Dans l’histoire de l’humanité (oui, rien que ça), trois questions demeurent à ce jour insolubles : que signifie le mystère de la Trinité ? Quelle était la position du ballon à la 102ème minute de la finale Angleterre-RFA de 1966 ? Et bien évidemment, qu’est ce que le punk ? Ne disposant pas ici de la place (et peut être de l’intelligence) pour étaler mes connaissances théologiques, et souhaitant pouvoir continuer à manger du Fish and Chips à Portobello road et du Curry Wurst à Unter den Linden, je laisserai ici de côté le Père, le Fils, le St Esprit et Geoff Hurst, pour ne me consacrer qu’à l’élucidation de l’esthétique punk.
Donc qu’est ce que le punk ? Et d’abord, c’est quoi un morceau punk ? Un truc pas très bien joué et ne dépassant pourtant pas deux ou trois accords ? Un truc pas très bien chanté, mais très bien hurlé (vomi, diront les détracteurs) ? Un truc fait par des mecs à crête, avec des épingles à nourrice, des swastikas et des A cerclés ? Tentative de réponses avec le top 10 (forcément incomplet) des classiques du punk.

  1. The Clash – London Calling : le plus grand morceau du plus grand album du plus grand groupe de tous les temps ? Non ?
  2. Ramones – Beat On The Brat : au Blitzkrieg Pop marquant l’ouverture du 1er album du gang des faux-frères Ramones, on préférera le titre suivant, le non moins génial Beat On The Brat avec son refrain plein de sagesse : « Beat On The Brat/With A Baseball Bat ».
  3. Richard Hell and the Vovoids – Blank Generation : avec son pedigree impeccable : bassiste sur le Marquee Moon de Television, et avec la première mouture des Heartbreakers (deux des grands absents de ce top), Richard Hell allait quitter ses deux formations mythiques pour fonder les Vovoids et écrire l’hymne absolu du punk-rock américain, le bien nommé Blank Generation.
  4. New York Dolls – Looking For A Kiss : ils inspirèrent les Sex Pistols par l’intermédiaire de Malcom Mac Laren qui fut leur manager. Ils eurent Morrissey comme président de leur fan-club. Et surtout, le temps de deux albums au début des années 70 (avant une reformation tout sauf honteuse dans le courant des années 2000) les New York Dolls furent sans doute le meilleur groupe américain. Preuve en est avec ce parfait Looking For A Kiss qui débute avec une citation forcément classe des Shangri-Las’.
  5. Buzzcocks – Ever Fallen In Love : tube imparable du 3ème album du groupe de Pete Shelley, Ever Fallen In Love est la plus belle réponse aux ignares, qui considèrent que les punks ne savaient pas écrire de mélodie.
  6. Magazine – Shot By Both Sides : ils furent nombreux à vouloir très vite sortir du punk pour élargir leurs horizons musicaux, et montrer qu’ils pouvaient tenir un autre rôle que celui de trublion de la musique rock. Ainsi Johnny Rotten, après les Sex Pistols parti fonder PIL. Ainsi Howard Devoto, le leader des Buzzcocks quitta-t-il son groupe dès la fin du premier album pour fonder Magazine et écrire le riff imparable de Shot By Both Sides.
  7. The Saints – I’m Stranded : le punk ne fut pas qu’anglais ou américain, mais aussi français (Asphalt Jungle, Metal Hurlant, Stinky Toys…) ou australien avec notamment les Saints et leur I’m Stranded.
  8. The Undertones – Teenage Kicks : selon la légende John Peel se serait fait enterrer au son du Teenage Kicks des Undertones. En effet quel plus bel hymne funéraire ?
  9. Johnny Thunders – You Can’t Put Your Arms Around A Memory : la carrière (comme la vie) du fondateur des New York Dolls, et leader des Heartbreakers fut particulièrement erratique, mais elle contient quelques pépites, comme ce si triste You Can’t Put Your Arms Around A Memory.
  10. The Damned – New Rose : morceau de bravoure d’un des groupes fondateurs du mouvement, New Rose fut le premier single de l’histoire du punk britannique. Toute une esthétique posée en un peu plus de deux minutes trente.

Et vous, quels sont vos grands classiques du punk ?