Les studios hollywoodiens ne sont pas les seuls à dépenser des millions pour abreuver le marché de blockbusters. En musique aussi, plusieurs artistes ont, pour diverses raisons, explosé les budgets, pour des disques entrés depuis dans l'Histoire. Quelquefois grâce à leurs qualités mais aussi parfois pour la simple et bonne raison qu'ils coûtèrent une blinde à produire.

  1. Michael Jackson – Invincible 30 millions de dollars
    Homme de démesure, Michael Jackson ne s'impliqua pourtant pas vraiment dans la fabrication du successeur d'History. Notamment confié au producteur Rodney Jerkins, celle-ci vit le roi de la pop déléguer plus que de raison, entretenant puis amplifiant le climat orageux avec Sony, sa maison de disques. Sony qui injecta quand même 55 millions de dollars (30 pour l'enregistrement et 25 pour la promotion) pour ce qui restera comme le dernier disque de Jackson. Un blockbuster dont les ventes (13 millions) s’avérèrent décevantes, par rapport aux scores de ses prédécesseurs.
  2. Guns N' Roses – Chinese Democracy 13 millions de dollars
    Axl put donner toute l'ampleur à sa mégalomanie galopante pour enregistrer le sixième album des Guns, une fois Slash, Duff et les autres poussés vers la sortie. Dès 1995, Rose bosse sur le disque. Annoncé puis repoussé, il devient une sorte de légende urbaine et un sujet de moquerie. Coûts de production astronomiques, extravagances impensables, location de matériel inexploité, présence permanente du thérapeute d'Axl, ou encore salaires mirobolants versés à des intervenants divers et variés, la production, chaotique, s’étale sur près de 14 ans. Chinese Democracy sort finalement le 23 novembre 2008 et ne fait pas les vagues escomptées. Il paraîtrait qu'Axl s'est remis au boulot. On en reparle dans 14 ans ?
  3. The Beach Boys – Smile
    On parle souvent à tort de la rivalité entre les Beatles et les Rolling Stones. Dans les faits, ce sont surtout les Beach Boys qui étaient en concurrence avec les Beatles. Brian Wilson surtout qui, en 1966, se mit en tête de produire un album monumental, afin (entre autres raisons) de répondre au Sgt. Pepper's Lonely Heart Club Band des Fab Four. Un projet compliqué par les drogues, les dissensions au sein du groupe et par les excentricités très onéreuses de Brian Wilson, qui ne se concretisa finalement qu'en 2011, soit 7 ans après la publication par Wilson de Brian Wilson Presents Smile, une version entièrement réenregistrée sans aucun des autres Beach Boys. Cela dit, il s'agit au final bel et bien d'un chef-d’œuvre.
  4. Queen – A Night At The Opera
    Comme Brian Wilson, Freddie Mercury et ses collègues voulurent égaler la grandiloquence pop du Sgt. Pepper des Beatles. En 1975, lorsqu'il sort dans les bacs, l'album s'impose comme le plus cher jamais produit. Contenant de véritables morceaux de bravoure ultra ambitieux, comme Bohemian Rhapsody, A Night At The Opera rentabilisa néanmoins son budget pharaonique en s'écoulant à quelques 10 millions d'exemplaires à travers le monde.
  5. The Darkness – One Way Ticket To Hell... And Back
    Aux oreilles du grand public, The Darkness est un peu le groupe d'un seul tube (I Believe in a Thing Called Love). Boostée par le succès de Permission To Land, son premier disque, la troupe de Justin Hawkins, une sorte de croisement entre Freddie Mercury et Vince Neil, pète un câble et tente de rivaliser avec Queen sur son propre terrain. Quelques centaines de milliers de dollars plus tard et 37 titres en boite, One Way Ticket To Hell... And Back sort et déçoit. Depuis, le groupe poursuit sa route au rythme des départs de plusieurs membres.
  6. Fleetwood Mac – Tusk
    Avec un budget estimé à 1.4 millions de dollars, Tusk fut en son temps (1979), le disque de rock le plus cher jamais produit. La faute notamment à la pluie de cocaïne qui abreuva les musiciens 2 ans durant, pendant les sessions d'enregistrement, et aux divers caprices de ceux qui n'avaient pas encore regagné le plancher des vaches suite au carton de Rumours, le précédent opus.
  7. Steely Dan – Gaucho
    Il suffit de jeter un œil à la page Wikipedia de l'album et de regarder la liste des musiciens présents sur le disque pour comprendre, qu'avec 42 intervenants, Gaucho ne put que coûter un bras. Sujet de discorde entre Steely Dan, MCA et Warner, album qui précipita la dissolution du groupe, ce disque fut lui aussi copieusement arrosé de drogue et comprend tout de même un titre qui fut mixé 55 fois.
  8. Def Leppard – Hysteria
    Parti enregistrer à Dublin afin d'échapper aux taxes anglaises, Def Leppard finit tout de même par payer le prix fort à l'occasion de l'enregistrement de son quatrième album. Il faut dire que le groupe accumula les problèmes. Le plus grave ? L'accident qui coûta un bras (littéralement) au batteur Rick Allen. Allen qui, avec le soutien du groupe, dut ré-apprendre à jouer avec une batterie de sa propre conception, avant de retrouver la route des studios. Heureusement, l'histoire s'est bien terminée : Hysteria s'écoula à plus de 20 millions d'exemplaires et remboursa très largement son budget de 4.5 millions.
  9. Tears For Fears – Seeds of Love
    C'est forts du succès planétaire de Songs From The Big Chair, que Curt Smith et Roland Orzabel se sont lancés dans la production du Seeds of Love. Chaotique, cette dernière vit naître les premières véritables tensions entre les deux hommes, qui retardèrent grandement le processus créatif. C'est par ailleurs le dernier album sur lequel a officié Ian Stanley et celui sur lequel on retrouve Manu Katché et Phil Collins derrière les fûts.
  10. My Bloody Valentine – Loveless
    Creation Records alloua à My Bloody Valentine 500 000 dollars pour emballer son deuxième album studio. Au final, cette somme fut largement dépassée. Le groupe visita 20 studios différents, passa plusieurs ingénieurs du son et vit sa conception considérablement ralentie par le perfectionniste Kevin Shields.

Vous en connaissez d'autres des albums qui ont coûté une blinde ?

Crédit photo : Ed Vill

Tu cherches des idées cadeaux pour Noël ? On a tout ce qu'il te faut :