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Les films indépendants, ce sont « ces films de hippies en noir et blanc qui parlent de cowboys pédés qui mangent du pudding » disait Eric Cartman dans un très bon épisode de South Park. Sans en arriver à ces extrémités, il faut bien convenir que les défenseurs les plus vigoureux du cinéma « alternatif », celui qui n’en a rien à foutre de rien, qui ne rentre pas dans le système et qui dénonce, sont parfois relous. Du coup, vous pourriez en retour vous mettre à cordialement détester ce cinéma qui prétend vous donner des leçons et vous interdire d’aller voir le prochain Transformers en VF avec un paquet géant de popcorn. Et on ne vous jettera pas la pierre.
- On ne sait pas ce que c’est ce truc au fond
Selon l’Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion (déjà, le nom…), les films indépendants sont ceux qui sont distribués par un distributeur indépendant (ok…) dans moins de 40 salles. Donc les films dont personne ne veut. Y’a bien une raison, non ? - C’est surtout un truc américain
Et les trois quarts de la production française, vu des États-Unis, c’est du cinéma indépendant selon leurs critères (gros mots, femmes à poil, dialogues entre deux mauvais acteurs derrière une vitre par temps de pluie…). Donc quand on parle de cinéma indépendant, c’est grosso-modo les films américains sans super-héros et sans Jennifer Aniston. Ok… - Le « film indépendant » devient beaucoup moins « indépendant » dès qu’il a du succès
Qui dirait aujourd’hui que Rambo est un film indépendant ? Personne à part la page Wikipedia « Cinéma Indépendant ». Il y a quelques années, Radiohead était classé dans les bacs « Rock Indé ». Est-ce qu’on perd son indépendance quand son talent est reconnu ? - Un film indépendant est d’abord un film avec une bande-son validée par les Inrocks
« Hard Candy » mise sur le morceau « Elephant Woman » de Blonde Redhead en guise de générique de fin et devient de fait un film indépendant. « Virgin Suicide » mise sur Air, « Garden State » sur The Shins, et « Clerks » glisse un petit Soul Asylum et un Alice in Chains, bingo, bienvenue dans le monde merveilleux de l’indépendance. - Le principal rendez-vous du film indépendant (Sundance) est à Park City, dans une station de ski (indépendante aussi) et accessoirement capitale des Mormons, bien connus pour être très progressistes en matière d’avortement, d’homosexualité…
Certainement dégoutés de ne pas avoir un festival aussi prétentieux que Cannes, les Américains comptent donc sur Robert Redford, un des symboles du cinéma hollywoodien et sur l’attractivité des pistes de ski de Salt Lake City pour rameuter chaque année les amateurs d’indépendance et de pistes rouges. Un beau mélange. - La FNAC a un espace « cinéma indépendant ». « Pulp Fiction », « Casino », « Heat », « Sur la Route de Madison », tout ça, c’est indépendant. Oui, on vous prend pour des cons.
Et colle dedans à peu près tous les films américains dans lesquels il y a un gros mot ou un couple homosexuel. - Un film indépendant, c’est le contraire d’un blockbuster. Oui tout ça.
C’est à dire qu’une fois le film terminé, c’est le volume de la promotion qui définit le caractère « indépendant » d’une production. En gros, si tu n’as pas été réalisé par James Cameron dans les années 2000, ni par Spielberg dans les années 1980, tu es un film indépendant. Bravo à toi. - Le cinéma indépendant a perdu son symbole : Miramax
Miramax, considérée à une certaine époque comme une bande de punks à chiens, a été rachetée par Disney dès 1993 et depuis, les fondateurs, les frères Weinstein, se sont recyclés en faiseurs d’Oscars. Les autres sociétés de productions sont elles-aussi, pour beaucoup, des filiales de grands groupes désireux d’être présents sur ce segment de marché. « Indépendant my ass », donc. - Les distributeurs du cinéma indépendant mettent tout dans le même sac
Films à petit budget, films issus de pays pas possibles, films d’avant guerre, tout ça, c’est pareil, et ça se vend comme des petits pains à tous ces cinéphiles auto-proclamés qui trouvent qu’une bouse commerciale devient soudainement intéressante 30 ans après sa sortie ou dès lors qu’elle est tournée en Inde ou à Hong Kong. - Le cinéma indépendant, c’est en fait le cinéma tout court
Et penser que le cinéma indépendant est marginal, c’est considérer que la norme, ce sont les blockbusters. Et quelque part, penser qu’un film « normal » est une production hollywoodienne en 3D calibrée pour plaire au plus grand nombre, c’est insulter le 7ème art. Dire « j’aime le cinéma indépendant », c’est déjà avoir baissé les bras.
