Batterie synthétique et basse fretless, les années 80 ont fait du mal à la musique. Malgré tout, et derrière ce son épouvantable qui sortait de nos walkman cassette auto-reverse, il y avait des bons songwriters. Et il est grand temps de sortir ces albums de l’espace « vieilles bouses honteuses » de notre grenier et de reprendre quelques unes de ces chansons avec une guitare acoustique. Petite sélection du riche héritage des années 1980 en terme de songwriting et 10 preuves que si les producteurs de l’époque étaient des souillons, les compositeurs assuraient.
- A-Ha : A-Ha n’existe plus depuis la fin 2010. Depuis « Take on Me » et sa video révolutionnaire pour l’époque, ces Norvégiens s’étaient taillé une réputation de beaux gosses quifaisaient hurler les jeunes filles hystériques sur des nappes de claviers et de boites à rythme. Il est temps de rétablir la vérité : A-Ha a été un groupe fantastique qui a signé des classiques à tour de bras : « Hunting High and Low », « The Sun always Shines on TV », « Stay on these Roads »… Un chanteur trop beau peut être un handicap quand on a vraiment de bonnes chansons.
- Cock Robin : avant que Peter Kingsbery n’aille faire le malin en enchainant les vocalises pour la version en anglais de Starmania, il était la moitié d’un groupe qui a signé quelques unes des chansons les plus classes des 80′s : « The Promise You Made », « Just Around the Corner » ou « When your Heart is Weak », élégance et synthétiseurs ne sont pas incompatibles.
- Roxy Music : la formation du très bien coiffé Brian Ferry et du mystérieux Brian Eno est plutôt à ranger dans les années 1970, mais c’est au cours d’une brêve reformation dix ans après leurs débuts que le groupe inscrira son nom dans le marbre des années 1980. Une reprise de Lennon (« Jealous Guy ») et quelques petites merveilles mélodiques comme « Avalon », Slave to Love » ou « More than This » ont su montrer qu’on pouvait garder une certaine classe dans ces années de fluo et de vestes à épaulettes.
- Billy Idol : son look cyberpunk était déjà ringard dans les 80′s et les années qui ont suivi nous ont permis de le classer dans la catégorie « hard rock pour les 4 à 8 ans ». Et du même coup d’oublier que le bonhomme a quand même porté quelques super bonnes chansons (« White Wedding », « Rebel Yell », « Eyes Without a Face »). Il paraît que l’un des ses derniers efforts, « Cyberpunk », s’est trouvé une nouvelle clientèle chez les rôlistes. On ne le félicite pas.
- Eurythmics : on a eu Niagara et les Rita Mitsouko, les Anglais ont eu Eurythmics. Derrière l’éternel « Sweet Dreams are made of This » et l’increvable « Here Comes the Rain Again », on se souviendra de « The Miracle of Love » et de « I saved the World Today », et on se dira qu’en fait, Eurythmics, c’était génial.
- Alphaville : un groupe allemand de new-wave qui a trouvé son nom dans un film de Godard, les mecs d’Alphaville avaient tout pour une soirée Thema sur ARTE. Mais on reconnait un bon groupe aux reprises qu’il inspire, et « Big in Japan », « Dance with Me » et « Forever Young » montrent qu’une bonne chanson, même avec des arrangements pourris, ça reste une bonne chanson.
- Chris de Burgh : deux petites perles (« High on Emotion » et « The Lady in Red »), un smoking et puis plus rien. L’irlandais a sorti un album en 2010, son 17ème, et tout le monde s’en fout. Ca doit être à cause d’Hadopi.
- Kim Wilde : Kim Wilde est à la musique ce que Kim Basinger est aux cinéma des années 1980. Avant que Kim ne devienne le prénom des meilleures bassistes de rock, c’était celui du glamour, de l’insouciance, bref, le symbole d’une décennie tout en paillettes, celle des Kids in America (ou en Cambodia).
- Cindy Lauper : la discographie de la blonde Newyorkaise est une boite à tubes : « True Colors », « Time after Time », « Girls just Want to Have Fun »… Une chanson dans la BO des Goonies et une participation à « We Are The World » la scotchera à vie dans les années 1980 à la différence d’une Madonna, sérieuse concurrente de l’époque. Pourtant Cindy a sorti un album en 2010.
