Salut bandes d’écolos en herbiers, moi c’est la Greta Thunberg de Topito, et comme n’importe quelle adolescente suédoise à tresses, je suis otaké sur tous les sujets inhérents à notre belle et douce planète. Je vous avais parlé il y a peu des questions qu’on se pose sur le dérèglement climatique, mais aussi sur la collapsologie, ou les extinctions de masse, bref que des trucs qui font plaisir. Cette fois-ci, on va causer plus précisément des controverses liées à l’écologie et croyez-moi il y en a un paquet. Voilà de quoi lancer des débats passionnés avec vos amis en fumant des clopes sur des terrasses chauffées.

1. Nucléaire ou énergies renouvelables ?

ET BIM. On perd pas de temps on attaque direct avec les sujets qui fâchent. Dans la famille des sujets qui foutent le plus de bordel à un repas de Noël vous avez pioché la carte du nucléaire chers amis ! D’un côté, on a les anti-nucléaires qui rappellent toujours les accidents de Tchernobyl et Fukushima pour dénoncer les dangers inhérents à la gestion des centrales dont la mise en sécurité s’avère aussi coûteuse que la création d’un parc éolien.

De l’autre, on a les défenseurs du nucléaire. Bon alors dans cette deuxième catégorie on a les vieux papas qui se posent juste pas la question de savoir si c’est bien ou pas, mais voit l’avantage financier, puis on trouve ensuite les écolos pro-nucléaires qui expliquent (et ils n’ont pas tort) que l’énergie nucléaire est décarbonée et représente un impact moindre sur le climat.

Si on n’a plus de centrales, on n’a plus d’énergie. Si on veut une autre source d’énergie rapidement, on achète à l’étranger (donc de l’énergie provenant du pétrole ou des usines à charbon, le pire du pire). Pour un résumé de ces derniers arguments, je vous conseille cette interview de Jean-Marc Jancovici (et globalement de lire tout ce qu’il écrit, ça vous aidera à vous forger un avis légèrement plus affûté sur la question).

2. Voiture électrique ou vieille titine ?

Quand tu as une personne dans ton entourage qui possède une voiture électrique, généralement tu es au courant. Les propriétaires de voitures électriques ont tendance à le clamer haut et fort tant ils se sentent pousser des ailes écologistes. Bon alors défrichons le sujet : on a les vieilles titines qui fouettent du pot d’échappement et les voitures électriques toutes belles qui polluent pas super génial wahou le paradis. Mais en fait c’est pas si simple…

Les voitures électriques certes ne pètent pas de CO2, en revanche comme leur p’tit nom l’indique, elles sont électriques et donc elles consomment de l’électricité et donc elles ont besoin d’encore plus de belles centrales nucléaires pour subvenir à cette nouvelle consommation d’énergie. Par ailleurs, la construction d’une voiture électrique entraîne bien plus de déchets que pour une voiture traditionnelle, ce qui ne la rend pas « écologiquement rentable » avant quelques dizaines de milliers de kilomètres au compteur. Bref on va pas cracher sur la green-titine, si tu n’as pas de voiture et que tu as beaucoup d’argent autant l’investir là-dedans plutôt que dans un SUV. Mais sinon tu peux aussi prendre ton vélo et garantir ton accès premium au paradis des écolos.

3. Tri des déchets ou grosse enfumade ?

Alors je vous arrête tout de suite, c’est pas moi qui vais vous dire que ça sert à rien de trier ses déchets. Si vous ne le faites pas déjà, il serait temps de s’y mettre et si vous savez déjà différencier une poubelle jaune d’une poubelle verte, continuez sur cette voie.

Le débat est davantage axé sur les déchets en tant que tels. Parce que c’est bien joli de faire croire qu’on se responsabilise à un niveau individuel en nous faisant trier nos déchets nous-mêmes ; mais si c’est pour les revendre à l’autre bout de la terre en Malaisie ou en Inde parce que ça coûte moins cher que des pays plus pauvres nous servent de décharge plutôt que de réellement recycler nos déchets, on n’est plus vraiment sur un pari gagnant. Seule solution, ne plus acheter de déchets. Parce qu’on les achète bel et bien. Ça veut dire qu’on fuit les supermarchés, qu’on achète de circuit court, en vrac, et qu’on apporte nos propres contenants. Pas compliqué non ?

