« Aller au restau, c’est vraiment sympa. C’est un petit plaisir dont on ne se lasse pas ». Je proposerai ce joli petit jingle au consortium mondial des restaurants de quartier. En attendant, aller au resto, c’est vraiment sympa A CONDITION de ne pas commander des trucs dégueulasses et de ne pas se faire maousse arnaquer pour des plats qu’on aurait pu faire mieux à la maison.

1. Du poisson le lundi

Il semblerait que la plupart des restaurants commandent leur poisson le mardi et le jeudi. Je vous laisse donc imaginer le niveau de fraîcheur du poisson le lundi. Or, le poisson, c’est bon quand c’est frais. C’est le principe.

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2. De la viande trop cuite

L’ensemble de la communauté cuisinière s’accorde globalement pour dire que la viande, c’est meilleur quand ce n’est pas trop cuit. Personne ne vous critique de préférer la viande bien cuite, mais c’est juste débile dans ce cas-là de manger de la viande rouge au restaurant, puisqu’il y a des plats qui pourraient vous apporter tout autant de plaisir sans contrarier le chef qui, pour satisfaire à vos exigences, devra renier tout ce en quoi il croit.

Skirt Steak with Coffee Rub

3. Le plat du jour mais ça se discute

En fait, il y a deux écoles ; dans la première, le plat du jour est un agglomérat de trucs bientôt périmés. En général, ça se voit à la gueule du resto, à sa carte où il y a trop de trucs, et surtout à l’intitulé un peu vaseux du plat du jour qui convoque trop d’éléments pour ressembler à un vrai plat. Dans la seconde, le plat du jour est un vrai plat du jour, décidé par le chef en fonction de ses stocks et est sans doute la meilleure option.

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4. Le moelleux au chocolat

Sauf s’il est « fait maison », il y a 200 000 % de chances que ce soit le truc de base vendu chez Metro et que vous puissiez trouver le même exactement chez Picard. Du coup, payer 7 balles pour un truc industriel noyé sous la crème anglaise, ça n’a aucun intérêt.

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5. Du vin au verre

De deux choses l’une : soit le vin au verre est issu de bouteilles ouvertes qui traînent et s’oxydent, soit il est issu d’un immonde cubi que vous n’auriez pas renié à vos 16 ans.

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6. Des burgers chics

Attendu que le burger est une arnaque en soi (du pain, du steak haché, de la salade, que des produits pas chers vendus cher), le burger chic donne l’illusion qu’on pourrait en avoir pour son argent. D’où ce burger aux truffes ou au foie gras ; mais les mecs, si vous n’êtes pas dans un étoilé, les truffes ce sera de l’huile de truffe, essentiellement chimique, et le foie gras un truc premier prix dégueulasse qu’on confondrait en temps normal avec du mou pour le chat.

Fancy burger

7. Du poulet de manière générale

Les chefs s’accordent généralement pour dire que commander du poulet est l’apanage des imbéciles. Parce que le poulet, ce n’est pas cher, et ce n’est jamais spécialement mieux cuisiné au restaurant que chez soi ; parce que le poulet, aussi, c’est pas si facile que ça à bien cuire et que, dans le rush d’une cuisine, les chefs ont tendance à le rendre trop sec. Et parce qu’il y a tellement de trucs meilleurs que le poulet à la carte que c’est vraiment un choix nul.

Chicken Breast

8. Quoi que ce soit avec du soja

Les petites pousses de soja sont du plus bel effet d’un point de vue décoratif, mais elles présentent deux désavantages majeurs : d’abord, elles n’ont aucun goût et ne servent donc à rien ; ensuite, de par l’environnement marécageux dont elles sont issues, elles comportent un très haut niveau de bactéries et représentent donc une potentielle menace. Quitte à demander des aménagements à la carte, autant demander sans soja.

9. Des œufs Benedict

Les œufs Benedict, c’est le truc le meilleur du monde : du saumon fumé ou du bacon, deux œufs pochés, des muffins, de la sauce hollandaise. Mais c’est là que le bât blesse. La sauce hollandaise n’est pas une sauce facile à réaliser, il faut avoir un bon tour de main pour que le beurre ne coagule pas dans le jus de citron. Et surtout, c’est une sauce dont la durée de vie est très limitée, sans quoi le beurre risque de tourner. Or, dans la plupart des restaurants qui prennent 1000 euros pour leur brunch dominical, la sauce est préparée largement en avance et a un goût rance.

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10. Des modifications de plat

Là encore, il y a deux raisons valables pour ne pas demander un aménagement sur un plat : la première est que cet aménagement, même s’il est accepté, emmerdera le chef et qu’il y a toutes les chances pour qu’il l’oublie, que vous soyez frustré et que vous n’osiez pas renvoyer le plat, transformant cet instant de féerie en authentique mauvais moment. La deuxième est que, si vous êtes dans un restaurant réputé pour la qualité de ses plats, il y a fort à parier pour que le chef sache ce qu’il fait et soit qualifié pour marier les saveurs. Demander une modification peut casser l’équilibre. Pour les intolérances alimentaires, ça peut se comprendre, mais sinon c’est juste du caprice.

Ce midi, je vais me faire une escalope de poulet avec du soja et un moelleux au chocolat.