Devant les trahisons photographiques entre copains, régulièrement publiées sur les murs Facebook de faux frères sans foi ni loi, la Fédération Française des Bourrés a décidé d’édicter le présent Code d’Honneur des Bourrés, afin de réguler la bonne pratique de son art, la cuite, pour le bien de chacun de ses participants.

1. On ne laisse pas toujours le même copain rincer

On respecte cette bonne vieille règle tacite du « A toi, à lui, à-moi-et-ainsi-de-suite », probablement mise en place par Dionysos en personne. Une bonne cuite se doit d’être équitable. D’ailleurs, « Cuite mal acquise ne profite jamais ».

2. On ne s'échappe pas devant un verre servi par un copain

Un peu de respect : on ne quitte pas une partie alors que les cartes viennent d’être distribuées. De même, une fois qu’un verre a été servi il est trop tard pour discuter de son sort : il doit être descendu. Question de fierté (débile), oui. A moins bien sûr que le fait de descendre ledit verre puisse causer des dommages collatéraux, sur la moquette ou dans votre boite crânienne. Question de jugeotte (basique), oui.

Source photo : Giphy

3. On ne pratique pas le "marquage culotte" sur un copain

La fameuse technique dite de « l’acharnement », d’une lâcheté sans nom, qui consiste à pousser à la consommation un copain dans le but avoué d’en faire « sa chose ». Déjà, ça n’est pas très moral. Ensuite, on se lasse très vite de prendre en photo nos parties génitales à côté de la tête de la victime.

4. On ne sert pas de "pétrole" à un copain

On est tous d’accord pour s’en payer une bonne tranche, pour picoler un bon coup, mais à un moment, ça serait bien que ça ait du goût quand même. Donc même pendant une partie de dés, vous n’êtes pas tenu d’ingurgiter ce Rhum – Leffe – Vin blanc qu’on vient de vous servir avec stupidité.

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5. On n'a pas le droit de refuser certaines cuites à un copain

Un anniversaire ? Cuite ! Une rupture ? Cuite ! Une embauche ou une promotion ? Cuite ! A un moment faut respecter les copains, sinon on ne vaut pas mieux que des animaux. Gare quand même à ne pas faire de zèle, et à ne pas voir des occasions partout : « Ah ? Je pensais que tu serais chaud pour t’envoyer quelques godets… Gros tu peux pas me faire ça, on est mardi soir merde ! »

6. On ne laisse pas un copain boire tout seul

Ce qui signifie qu’un copain peut PONCTUELLEMENT faire appel à un autre copain, en dehors des situations de cuites irrefusables évoquées ci-dessus. Après, chacun voit le « ponctuellement » à sa porte. (On part sur 4 fois par semaine maximum ? Ça parait raisonnable ?)

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7. On ne se bat pas avec un copain (quand on est ivre)

Même s’il est plus faible que nous. Et beaucoup plus con. Si c’est un copain, il s’en mordra les doigts de lui même le lendemain. Si ça n’est pas le cas, lors de votre prochaine cuite commune, ne vous sentez plus obligé de respecter aucune des règles du présent code. Faut pas déconner.

8. On n'abuse jamais d'un copain tombé au champ d'honneur. JAMAIS !

Et par « champ d’honneur » on parle bien d’une flaque de son propre vomi, par exemple. A un moment il faut avoir un certain respect pour certaines choses. Alors pas de photos, et pas de verges dessinées au marqueur indélébile sur le front. Merci.

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9. On ne fait pas le coup de la sardine qui a bouché le port de Marseille lorsqu'on racontera nos exploits

« On a bu quatorze pintes, et après ça une bouteille de rhum à 2 à peu près ». Tout est dans le « à peu près ». Calme toi petit ; tu causes mieux qu’un cheval, mais tu cours moins vite.

10. On ne divulgue jamais ce qui s'est passé en soirée

Tu le vois ce fumier qui va s’empresser de raconter au premier venu les dossiers bien croustillants de ta dernière sauterie ? Oui, c’est bien à cause de lui que ton frère balance au cours du repas de Noël que tu as fait l’hélicoptère sur le comptoir avant de t’ouvrir l’arcade sourcilière sur un tabouret. Et toujours à cause de lui que ta grand-mère, décontenancée, te demande avec curiosité : « C’est quoi « faire l’hélicoptère » ? »

Allez les potes, on lâche un petit « Je jure sur l’honneur de respecter, en toute situation, toutes les règles du noble Code des Bourrés ci-dessus. Si je mens, je bois de l’eau jusqu’à la fin de mes jours ! » dans les commentaires et on fait tourner aux copains pour qu’ils fassent de même.