- Sandra : non, pas Sabrina, ses « Boys » et son bikini au bord d’une piscine… On parle ici de Sandra, une charmante Franco-allemande qui a enfilé les tubes comme des perles (« Maria Magdalena », « Innocent Love », « Hi Hi Hi »…) avant de prêter sa voix à Enigma. Bref, une carrière de malade qui se poursuit aujourd’hui avec un album sorti en 2009.
Et vous, quelles chansons bien écrites et cochonnées par des arrangements pourris retiendrez-vous ?



8 commentaires
J’aurais bien mis les pet shop boys dans cette liste
http://www.youtube.com/watch?v=ydkaJwqRWyE
Preums. Sur le premier plan où on voit le chanteur d’Alphaville on dirait que c’est Stéphanie de Monaco qui va chanter « Comme un Ouragan » !!!
Ah non merde deuz ;-(
@panic-ambiance : Les Pet Shop Boys ont déja été réhabilités dans les stades de foot. Mais ils avaient leur place, c’est vrai.
@tBouskov : t’as noté qu’on a pas mis Stéphanie de Monaco dans la liste. C’est pas un oubli.
il est évident que la production 80s cache parfois des trésors en matière de songwritting, mais au delà de ça je crois pas qu’il faille réhabiliter Eurythmics, d’abord « sweet dreams » est archi connue, et d’autre part cette chanson ne rendrait pas forcément mieux en étant interprété autrement car précisément la prod joue beaucoup dans l’ambiance de la chanson
s’il y a des groupes pop à réhabiliter dans les 80s pour moi c’est du coté des indé, les Husker Du, Replacements, Dream Syndicats, sans compter les hordes de groupes jangle pop, paisley underground, c86…
des groupes comme les Jasmine Minks, les Sneetches, les Rain Parade, les Bangles (oui oui), Bodines, Close Lobsters, Mighty Lemon Drops, Housemartins, Long Ryders, Chesterfields, Stems, Hoodoo Gurus, Barracudas…
enfin après c’est vrai que c’est de la musique de « genre » mais c’est assez précisément pour cela que c’est intéressant, ce refus d’accepter le « son de production 80s », et ce besoin d’amateurisme et de recherche de racines etc. enfin je m’égare pas mal, pardon!
@alex twist : Entièrement d’accord avec toi sur à peu près tous les points, pour Eurythmics, c’est un malentendu qui a voulu que Sweet Dreams soit la, The Miracle of Love aurait certainement mieux illustré le propos (pareil pour le A-Ha qui est loin d’être le meilleur). D’accord aussi avec les Bangles qui avaient leur place ici.
En revanche, l’idée était quand même de dénicher des vieux tubes un peu honteux, et Husker Du, cité comme référence par les Pixies, ne rentre pas dans cette catégorie. Mais merci de ton com, je ne connais pas toutes les références que tu cites, je vais y jeter une oreille de ce pas.
AAhh… les années 80 !!
Des mélodies extraordinaires il faut le souligner, mais gâchées par une production épouvantable.
En fait c’est ça le vrai problème !
Et puis parlant des 80s il y avait 2 époques radicalement différentes !
Ce sacro-saint « synthétiseur » qui au début était agréable entre, disons, 1978 et 1984 (Blondie, Toto, Foreigner, …) est vite devenu insupportable à partir de 1984/1985 (Sabrina, Tarzan Boy, Partenaire Particulier, Alphaville, etc.)
Désolé mais on ne peut quand même pas mettre au même rang des « artistes » comme Yazoo, Alphaville, Laroche Valmont, P-Lion ou Sabine Paturel avec Toto, Billy Idol, Genesis, Nik Kershaw, Christopher Cross ou The Cure ! (bien qu’ayant tous fait leurs années majeures dans les 80s !)
Ou sont les Modern Talking et Micheal Jakson qui ont des mélodies et des chansons éternelles jusqu’à nos jours. la musique des années 80 est pure car elle est confectionnée par des vrais artistes. Cependant, la musique d’aujourd’hui est faite par des commerçant en composant des mélodies débiles combinées avec des clips sexy, juste pour satisfaire des jeunes qui ne s’intéresse qu’ au sexe.
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