Rappel pour les néophytes : « Bollywood », un amalgame de Bombay et de Hollywood, désigne les films en hindi tournés à Mumbai (alias Bombay) en Inde. La mondialisation culturelle a largement contribué à la diffusion du cinéma indien hors des frontières du pays. C’est avant tout un genre cinématographique bien particulier mêlant danse, chants, comédie et drame, sur fond d’histoire d’amour compliquée voire impossible. Pour ceux qui souhaiteraient s’initier à la culture indienne à travers autre chose que le poulet Tikka, 10 films par lesquels il serait intéressant de commencer. Il y avait une vie avant Slumdog.

  1. Bobby (1973) : Variations indiennes sur le thème de Roméo et Juliette, le film raconte l’histoire de deux mineurs, Raja et Bobby, qui tombent amoureux malgré le gouffre social qui les sépare. Ici l’émancipation ne se fait pas par le balcon mais on constate l’intrusion progressive des habitudes occidentales chez les jeunes. Recette simple et efficace, avec une petite touche de curry pour la sauce Bollywood.
  2. Sangam (1964) : Gopal et Sundar, amis d’enfance, sont tous deux amoureux de Radha. Celle-ci est éprise de Gopal, et refuse la demande en mariage de Sundar, qui, le cœur brisé, s’engage dans l’armée. Les tourtereaux s’avouent leurs sentiments respectifs et coulent des jours heureux jusqu’au retour en fanfare du héros de guerre. Quatre heures pour arriver au drame que l’on sait, c’est long. Chef d’œuvre technique pour l’époque (photographie soignée, parade aérienne de l’Indian Air Force…), Sangam figure parmi les grands classiques.
  3. Gadar: Ek Prem Katha (2001) : En 1947, Indiens et Pakistanais se déchirent et la partition de l’Inde se fait dans un bain de sang. La famille de Sakeena, musulmane, tente de rejoindre le Pakistan. À la gare, la jeune fille est séparée de ses parents par la foule qui s’agite. Tara, un sikh, la prend alors sous sa protection. Sakeena tombe petit à petit amoureuse de son sauveur, l’épouse et fonde une famille avec lui. Jusqu’à ce que son père retrouve sa trace et tente de la marier de force à un Pakistanais. Nationalisme, état de guerre, histoire d’amour contrariée… Bollywood.
  4. Dilwale Dulhania Le Jayenge (1995) : Un père de famille indien vit à Londres avec sa famille. 20 ans auparavant, il a promis à son meilleur ami qu’il marierait leurs enfants. Ce n’est pas du tout du goût de la jeune Simran qui obtient la permission de voyager pendant un mois à travers l’Europe avant de partir pour l’Inde. Au cours de son périple, elle fait la connaissance de Raj qui va mettre un peu de bazar dans les plans de Papa. Abordant le grave sujet des mariages forcés avec humour, le film est resté 62 semaines en tête du box-office. Oui, 62, ça fait un peu plus d’un an et deux mois.
  5. Hum Aapke Hain Koun..! (1994) : HAHK (pour les intimes) se place au 4e rang des Bollywood, et il est le premier film indien à avoir infiltré les circuits de diffusion anglo-saxons. Dans le mariage arrangé de Rajesh et Pooja, leurs frères et sœurs respectifs Prem et Neeja trouvent leur compte puisqu’ils tombent amoureux l’un de l’autre. Tout le monde chante, et là-dessus, un petit drame arrive pour justifier 3h26 de film, jusqu’au dénouement dont on sait déjà qu’il verra triompher l’amour.
  6. Mother India (1957) : Radha, veuve et mère de deux enfants, se bat pour assurer la survie de sa famille et cultiver la terre, alors qu’un usurier affame le village. Cette peinture sociale de l’Inde rurale a ramené la moitié de la population indienne de l’époque dans les salles obscures, ce qui en fait en proportion le plus grand succès Bollywoodien de tous les temps. Oui, parce qu’avec la population actuelle on n’oserait pas trop imaginer combien de sièges il faudrait pour asseoir tout ce petit monde.
  7. Mughal-e-Azam (1960) : Adaptation d’une légende indienne populaire, le film raconte l’histoire d’amour entre le prince Salim, promis à un rôle d’Empereur, et la courtisane Anarkali. Un demi-siècle plus tard, les chansons du film sont toujours aussi populaires. Cela dit, c’est le moins qu’on pouvait espérer, sachant que cette superproduction au budget Taj-Mahalique (non ?) a pris deux années de préparation et huit de tournage.
  8. Sholay (1975) : Lors d’une course-poursuite, deux bandits, Veeru et Jai, sauvent la vie de l’inspecteur de police Thakur Baldev Singh, tombé entre deux wagons. Ils sont mis en prison et l’inspecteur part à la retraite. Il découvre alors que Gabbar Singh, l’un des brigands qu’il avait attrapé, a fait assassiner toute sa famille. Il fait donc libérer les deux malfrats qui lui ont sauvé la vie et les embauchent comme chasseurs de prime. Ce blockbuster inspiré du western spaghetti comporte des spécificités bien bollywoodiennes, notamment des noms imprononçables et une mythique scène d’amitié chantée sur un side-car.

  9. Veer-Zaara (2004) : Plus grand succès de l’année 2005 en Inde, le film a également été salué au festival du film à Berlin et à celui de Marrakech. Une jeune avocate pakistanaise décide de découvrir ce qui est vraiment arrivé à Veer, Indien emprisonné au Pakistan 22 ans auparavant sous de faux prétextes. Petit à petit il parvient à se livrer et Saamiya écoute patiemment son histoire : celle d’un homme tombé amoureux de Zaara, imprudente Pakistanaise à qui il a tendu la main pour se prendre une bonne gifle. C'est dur d'être un homme, on vous le répète.
  10. Kuch Kuch Hota Hai (1998) : Ce titre barbare désigne pourtant l’un des films préférés des indiens. Encore un triangle amoureux, mais impliquant cette fois-ci une petite fille. Enfin pas dans le triangle. Anjali aime Rahul qui aime Tina. Ces deux derniers se marient, et ont une fille qu’ils prénomment également Anjali (attention, ça va devenir compliqué). Tina meurt peu de temps après et huit ans plus tard, la petite Anjali trouve une lettre de sa mère dans laquelle elle lui demande de retrouver la grande Anjali, disparue dans la nature. Cette comédie sentimentale a raflé huit « Oscars » indiens. Et relancé la mode des T-shirts de toutes les couleurs.

Et vous, d'autres classiques de Bollywood que vous conseilleriez pour se déniaiser ?

Sources: fantastikasia.net, indianbuzzing