champs Elysées main dans la main avant d'aller glander au Café de Flore (où tout le monde fume). Avec l'affaire DSK, l'image des french lover va quand même en prendre un coup, sans jeu de mots graveleux.

Top écrit par m@ster