Et vous, branchés « films indés » (on dit « indés », c’est mieux oui) ?
Commentaires au top
T'as quelque chose à dire, une réaction ? C'est ici. Oui, c'est bien fait hein ?
Preum´s
@Malén : un commentaire indépendant ?
Hum……
Je n’aime pas la critique par principe d’un top, qui se veut souvent un peu subjectif à vocation humoristique. Tentons donc de rester constructifs.
Il se trouve que j’ai étudié les labels indépendants en musique en détail au milieu des années 2000, et que la problématique est sensiblement la même.
Je ne connais pas les chiffres du cinéma, mais on disait à mon époque pour le disque que 4 entreprises et leurs filiales, les majors se partageaient 85% du marché français, et que les 700 autres étaient donc des indépendants. Dans le cinéma, plutôt que la définition stupide de l’association machin truc, il suffit donc de dire qu’un film indépendant est un film qui n’est pas produit par une major du cinéma, ce qui clarifie très nettement la situation, et élimine donc de facto certains de vos arguments, notamment les points 1, 2, 3, 8 et presque 9 et probablement le 6 si on creuse un peu, car la FNAC n’a pas pour habitude de faire n’importe quoi.
En revanche, je dois dire que pour les autres arguments, je vous suis tout à fait et trouve que l’esprit du top est plutôt drôle.
Et encore un détail : Non, je ne suis pas fan de blockbuster, mais oui, je trouve insupportables les gens qui considèrent par principe qu’un blockbuster est forcément inregardable. D’autant que ces dernières années, il y a un vent de frais qui souffle sur les blockbusters, dont on confie souvent la réalisation à des réalisateurs soit issus du cinéma indépendant, soit dans « l’esprit », le meilleur exemple étant bien entendu la trilogie Batman par Nolan.
@nonamito : ce qui a motivé l’écriture de ce top, c’est plus l’idée de « cinéma indépendant » dans l’imaginaire d’un certain public qui en fait presque un genre autonome. « aimer le cinéma indépendant » c’est aussi con qu’ « aimer les films d’1h45″, il y a des bons films, des merdes, comme chez les majors. Pour la musique, c’est pareil : l’idée de « label indépendant » a du sens, mais les bacs « rock indé » chez les disquaires, c’est un peu du foutage de gueule. On y trouve les (très bons) artistes signés chez Parlophone, filiale d’EMI ou ceux de Island/ Def Jam, filiales d’Universal. Le Top aurait peut-être du s’intituler « Top 10 des bonnes raisons de bruler vif les amateurs de « cinéma indépendant », mais c’est un peu brutal du matin.
Nous sommes 100% d’accord sur les idées. Du coup, vous auriez effectivement pu (dû ?) parler, dans le titre, des amateurs de cinéma indépendant plutôt que du cinéma indépendant en lui-même. Après, on peut les détester sans les brûler vifs, non ? Quoique……..
Quand on aime les courts métrages polonais qui passent la nuit sur Arte, on mérite de cramer comme les amateur de films Indé ?
amateurs* (oui, je corrige, et j’vous emmerde.)
Et puis le terme blockbuster, cher aux amateurs de « cinéma indépendant », c’est aussi vague que le terme de cinéma indépendant
j’aime pas trop les termes anglais, comme « blockbuster ». c’est un peu has-been
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