L’épisode de la Coupe du Monde a permis de rappeler l’importance du « traître » dans nos grands feuilletons de football. Mais un traître qui se contente de balancer des infos croustillantes à la presse est une « taupe ». Rien de plus. Un vrai traître passe à l’ennemi, déclare son amour à son nouvel écusson au mépris des supporters qui l’avaient jusque là porté et soutenu. Décidément William Gallas se sera fait beaucoup de potes en 2010. Sélection des Judas du ballon rond en 10 dénonciations.

  1. Bernd Schuster (Barça, Real et Atletico entre 1988 et 1990) : Le « Top Traître » est un jeu qui se joue à 10 et à la fin, c’est un Allemand qui gagne. Et avec la manière : du FC Barcelone au Real Madrid avant de filer a l’Atletico Madrid, c’est comme jouer à Nantes, à Rennes et à Lorient dans une même carrière. En fait Schuster, c’est le Olivier Monterrubio allemand.
  2. William Gallas (de Chelsea à Arsenal en 2006) : Will rate la première place parce qu’il est resté trois saisons à Arsenal. Mais sachant que les Blues ne peuvent pas encadrer les Gunners depuis les années 1930, signer à Arsenal après avoir dit sa volonté de mettre des buts contre son camp avec Chelsea tant qu’il ne serait pas libéré de son contrat, c’est déjà fort. Partir à Tottenham, le pire rival d’Arsenal, dans la foulée, c’est du grand art.
  3. Luis Figo (du Barça au Real en 2000) : Le direct Barcelone-Madrid, certains l’ont fait avant lui (Michael Laudrup) et après (Javier Saviola). Mais le faire à un tarif d’environ 60 millions d’euros et recevoir le Ballon d’Or quelques mois plus tard, ça fait la différence. C’est en tout cas suffisant pour recevoir toutes sortes de projectiles y compris une tête de porc, en 2002, lors d’un Classico.
  4. Sol Campbell (de Tottenham à Arsenal en 2001) : 9 saisons passées à White Hart Lane, un contrat proposé pour devenir le joueur le plus payé de l’Histoire du club, une interview dans laquelle il affirme qu’il n’ira jamais à Arsenal... Campbell est demandé partout mais choisit l’ennemi juré dans le cadre d’un transfert gratuit et devient à jamais « Judas » pour les supporters anglais.
  5. Fabice Fiorèse (du PSG à l’OM en 2004) : Dalmat, Luccin, M’Bami, Cana, Leroy, Dehu, Maurice, André Luiz... le TGV entre la Gare Saint-Charles et la Gare de Lyon tourne à plein régime. Mais Fio deviendra l’incarnation du Mal Absolu pour une signature dans les dernières heures du mercato estival et pour des déclarations à l’emporte-pièce sur son amour du maillot.
  6. Gabriel Batistuta (de River Plate à Boca Juniors en 1990) : Le jeune et chevelu Batistuta n’est pas encore Batigol mais commence une longue série d’embrouilles avec son coach à River, le légendaire Daniel Passarella. Il passe donc à l’ennemi, Boca Juniors, et enfile suffisamment de buts pour que la Bombonera passe l’éponge sur cet écart de jeunesse.
  7. Nick Barmby (d’Everton à Liverpool en 2000) : Passer de Marseille à Paris ou de Barcelone au Real, c’est pas forcément apprécié, mais ça se fait... Mais certains transferts semblent prohibés par une convention internationale, et on ne change pas souvent de maillot dans des villes comme Rome ou Liverpool. Et quand Barmby débarque chez les Reds après 4 grosses saisons à Everton, il est le premier à traverser Stanley Park depuis 1959. Comme tout se paie un jour, Barmby finira à Hull City.
  8. Andrea Pirlo (de l’Inter au Milan AC, 2001) : La preuve qu’on peut passer à l’ennemi sans faire de vagues. Le milieu offensif de 19 ans est négligé par l’Inter de Milan qui ne voit pas vraiment l’utilité de ce tireur de coup-franc hors-pair et qui l’envoie engranger du temps de jeu à Brescia et à la Reggina. Ancellotti le récupère dans le cadre d’un deal délirant (Pirlo, Domoraud, Brocchi contre Helveg, Brn_i_, Guglielminpietro et une valise de blé) et décide de le faire reculer d’un cran pour en faire un milieu défensif qu’on surnommera L'architetto.
  9. Carlos Tevez (de ManU à ManCity, 2009) : On n’arrive pas à en vouloir à Tevez d’être passé à l’ennemi. D’abord parce qu’il n’est pas anglais, mais surtout parce l’amour du maillot et la fidélité au club de son coeur, c’est pas le genre de truc qu’on demande à un Argentin qui a joué au Brésil, à un type balafré qui n’était pas directement en contrat avec son club mais avec la société d’un homme d’affaire iranien. Des gros sourcils, une balafre, des montages financiers, Tevez est un traître trop parfait, le traître qui ne surprend personne.
  10. Johann Cruyff et Angelos Charisteas (de l’Ajax à Feyenoord en 1983 et 2006) : On peut être un joueur de légende ou un mec d’Arles Avignon, on peut être vice-Champion du Monde ou Champion d’Europe, on peut avoir remporté 3 Ballon d’Or ou aucun, quand on quitte l’Ajax pour Feyenoord, on est un traître. Point.

Et vous ? Quel joueur a brisé votre petit coeur de supporter en déclarant son amour pour le maillot du rival ?

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