Ces dernières années, on entend de plus en plus parler de l’asexualité. Si vous êtes en train de vous demander ce que c’est, voilà la définition un peu simple et pas forcément complète : l’asexualité, c’est le fait de ne pas ressentir d’attirance pour le sexe. L’asexualité, ça date pas d’hier, elle existe probablement depuis les premiers hommes (estimation perso à la louche), mais c’est nouveau pour le grand public, pour tous ceux qui n’en avaient jamais entendu parler avant. Et comme chaque truc « nouveau » en société, ça s’accompagne d’un bon nombre d’idées reçues.

1. "C'est un choix"

Il faut distinguer l’asexualité de l’abstinence sexuelle. Un abstinent a de l’attirance pour le sexe mais il choisit (pour tout un tas de raisons) de s’abstenir. Un asexuel n’a pas d’attirance sexuelle, (ou très peu, on verra ça plus tard), et ce n’est pas un choix de sa part.

2. "L'asexualité est une maladie"

Même s’il y a des théories et des recherches sur la possibilité d’un dérèglement hormonal chez les asexuels, ça n’en fait pas pour autant une maladie. L’asexualité est une orientation sexuelle, au même titre que l’hétérosexualité, l’homosexualité ou encore la pansexualité. Certains préféreront parler d’absence d’orientation sexuelle, mais on est toujours loin de la maladie. Les asexuels n’ont pas plus de problèmes psychologiques ou physiques que le reste de la population.

3. "Ils ne font JAMAIS de sexe"

En fait, là, c’est selon les personnes. Si certains, en effet, ne pratiquent jamais, d’autres ont quand même des relations sexuelles avec leur partenaire. Pas par « devoir conjugal » ou par résignation, mais parce qu’elles peuvent quand même leur apporter du plaisir comme à n’importe qui. Les personnes asexuelles ne ressentent pas d’attirance sexuelle, mais elles peuvent avoir tout un tas de bonnes raisons d’avoir des relations quand même. Et bien entendu, ces raisons ne regardent personne d’autre qu’elles.

4. "Ils n'ont eu que des mauvais partenaires"

On la voit souvent, cette idée reçue. Pas mal de monde croit que, si les asexuels n’ont pas d’intérêt pour le sexe, c’est parce qu’ils n’ont eu que des mauvais coups dans leur vie et que ça les a soit dégoûtés, soit totalement désintéressés. Mais non, ça n’a pas été « provoqué » par d’autres personnes. Ils sont asexuels, et c’est tout.

5. "S'ils tombent sur un bon partenaire, ils peuvent changer"

C’est le cliché qui découle du point précédent. Certains estiment que les asexuels devraient tomber sur un « bon coup » pour comprendre tout le bien que le sexe peut leur apporter et ainsi développer une attirance. Sauf que c’est faux. C’est aussi absurde que de dire à un mec homo qu’il devrait coucher avec une meuf qui lui donne du plaisir pour devenir hétéro. Comme on l’a vu plus haut, certains asexuels ont quand même des relations sexuelles, et, parmi ceux-ci, il y en a forcément qui ont des partenaires qui leur donnent beaucoup de plaisir. Ils n’en restent pas moins asexuels, donc dénués d’attirance sexuelle.

6. "C'est une mode et il y a de plus en plus d'asexuels"

Comme toujours, dès qu’il y a une libération de la parole et des consciences sur un sujet, certains pensent à tort que c’est un effet de mode. « Bizarrement tout le monde devient homo », « On voit de plus en plus de « victimes » de viols qui se font remarquer », « Ils le font pour se sentir différents »… Il y aura toujours des cons qui auront du mal à faire la part des choses entre la libération de la parole et effet de mode. Les asexuels ne sont pas plus nombreux qu’avant. Simplement, depuis quelques années, on en parle de plus en plus, et ils peuvent davantage assumer qui ils sont dans l’espace public. Et ça ne change rien à nos vies, si ce n’est qu’on devrait, au fil du temps, être de plus en plus éduqués et respectueux vis-à-vis des orientations sexuelles qu’on ne connaissait pas avant.

7. "Etre asexuel, c'est triste"

Beaucoup de ceux qui ont de l’attirance sexuelle ne peuvent pas s’empêcher de voir les asexuels à travers leur prisme de pensée, du coup ils se disent qu’ils ratent quelque chose, et que c’est triste pour eux. Mais en fait, les asexuels, contrairement aux abstinents, ne se privent pas. Ils ne ressentent pas ce désir, donc ils ne sont pas tristes à l’idée de ne pas avoir de relations sexuelles. En plus, tout ne tourne pas autour du sexe dans la vie, donc ils ont plein d’autres source de bonheur, comme tout le monde en fait.

8. "Les asexuels ne peuvent pas tomber amoureux"

Pas besoin de partenaire sexuel, c’est une chose, mais pas besoin de relation amoureuse, c’en est une autre. Comme pour tout le monde, les asexuels peuvent être hétéroromantiques (attirance romantique pour le sexe opposé), homoromantiques (attirance romantique pour le même sexe que soi), biromantiques (pour les deux), panromantiques (pour tout le monde, indépendamment du sexe), ou aromantiques (absence d’attirance romantique). Bref, ils peuvent tomber amoureux ou non.

9. "Ça doit être nul de sortir avec un asexuel"

Bah, en fait, personne n’est obligé d’être en couple avec un asexuel, au même titre que personne n’est obligé de faire sa vie avec quelqu’un qui n’aime pas l’alpinisme, les sorties en boîte ou les pâtes carbo (ça c’est dur quand même). Ceux qui sont en couple avec des personnes asexuelles le sont parce qu’ils en ont envie et que ça leur va, c’est tout.

10. "C'est contre-nature"

Ah bon ? Pourtant les hommes ne sont ni les premiers, ni les derniers animaux qui peuvent ne pas s’intéresser au sexe. Il n’y a qu’à voir les pandas qu’on a du mal à faire s’accoupler parce qu’ils n’en ont rien à battre de coucher ensemble. Pourtant ils n’ont pas l’air d’être « contre-nature » ces pandas.

11. (Bonus) Précision : il y a plusieurs degrés d'asexualité

C’est toujours compliqué de savoir dans quelle « catégorie » se ranger (et d’ailleurs personne n’est obligé de se ranger où que ce soit), mais beaucoup considèrent qu’il y a un spectre de l’asexualité, et qu’on peut y retrouver les personnes demisexuelles et graysexuelles. La demisexualité, c’est le fait de ne ressentir de l’attirance sexuelle qu’avec des personnes avec qui on a développé un fort lien émotionnel. La graysexyalité, c’est le fait de n’avoir de l’intérêt pour le sexe que dans des circonstances particulières, qui peuvent varier d’un individu à l’autre. Bref, chacun s’identifie à ce dans quoi il se reconnaît le plus.

On espère que c’était clair et que ça aidera certains à mieux comprendre leurs potes asexuels. Si vous estimez qu’on a dit un paquet de conneries dans ce top (parce que même si on essaie de faire ça bien, on n’est pas à l’abri), ou que vous avez des précisions à apporter, envoyez un mail à quentin@topito.com. Sans insulte, le mail, sinon je le crame direct.

Et si vous voulez continuez sur les gros clichés voilà les idées reçues sur le sexe, les idées reçues sur la vie sexuelle des femmes, et les idées reçues sur la première fois.