L'enquête criminelle, c'est le truc le plus vu et revu de la fiction française et internationale. Elle est en général menée par un mec pas loin de la retraite; divorcé, sans attache, qui ne dort strictement jamais. Mais la réalité est un peu différente de tout ça. C'est ce qu'on peut voir grâce à Polar +, nouvelle chaîne dédiée à la culture polar et autres enquêtes policières à travers le monde !

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1. Pour faire avouer un suspect, on peut mentir, mais dans certaines limites

Aux Etats-Unis, notamment, la frontière est floue quant à ce que les enquêteurs ont le droit de faire pour obtenir les aveux d’un suspect. La brigade criminelle a le droit de pressuriser un suspect en lui donnant de fausses informations quant aux preuves disponibles de son implication dans un crime, mais pas de lui présenter de fausses preuves. Ainsi, en Floride, un suspect ayant confessé un crime a vu sa confession remise en cause car l’enquêteur en charge de son interrogatoire lui avait présenté un rapport scientifique falsifié indiquant que son ADN avait été retrouvé sur la scène de crime. Mais la limite est lâche, car l’enquêteur aurait sans doute eu le droit d’affirmer l’existence de ce rapport sans pour autant le montrer au suspect.

Source photo : Giphy

2. Pour les policiers de la BAC, l'adrénaline devient une drogue

Les témoignages des policiers de la BAC convergent tous en ce sens : choisir de travailler à la BAC, c’est aussi choisir une vie où le flagrant délit est roi et l’action permanente. Pour certains, cela devient presque une drogue : des policiers indiquent ainsi que l’idée de service public cède parfois le pas aux motivations personnelles, façon chat et souris. Pour autant, il ne s’agit pas de faire n’importe quoi, mais l’image de l’enquêteur qui ne saurait plus quoi faire de sa retraite véhiculée par les séries télé n’est pas si éloignée de la réalité.

3. La tentation de la corruption est réelle

A la BAC, les flics ayant 20 ans de carrière touchent environ 2000 euros par mois. Lorsqu’ils sont dépêchés seuls sur une scène de braquage, la tentation de rafler quelques bijoux ou quelques billets est réelle. Pour autant, les flics y résistent, la plupart du temps. Pas tant par peur d’être chopé que par conviction et par engagement.

4. Au 36, il existe une pièce pour faire sécher le sang des victimes

Le 36 Quai des Orfèvres, lieu mythique de l’enquête criminelle à Paris, déménage. Le lieu est absolument mythique pour les passionnés, et ce monde à part révèle ses surprises. Il existe ainsi dans son dédale de couloirs une salle renommée « le séchoir » où les affaires tachées de sang des victimes sont suspendues de façon à pouvoir être ensuite manipulées. Oui, c’est glaçant, mais le crime, de manière générale, c’est sordide.

5. Lors des interrogatoires, les mensonges du suspect valent autant qu'une confession

Les spécialistes de l’interrogatoire insistent tous sur le fait que laisser un suspect s’enferrer dans son mensonge en faisant semblant d’y adhérer est encore la meilleure manière de l’acculer. Savoir qu’un suspect ment et le laisser développer des éléments que l’on pourra par la suite, après lui avoir laissé le temps de les installer, contredire, est une manière de le faire paniquer et de l’obliger à dire la vérité. Surtout que, bien souvent, prouver le mensonge d’un suspect revient à saisir la vérité entre les lignes.

6. L'empathie est un truc usé jusqu'à la corde

La technique du gentil flic/méchant flic a fait les belles heures du cinéma hollywoodien, mais ce n’est pas pour rien. Entrer en empathie avec un suspect est souvent un outil très pratique pour s’attirer sa confiance et augmenter les chances de recevoir des aveux. Lui donner un café, prendre le temps d’écouter l’histoire qu’il veut raconter, se montrer calme sont des techniques usées jusqu’à la corde ; d’autant que les tribunaux auront toujours tendance à mieux accepter les conclusions d’une enquête criminelle au cours de laquelle les suspects n’ont pas été bousculés.

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7. En droit français, les preuves matérielles sont indispensables

L’ADN a constitué une véritable révolution dans le déroulement des enquêtes criminelles en France. Pour autant, les preuves matérielles de la culpabilité d’un suspect demeurent des éléments indispensables à l’enquête. La récolte des indices, la capacité à les relier avec ou sans ADN au suspect et l’ensemble des prélèvements ne sont donc pas sacrifiés au seul culte de la science. D’autant que les traces ADN ont une dimension irrévocable qui peut conduire à des erreurs judiciaires en cas d’histoires complexes ou imbriquées. Une analyse ADN seule ne peut suffire.

8. Les enquêtes de voisinage ont une importance qu'on ne soupçonne pas

C’est la tannée absolue, mais les enquêteurs dépêchés sur une scène de crime doivent récolter le maximum de témoignages afin de mieux comprendre les faits et leur déroulement. Dès la découverte d’une scène, les premiers témoins sont interrogés à chaud, puis réinterrogés plus tard pour vérifier que leurs versions concordent. Dans le même temps, une enquête de voisinage est lancée : celle-ci est pénible, parce qu’il faut à la fois enquêter de jour auprès des témoins au long cours et à l’heure présumée du crime afin de rencontrer d’autres types de témoins, susceptibles, eux, d’avoir des choses à apporter sur le crime lui-même. Un travail fastidieux mais que les enquêteurs réitèrent à chaque enquête.

9. Le directeur d'enquête a un rôle central à la fois sur le plan pratique et administratif

En France, la Brigade criminelle affecte l’enquête à une équipe chapeautée par un directeur d’enquête. Il sera le responsable de son aboutissement et c’est lui qui aiguillera le travail de ses collaborateurs. Il est aussi le lien entre l’administration et le terrain et doit se fader des rapports de l’enfer à partir des indices et conclusions rapportées par tous les policiers.

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10. Il est parfois possible de s'occuper de deux dossiers en même temps, mais ça ne dure pas

Des policiers de la Brigade criminelle racontent qu’il leur est arrivé de ne pas dormir pendant 48 heures pour couvrir plusieurs affaires de meurtre successives. Mais ce système n’est pas pérenne : s’il peut arriver à des policiers de devoir traiter deux affaires à la suite, ils se contenteront, pour l’une des affaires de mener les premières constatations. L’enquête sera ensuite confiée à une autre équipe. Le schéma classique des deux enquêtes confiées à un seul policier qui finit par établir un lien entre les deux est donc une pure invention fictionnelle.

En fait, ça ne fait pas tant rêver que ça, quand on y pense : se faire réveiller à 3 heures du mat' pour aller observer un cadavre, c'est pas top. Pour résoudre d'autres enquêtes, rendez-vous sur Polar +, la nouvelle chaîne exclusivement dédiée à la culture polar. Ils ont d'ailleurs récemment résolu la mystérieuse affaire du Coat Monkey !

Sources : La Police nationale, La Dépêche, Ouest France, Police Link.