La polémique fait donc rage autour de la Fédération Française de Foot pour cette sombre histoire de quotas levée par Médiapart. A l’heure où l’Equipe de France était en pleine reconstruction, voilà un sujet qui va méchamment faire tâche et qui risque de suivre le football français un long moment. On parle ainsi beaucoup des jeunes bi-nationaux qui quitteraient "lâchement la France" pour aller jouer pour leur autre pays d'origine. Comme si on oubliait un peu vite qu'on a gentiment profiter de certains de ces joueurs en allant parfois les chercher chez eux. Que l'équipe de France, c'est une sélection et qu'on doit accepter de ne pas pouvoir prendre tout le monde. Que si on avait voulu les faire jouer en bleus avec les A, on en aurait eu l'occasion. Et que des joueurs comme Adil Rami continuent tous les jours de choisir la tunique bleue en espérant un palmarès international. Certes, d’autres nous sont passés sous le nez. Petite sélection de ces joueurs qui font le bonheur d’un autre pays, mais dont le maillot bleu se relèvera sans doute, même sans quotas. Ou comment faire d'une richesse initiale, un problème.

  1. Marouane Chamakh (Maroc) : pauvre Laurent Blanc, obligé de chercher son point d'appui en attaque à Paris alors qu'il a construit l'essentiel de sa courte carrière d'entraîneur sur le jeu de tête de Marouane. Mais ce dernier, bien que formé dans l'hexagone, a estimé qu'une sélection en moins de 19 ans en France ne lui garantissait pas forcément un maillot chez les Bleus. En 2003 il intègre définitivement la sélection marocaine et compense en s'engageant sur une liste MoDem aux régionales 2010.
  2. Gonzalo Higuain (Argentine) : c’est pas faute d’avoir essayé. Mais Gonzalo n’a apparemment que peu de bons souvenirs des 10 premiers mois de sa vie passés à Brest, et on le comprend. Alors quand Raymond Domenech le convoque sans même l’avoir supervisé, Gonzalo va vite fait se trouver des papiers argentins et accepter une sélection dans son pays d’adoption. Au final, entre être titulaire dans la sélection de Diego Maradona ou remplaçant dans celle de Domenech, ça se joue parfois à un peu de fermeté.
  3. Didier Drogba (Côte d’Ivoire) : lui aussi était à Brest au cours de sa plus tendre enfance. Mais la Côte d’Ivoire ne se laisse pas surprendre et sélectionne l’attaquant alors qu’il sort d’une petite demi-saison avec Guingamp, c’est à dire avant qu’il ne plante 17 buts en championnat la saison suivante et file cotoyer les étoiles avec Chelsea avec un passage inoubliable à Marseille. Didier a désormais la nationalité française, mais ne nous aidera pas à gagner l'Euro...
  4. Frédéric Kanouté (Mali) : un beau foirage pour l’équipe de France et du foot français en général. Parce quand Kanouté signe a West Ham, on ne parle pas de fuite de talent. Et après des sélections en espoirs, on ne l’appelle pas, ni en 2000, ni en 2002, ni en 2004. Du coup Frédéric fait valoir la nationalité de ses parents, choisit le Mali et plante 29 buts en 41 matchs en sélection. Repérer les talents, c’est notre grand truc en France.
  5. Mohammed Lamine Sissokho (Mali) : on peut voir le jour à Mont-Saint-Aignan en Seine Maritime, être formé à l’AJ Auxerre, évoluer au FC Valence, à Liverpool et la Juventus, être champion d’Espagne, vainqueur de la Coupe UEFA et de la Coupe d’Angleterre sans être en équipe de France. Le Mali sait décidement garder un oeil sur ses nationaux.
  6. Samuel Eto’o (Cameroun) : Samuel Eto’o est né au Cameroun, à Nkon. Mais quand il débarque à 14 ans à Carpentras, il ne peut ni intégrer une école ni jouer au foot. Refoulé une première fois pour raison administrative, il reviendra quelques mois plus tard, au Havre cette fois ci, pour faire des essais. Ca nous intéresse pas, barrez-vous jeune homme. Le Real Madrid propose rarement des contrats aux footballeurs refusés par le HAC, mais fera une exception. Aujourd’hui, et maintenant qu’il a mis 130 buts avec le FC Barcelone et quelques dizaines avec l'Inter, on comprend pourquoi le Cameroun lui a offert une sélection à 15 ans.
  7. Sébastien Bassong (Cameroun) : si on avait su que le chantier de la défense des Bleus serait aussi compliqué, on aurait peut-être filé une petite sélection à l’actuel joueur de Tottenham dans la lignée de ses prestations en espoirs. Né à Paris et formé à Clairefontaine, Bassong n‘a pas trahi son amour pour les Lions Indomptables et porte le maillot camerounais aux côtés de Benoît Assou-Ekotto, autre natif français oublié des Bleus.
  8. Ludovic Obraniak (Pologne) : encore un joueur espoir français qui a perdu la foi d’être appelé chez les A. Ludovic a bien cherché, il n’a pas de famille au Cameroun, c’est donc un grand père polonais, Zygmunt Ubraniak, qui va lui rappeler son désir de renouer avec ses origines. Bon il n'est plus titulaire au LOSC, ça fait tout de suite relativiser.
  9. (bonus) Willy et Pierre Emerick Aubameyang (Gabon) : à première vue, on peut se dire que pour deux jeunes titulaires de passeports français sous contrats avec le Milan AC, c’est un peu con de s’être fait prendre de vitesse par la Fédé gabonaise. Et puis quand on voit qu’ils sont régulièrement prêtés à des clubs comme Dijon ou en D2 belge et que le père de nos deux garçons, Pierre Aubameyang, est recruteur pour les Rossoneri on se dit que c’est peut être pas trop grave pour les Bleus et qu’on a bien fait de pas s’emballer :-)

Certes une liste de bons joueurs, mais vraiment si grave que l'on doive forcer l'obligation de choisir une nationalité avant de former ces joueurs ? On a toujours su convaincre les joueurs que l'on estimait être les meilleurs de porter le maillot bleu non ?

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