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Le développement durable est défini dans le rapport Brundtland comme "le développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs". Ce concept articule trois niveaux : économique, environnemental et social. L’écoquartier s’inscrit directement dans cette lignée, via l’aménagement urbain durable. Oui, mais qu’est-ce qu’un écoquartier et pourquoi est-ce qu’on irait déféquer dans des toilettes sèches avec d’autres bouffeurs de graines ? Si vous en êtes là, on va tenter de reprendre depuis le début, car non, le durable n’est pas qu’une affaire d’hurluberlus fan de tofu.

  1. Parce que le vert, c’est tendance : depuis une dizaine d’année les néologismes environnementaux ont le vent en poupe : ainsi, tout ce qui porte le préfixe « éco », le préfixe « bio » ou l’adjectif durable est rassemblé dans un vaste pot-pourri estampillé c’est bon pour la planète. Et les consommateurs se ruent sur les produits verts, à la suite des célébrités, parce que c’est bien, c’est beau, c’est bon, c’est bio. D’ailleurs les kiwis équitables d’Argentine ne sont pas venus en avion, mais en déployant leurs petites ailes.
  2. Parce qu’on y utilise des énergies renouvelables : le but dans un écoquartier étant d’atteindre un bilan énergétique neutre (produire au moins autant d’énergie que l’on en consomme). Parmi les énergies renouvelables, on peut citer l’éolienne, l’hydroélectricité, l’énergie solaire, le bois, la géothermie, la biomasse (ensemble des ressources organiques pouvant produire de l’énergie)… Par exemple, le biogaz issu de la méthanisation permet de produire de l’électricité. C’est un peu plus compliqué qu’une centrale à pets de vache, mais vous avez saisi l’idée.
  3. Parce que la gestion de l’eau y est intelligente : l’eau douce (et potable) est une ressource rare et gaspillée. La pluie y est collectée pour arroser les espaces verts et alimenter les toilettes du quartier. Imaginez, s’il était possible pour un pays de vendre ses surplus, il n’y aurait clairement plus de crise en Irlande.
  4. Parce qu’on s’y déplace proprement et économiquement : les transports doux (marche, vélo, roller, trottinette…) ainsi que les transports en commun y sont vivement encouragés grâce à la création de services de proximité. Vous avez fait le plein dernièrement ? Oui, l’idée c’est d’arrêter de s’amputer le bras en allant à la station essence.
  5. Parce qu’on gère le quartier en commun : c’est la grande utopie de l’écoquartier : il est gouverné collectivement par les citoyens, parce que ça fait démocratie participative, un autre terme très à la mode.
  6. Parce que c’est un lieu de mixité sociale : c’est du moins l’idéologie qui sous-tend la construction des éco-quartiers : en finir avec la ségrégation spatiale en permettant à différentes classes sociales d’accéder à la propriété dans un même lieu de vie. Dans la réalité, c’est une palette variée d’habitants allant de l’aisé au très riche, en passant par le riche.
  7. Parce que ça créé des emplois : l’installation de services de proximités créé inévitablement des emplois, un luxe appréciable lorsque la recherche en France fonctionne surtout au Pôle Emploi.
  8. Parce qu’on y pratique le tri ultra sélectif : oui, on sait, c’est pénible à faire. Mais dans un écoquartier, on commence par réduire ses déchets, histoire d’en avoir moins à trier. Ça diminue le nombre de questions du genre : « Et la bombe de crème fouettée, ça va dans quelle poubelle déjà ? ».
  9. Parce qu’on y favorise la biodiversité : l’extinction des espèces animales ou végétales est un problème grave. En écoquartier, des mesures sont prises pour encourager la diversité de la faune et la flore. Ceci dit, pour les plans de cannabis c’est pas sûr encore.
  10. Parce que les constructions sont certifiées Haute Qualité Environnementale : quésaco ? Eh bien la démarche HQE, elle vous garantit un habitat plus respectueux de l’environnement que les constructions classiques, mais aussi un bâtiment confortable et sain. C’est un peu comme le label AB pour le graillou, on sait pas trop ce que c’est, mais c’est bien.

Et vous, vous en voyez d'autres ?

Sources : Verdura, Wikipedia, Environnement Gouv.