L’humain a l’insulte facile. Il aime notamment insulter les animaux en multipliant les noms d’oiseau (drôle d’expression que celle-là). Mais l’humain a aussi la contradiction facile parce qu’après il va aller cliquer sur des vidéos de chats mignons ou sur des images d’animaux qui seraient mignons s’ils faisaient la taille d’un chat. Grâce à Dean Shneider qui a fait des vidéos avec des hyènes, on s’est rendu compte que ces félins-là avaient une mauvaise réputation usurpée. Et on s’est dit qu’il y en avait un top entier à faire.

1. Les hyènes

Ce qu’on leur reproche : D’être des bêtes dégueulasses qui se nourrissent de cadavres et qui ont l’air ultra agressives, moqueuses et dangereuses.

Ce qu’on leur reproche vraiment : La mort de Mufasa dans Le roi lion. C’était vraiment pas classe.

La réalité : Les hyènes sont des animaux sociaux, parmi les plus intelligents des mammifères, capables d’empathie et de douceur envers les humains et les autres animaux. Par ailleurs, les hyènes tachetées chassent 95% de leur nourriture et ne deviennent des charognards qu’en cas d’extrême nécessité. Rien à voir avec l’image que l’on s’en fait, donc.

2. Les vautours

Ce qu’on leur reproche : Leur capacité sublimée par le cinéma à tournoyer autour de personnes perdues dans le désert et de se rapprocher à mesure que leurs forces les abandonnent parce qu’ils sont nécrophages, les cons.

Ce qu’on leur reproche vraiment : D’être moches.

La réalité : Les vautours ont un rôle très important dans l’écosystème car, en éliminant les carcasses, ils empêchent la prolifération des maladies. Leur population est par ailleurs en net déclin en raison de leur très faible taux de reproduction (un seul oeuf par période de reproduction) et surtout de leur propension à choper le saturnisme sitôt qu’ils consomment une charogne abattue par balle. Bref : on les tue beaucoup plus qu’ils ne nous font de mal. Sans compter qu’ils sont assez majestueux.

Crédits photo (creative commons) : Thermos

3. Le coucou

Ce qu’on lui reproche : De pondre dans le nid des autres pour pas s’occuper de ses gosses.

Ce qu’on leur reproche vraiment : La propension du bébé à tuer les autres oeufs contenant ses demi-frères et soeurs lors de l’éclosion.

La réalité : C’est pas marrant d’être un coucou. Si le bébé coucou jette les autres oeufs, c’est parce qu’il souffre d’une hypersensibilité au niveau de l’abdomen qui l’empêche d’être au contact d’autres objets ou animaux. Mais rapidement, le coucou devient sociable et se fait nourrir par ses parents adoptifs qui le trouvent trop mignons quand il ouvre grand son bec. Rapidement, il devient trop gros pour rester dans le nid et est obligé de se casser, terminant souvent sa course dans le gosier d’un renard. Et lorsqu’il s’en sort, il recommence inlassablement le cycle.

Crédits photo (creative commons) : S. Seyfert (de:Benutzer:Stse)

4. Les loups

Ce qu’on leur reproche : De bouffer les brebis.

Ce qu’on leur reproche vraiment : De faire flipper (et de pas vouloir avoir de câlins comme les chiens).

La réalité : Les loups sont vraiment des animaux fascinants. Ils font indiscutablement partie des animaux les plus sociaux des mammifères. Leur capacité d’organisation en meute est très rarement observée dans le règne animal. Le loup est capable de comportements très complexes de communication au sein d’une meute et vers l’extérieur. Son intelligence très vive a d’ailleurs permis sa domestication : ce n’est pas pour rien qu’on a des chiens aujourd’hui. Si l’on n’avait pas domestiqué le loup, Toby ne ferait pas caca sur la moquette.

Crédits photo (creative commons) : Stéfan

5. Les chauves-souris

Ce qu’on leur reproche : De mordre les humains et de leur transmettre des maladies.

Ce qu’on leur reproche vraiment : D’être des vampires en puissance.

La réalité : Les chauve-souris font leur petite vie et n’interfèrent que très rarement avec celle des humains. Si comme tous les rongeurs elles peuvent incuber des maladies, elles ne sont pas agressives au naturel et dans la très grande majorité des cas ne mordent jamais les humains. Par ailleurs, les chauves-souris ont un rôle primordial dans la biodiversité en régulant notamment les populations de moustiques et de moucherons. Bref, ce sont des potes. Et en plus elles sont mignonnes.

Crédits photo (creative commons) : Domaine public

6. Les rats

Ce qu’on leur reproche : De propager des maladies.

Ce qu’on leur reproche vraiment : D’être dégueulasses.

La réalité : Aujourd’hui, le caractère nuisible des rats n’est plus aussi évident qu’au temps de la peste noire. En plus de servir de réserve alimentaire en cas de pénurie, le rat est aussi très utile pour l’évacuation des déchets humains. A Paris les rats dévorent 800 tonnes de déchets par jour, empêchant aux canalisations et aux égouts d’être bouchés. Le rat de compagnie compte parmi les mammifères les plus intelligents au regard de sa taille. Quant aux rats géants, ils servent à détecter les mines antipersonnel dans les zones de guerre.

Crédits photo (creative commons) : Reg Mckenna

7. Les grands requins blancs

Ce qu’on leur reproche : D’être grand, dans l’eau, et avec des immenses dents.

Ce qu’on leur reproche vraiment : De bouffer des humains.

La réalité : Chaque année, seules 6 attaques de requin sont mortelles (sur 80 au total). De manière générale, le comportement du grand requin blanc n’est ni agressif ni hostile envers l’homme. Les requins préfèrent manger autre chose que des humains. Il faudrait avoir un manque de bol énorme pour se faire bouffer par un requin blanc – en général, le requin se sera planté et prendra l’humain pour un gros poisson. Par ailleurs, les requins blancs sont réputés pour leur intelligence et sont ainsi capables d’apprendre des tours pour obtenir du poisson.

Crédits photo (creative commons) : Elias Levy

8. Les cochons

Ce qu’on leur reproche : D’être dégueulasses.

Ce qu’on leur reproche vraiment : De se rouler dans leur merde.

La réalité : Il y a peu d’animaux aussi intelligents, sociables et gentils que les cochons. Les tests prouvent qu’ils sont plus intelligents que les chiens et que leurs capacités cognitives s’approchent même parfois de celles des chimpanzés. Ils aiment jouer avec les humains, reconnaissent les individus autour d’eux qu’ils soient humains ou porcins et développent des stratégies sociales complexes. Et ils ont un petit groin rose pas dégueulasse.

Crédits photo (creative commons) : Domaine public

Stop à la calomnie.