4. Est-ce qu'il faut arrêter de prendre l'avion (ou plutôt le taxer comme des porcs) ?

Le « flygskam » qui trouve ses origines en Suède et s’est rapidement répandu en Europe qualifie la honte de prendre l’avion. En effet nul n’est censé ignorer à l’heure actuelle que l’avion fait partie des trajets les plus polluants pour la planète (2 % des émissions de CO2 sont directement à imputer au trafic aérien) et paradoxalement c’est qu’il reste le moins cher (par rapport au train et parfois même au bus).

La solution la plus immédiate c’est encore de réduire ses trajets en avion, surtout sur les distances courtes qui offrent une alternative sur rail. Mais globalement, c’est tout le concept du voyage et du tourisme qui mérite d’être remis en question.

5. Fumer des pétards plutot que des clopes ?

Ouais bon OK j’avoue on n’est pas vraiment sur une controverse brandie dans tous les débats écologiques. Mais en vérité la question de pose aussi sur les drogues, lesquelles seraient potentiellement les moins polluantes ? Est-ce que c’est mieux de fumer des roulées plutot de des indus ? Est-ce que c’est mieux de fumer des pétards plutôt que des roulées (au delà du fait, qu’un des deux pilons est encore interdit par la loi) ? Si l’on en croit cet article de Slate, la culture de marijuana représente 1 % de la consommation d’électricité aux Etats-Unis (l’info date de 2011). Sans compter que ces cultures se font rarement dans les meilleures conditions humaines. Bref contrairement à ce qu’il symbolise, le pétard est loin de refléter une société alternative pleine de solidarité et de respect de la nature. Pas plus du moins que… la clope.

6. Sixième extinction or not ?

On vous avait parlé il y a peu des p’tites extinctions de masse sexy que la terre a connu. Tout le débat à l’heure actuelle est de se demander si l’on est à l’orée d’une nouvelle extinction de masse. Et pour cause, 1/8e des espèces animales sont menacées d’extinction. Ce déclin est beaucoup plus rapide que les extinctions habituelles et surtout, il est en grande partie du à l’empreinte humaine sur la planète. Dans cette conjoncture, tout porte à croire que les choses devraient s’aggraver.

Et non pas s’agrafer, parce que plus personne n’utilise des agrafes dans un bureau aujourd’hui.

7. Peut-on sortir de la croissance et du capitalisme sans avoir l'impression de "revenir au Moyen Age" ?

Depuis le rapport Meadows en 72, les chefs d’Etats ont la preuve en bonne et due forme que la croissance nous fait forcément courir à notre perte. Et en fait, pas besoin de faire polytechnique pour comprendre ça : la croissance signifie consommer toujours plus et donc produire toujours plus dans un espace dont les ressources ne sont pas infinies. Alors forcément à un moment ça coinçouille. Le problème c’est que pour l’instant on connait à peu près que « la croissance » et qu’il faut beaucoup d’imagination pour dessiner les contours d’un monde qui ne dépendra plus du PIB et du cours de CAC40. Ça n’a rien d’utopiste que de tenter de l’imaginer, l’utopie c’est plutôt de penser que le système actuel peut encore durer jusqu’à perpète.

8. Est-ce qu'on arrête de faire des enfants ou on arrête juste de faire des enfants occidentaux ?

Le débat sur la démographie revient souvent sur le devant de la scène. Légèrement tabou pour les uns, argument écologique imparable pour les autres, le sujet mérite qu’on se penche dessus. D’un côté, il y a de plus en plus de femmes qui affirment leur non-désir de maternité, cela reste une proportion encore infime et les raisons ne sont pas forcément d’ordre écologique. Néanmoins il existe quelques mouvements associatifs qui s’approprient le non désir d’enfant comme un argument écologique (par exemple l’association Démographie Responsable). Le problème, c’est que très vite la volonté d’encadrer la démographie peut se traduire par une forme d’ingérence dans les pays plus pauvres qui ont tendance à avoir un taux de natalité plus élevé. Le paradoxe, c’est que les pays qui ont le plus fort taux de natalité et ont par ailleurs un PIB très faible sont aussi ceux qui ont une empreinte carbone dérisoire. Donc le problème n’est pas qu’on soit 10 ou 15 milliards, le problème c’est qu’une minorité de cette population pollue pour tous les autres (qui se prennent accessoirement en premier lieu les conséquences de dérèglement climatique).

Et vous, avec quelle controverse aimeriez-vous partie en vacances ?

Source: Usbek et rica, Courrier International, Futura Science, Slate.