AH la healthy food, ça fait rêver. Surtout sur Instagram. Ces magnifiques plats concoctés maison à base d’avocat, de quinoa et de graines de grenade. MIAM. OK super. Je vais certainement pas vous dire que le bio c’est de la merde et que manger cinq fruits et légumes par jour c’est pour les nazes. Toutefois, la healthy food a ses limites et le bio avec. Faisons donc un petit tour d’horizon des couleuvres healthy qu’on nous fait avaler.

1. On ne peut pas garantir qu'un produit bio soit sans aucun pesticide

On est tenté de ne jurer que par le bio à tout bout de champs écoresponsables. C’est bien. C’est encourageant. Mais le bio n’est pas parfait. Même si un produit certifié bio sera certainement moins exposé aux pesticides, il n’existe pas de risque zéro. Déjà on sait que le label bio européen autorise 0.9% d’OGM et que 5% de ses ingrédients sont d’origine chimique. Mais surtout il suffit qu’une cagette de fruits se prenne quelques gouttes de pesticides du champ d’à côté, ou qu’ils soient nourris par une nappe phréatique contaminée, ou lavée avec une eau non traitée pour qu’atterrisse dans ton assiette une tomate avec des traces de pesticides.

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2. "Bio" ne veut pas dire bon pour la santé

Alors comprenons nous, ça ne veut pas dire non plus mauvais pour la santé ou plus mauvais que n’importe quel produit industriel, soit. Mais à force d’associer le concept de bio à la santé, on se crée de fausses croyance, comme si la nourriture bio pouvait nous servir de médicament. A ce jour aucune étude scientifique ne permet de prouver que le bio nous protège de certaine pathologie. Certes ça réduit les risques dans la mesure où l’on minimise notre exposition aux pesticides. Mais le bio c’est avant tout un système de production qui s’inscrit dans le développement durable et doit se montrer plus respectueux de l’environnement, ce qui constitue une raison déjà suffisante pour se laisser séduire.

3. Un produit bio mais qui n'est pas de saison et qui vient de l'autre bout du monde, c'est un peu bidon

Là encore il faut être cohérent. C’est bien d’acheter bio. Bravo, tu auras une médaille. Mais le plus important c’est surtout de consommer des aliments de saison et issus de circuit court. C’est en combinant ces deux paramètres que tu peux t’assurer une meilleur alimentation, et surtout une alimentation plus responsable. Une tomate bio cultivée dans un potager bio sur un autre continent en plein hiver, ça ne te fera pas gagner ta place au paradis.

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4. Le bio est incompatible avec une production industrielle

Or, à partir du moment où de plus en plus d’individus consomment bio et que les grandes surfaces s’emmêlent, il va de soi que les critères relatifs à un produit bio ne peuvent pas être totalement respectés. C’est en ceci que l’alimentation bio peut atteindre ses limites. C’est bien de consommer bio mais c’est surtout bien de consommer intelligemment. Sans emballage. De saison. Acheter directement aux producteurs (par l’intermédiaire d’AMAP ou d’organismes comme La Ruche Qui Dit Oui par exemple). Pour vous donner une petite idée, acheminer un fruit en France provenant d’un autre continent en avion demande 10 à 20 fois de pétrole qu’un fruit local et de saison.

5. Les labels bios européens sont pas 100% fiables

Les normes européennes demandent un cahier des charges bien rempli pour pouvoir labelliser un produit bio. Sauf que certaines manières de produire sont en fait plus respectueuses de l’environnement que ce que garantissent les labels européens, et n’ont pourtant pas le droit d’être labellisées bio, allez comprendre. Bref je vous recommande vivement un récent numéro de l’hebdo 1 qui émet quelques réticences sur le label AB et recommande plutôt d’autres labels comme Bio Cohérence, Demeter, Nature & Progrès…

6. Les aliments sans gluten remplacent quand même le gluten par un autre composant pas forcément meilleur

L’additif E471, ça vous dit rien ? C’est bien normal on n’apprend pas encore par cœur à l’école la liste des additifs qu’on va se coltiner toute notre vie dans d’obscurs aliments dont on ne connaît jamais pleinement la composition. En l’occurrence, le E471 (= mono-diglycérides d’acides gras alimentaires) peut également entraîner des problèmes digestifs voire du diabète. Donc à moins d’être vraiment allergique au gluten (la maladie cœliaque concerne en moyenne une personne sur cent en France), aucune raison de se tourner vers les aliments sans gluten.

7. Les jus "détox" garantis sans sucres ajoutés, c'est bien joli mais ils sont autant voire plus chargés en sucres naturels

Et oui ! C’est pas parce que ta brique de jus est bio, garantie pleine de fruits, sans additifs et sans rien de mauvais ; elle reste un concentré de fruits. Et les fruits c’est très bon mais c’est aussi très sucré. Or, boire des fruits permet d’en engloutir beaucoup plus d’un coup que de les manger et de se prendre ainsi une dose surélevée de sucres dans le bide. Le mieux, et je sais que ça pourra surprendre, c’est de diluer ton jus dans de l’eau.

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8. Les briques de lait sans lait

Si par exemple tu décides de troquer ta traditionnelle bouteille de lait demi-écrémé pour du lait de riz, on ne compte en réalité que 10% de riz et surtout de la flotte, donc pas un truc de taré pour un produit censé avoir une forte valeur énergétique. A la rigueur, le lait de noix de cajou se rapproche plus du lait de vache en apports nutritifs.

9. Les aliments végans ne sont pas forcément meilleurs sur le plan nutritif et encore moins sur le plan écologique

Je n’ai rien contre les végans le vous promets. Moi-même qui vénère la côte de bœuf, je me plais parfois à fondre sur un bon petit met végan. Mais soyons honnête, flâner dans un rayon végan, ça peut parfois piquer les yeux. Quand on voit des faux œufs sous forme de d’algues lyophilisées dans un sachet en plastique puis dans un emballage en carton censé ressembler aux emballages traditionnels de vrais œufs, c’est un peu un scandale.

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10. Les avocats symbole de la healthy food, une grosse arnaque

Ils ont beau agrémenter le moindre plat à tendance healthy, les avocats sont encore une fois coupables d’un sale impact sur l’environnement notamment parce qu’ils consomment beaucoup trop de flotte ces cons-là, 1000 litres d’eau pour un kilo.

11. Les super aliments sont pas si super que ça

Tout ça parce qu’ils ont un nom de héros tout droit sorti d’un comic Marvel, on pense que les super aliments vont nous protéger des maladies et même de la mort. C’est comme ça que la spiruline, les graines de courge ou les baies de goji se vendent pour une coquette somme. Mais leur apport calorique est aussi très important et peuvent également contenir des additifs. En dehors de ça, les super aliments ne sont pas mauvais, mais il faut juste garder en tête qu’ils ne sont pas forcément meilleur que les autres (même s’il s’appellent « super »).

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Bref tout ça pour dire que manger bien, c’est bien. On ne va pas vous jeter la pierre. Mais manger bien ne se limite pas à acheter ce qui a l’air bon dans l’idée, il faut aussi acheter en son estomac et conscience, ça veut dire lire les étiquettes des produits, être attentif aux saisons, et se prendre de passion pour les produits frais.

Sources :

Le 1 : « Il y a bio et bio »

Libération : « Manger bio, est-ce vraiment plus sain ? »

Psychologies : « Portrait du gluten »

France 5 : « Bien manger, à quel sain se vouer ? »

Francetvinfo : « Que valent les super aliments ? »

La Ruche Qui Dit Oui