Quand on voit un film petit, on se focalise essentiellement sur les bonnes blagues, l’ambiance et les sentiments que le film nous crée (de la peur ou de l’empathie). Et c’est comme ça que l’on garde de films complexes une impression ultra simple ; entre différents niveaux de lecture ou métaphores pour khâgneux, les films pour enfants surprennent parfois quand on les revoit des années plus tard.

1. Quand Elliot est bourré dans E.T.

Elliot et E.T. ont une connexion toute spéciale et tout ce que ressent E.T., Elliot, à son tour, le ressent. Alors qu’il se trouve en classe et qu’E.T. boulotte dans le frigo, il est soudain pris de petites convulsions et se sent tout bizarre. Pauvre Elliot ! Ce que je n’avais pas compris parce que j’avais 5 ans, c’est qu’en fait il est complètement torché, Elliot.

2. Les métaphores sexuelles de Shrek

Lorsque Shrek arrive devant le château de Farquaad, il se fend d’une petite remarque : « Voilà le château de Farquaad. Tu penses qu’il essaie de compenser un truc ? », allusion directe à la taille supposée de son sexe. De la même manière, quand Farquaad consulte le miroir magique, celui-ci le met en garde à propos de Blanche Neige : « C’est pas parce qu’elle vit avec 7 hommes que c’est une fille facile. »

Je doute qu’on ait compris tout ça à l’époque.

3. Alice au pays des merveilles, un trip sous acide

Une meuf prend un peu de potion magique et HOP elle commence à voir des choses super bizarres, à se sentir très grande ou très petite, à discuter avec des vers qui fument de l’opium ou à voir des lapins en retard et à fête des non-anniversaires.

Ca s’appelle un trip sous acide, en fait.

4. Dans Mary Poppins, toute la société anglaise y passe

Entre la banque, ridiculisée par le conseil du père et surtout la fausse sophistication de la bonne société qui est totalement moquée par la chanson : Supercalifragilisticexpialidocious. Ce mot, qui ne veut rien dire, les paroles expliquent qu’il faut l’utiliser pour avoir l’air intelligent quand on n’a rien à dire, le tout devant des journalistes mondains à l’issue d’une course hippique. Pique hourra.

5. Le tremblement de terre d'Aladdin

Lors du mariage d’Aladdin et Jasmine, un tremblement de terre se déclenche. Et le génie de dire, goguenard « et moi qui croyais qu’il ne devait pas y avoir de tremblement de terre avant la lune de miel ? » bref, vous me comprenez, vous m’avez suivi, vous savez.

6. Dans Les Gremlins, ne sont pas héros ceux qu'on croit

Dans Les Gremlins, Joe Dante est très clairement du côté des Gremlins : la mise à sac de la ville est absolument jouissive et les scènes où les Gremlins mènent une mauvaise vie au tripot bien plus amusantes que la vie bien rangée des habitants. Sans compter que la police en prend pour son grade : tous les flics fuient le danger et essaient de se sauver eux-mêmes avant les autres. D’ailleurs, le film se termine par une citation étrange : « L’humanité n’est pas prête pour les mogwaïs, et elle les traite comme elle a traité les autres bienfaits de la nature. » Cela avait fait scandale à l’époque.

7. Ace Ventura, un film transphobe

Dans le film, la méchante est une femme et en réalité c’est un ancien joueur de football américain et donc un homme transformé en femme. Le trans-shaming est à son comble quand Ace Ventura se moque de son anatomie.

8. Dans Die Hard, Harry Ellis prend de la coke et drague Holly McLane

Le collègue tocard d’Holly est une vraie petite merde que Tiernan utilise pour critiquer les yuppies : il prend de la cocaïne dans les toilettes, essaie lourdement de draguer la femme de John McLane et collabore avec les méchants pour s’en tirer – en réalité, il se fait tuer par Grubber.

9. Toute l'intrigue de Roger Rabbit est en réalité inspirée de faits réels

DeMort cherche à raser Toonville pour y installer une autoroute et obliger les gens à l’emprunter en mettant à bas le réseaux de tramways. Bon, déjà, ça vous ne l’aviez pas compris à l’époque. Mais cette intrigue alambiquée digne des films noirs auxquels le film rend hommage est en réalité un clin d’oeil au scandale de la fermeture des tramways survenue dans les années 30 et 40 à l’initiative des entreprises de voitures, scandale révélé aux Etats-Unis dans les années 70.

10. Les valeurs de la famille Addams et la frigidité de Debbie

La veuve noire Debbie qui veut mettre la main sur l’héritage de Fétide est présentée comme une vamp’. Mais une scène nous montre qu’elle n’est en réalité pas du tout guidée par le sexe : elle passe son temps libre à boire avec des homosexuels sur la musique des Village People, et non pas à draguer, comme on le comprenait enfant.

Epiphanie.