Il existe 240 médecins légistes en France. Pour devenir légiste, il faut avoir effectué 11 années d’étude. La plupart des légistes ont exercé une autre spécialité médicale préalable avant de se diriger vers la médecine légale. Coordinateurs de service et interlocuteurs de la police et des magistrats, les légistes exercent un métier assez éloigné de l’image qu’en renvoient les séries et les films américains.

1. 95% du travail consiste à examiner des vivants

On imagine les médecins légistes en train de faire des autopsies à toute berzingue toute la journée en donnant des conclusions super précises sur l’heure de la mort des victimes. Mais l’essentiel de leur boulot consiste à examiner des vivants : victimes de maltraitance, gardés à vue, personnes blessées dans un accident ou dans une bagarre, femmes violées. Le but est d’évaluer le traumatisme physique ET moral des victimes et parfois des agresseurs afin de délivrer des informations fiables aux enquêteurs.

2. Il y a une frustration à ne pas soigner

Les médecins légistes ne soignent pas les victimes : elles se contentent de les examiner et doivent composer avec la souffrance. Il existe une vraie frustration du métier à ce niveau, même si l’apport du médecin-légiste se situe ailleurs, non pas dans le soulagement ou la guérison mais dans la bonne marche de l’enquête.

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3. Les professionnels médicaux sont amenés à recevoir des cours des légistes

Les médecins, le sage-femmes, les infirmiers ou les kinés sont régulièrement confrontés à des victimes de violences et reçoivent parfois des cours ou des formations des médecins légistes de façon à apprendre à mieux détecter les violences dont les patients peuvent faire l’objet, notamment dans le milieu familial.

4. L'enquêteur est systématiquement présent aux autopsies

Lorsqu’il examine des victimes vivantes, le médecin légiste est seul ; mais lors des autopsies, il est systématiquement accompagné d’un enquêteur qui note chacune de ses observations lors d’un décès suspect. Des prélèvements peuvent être effectués que l’enquêteur mettra sous scellé. Le médecin transmettra ensuite un rapport, mais, dès l’autopsie, l’enquêteur dispose d’un certain nombre d’éléments permettant à l’enquête d’avancer. Ensuite, le corps est restitué à la famille.

5. Témoigner au tribunal est un exercice super compliqué

Les juristes, les enquêteurs, les jurés et les parties civiles ne sont pas toujours familiers avec le langage médical. Les médecins légistes, quand ils sont amenés à témoigner, doivent donc simplifier leur discours pour le rendre compréhensible, tout en conservant une neutralité absolue, même en présence de victimes dont la souffrance est manifeste. Le récit d’une autopsie et de ses conclusions peut être lourd pour la famille et le médecin légiste a un rôle-clé. C’est une épreuve pour les fonctionnaires, plus souvent habitués à travailler dans leur labo.

6. C'est un métier physique

En moyenne, les légistes examinent trois dépouilles par semaine en France. Ils se rendent sur les lieux de découverte des corps et peuvent être amenés à devoir les déplacer, parfois seuls : personne n’est tenu de les aider à s’occuper de tout ça. Se lever 90 kilos, ce n’est pas évident. Par ailleurs, l’autopsie est un travail physique, qui explose le dos. De plus, il est nécessaire de prêter attention à ne pas produire trop de dégâts afin de conserver le corps présentable pour le rendre à la famille.

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7. Le boulot se fait pour un tiers de nuit

Entre les accidentés de la route, les personnes interpellées sous l’empire de la drogue et les bagarres, la faune nocturne à même de terminer chez le légiste est importante. En général, un tiers de son boulot se déroule de nuit, d’autant que le nombre de médecins légistes n’est pas énorme en France. Les gardes de nuit sont ensuite transformées en récup.

8. Le boulot est stressant parce qu'il est crucial

L’examen médical des victimes, vivantes ou mortes, est un apport indispensable de l’enquête. Envisager une plage horaire pour un crime ou détailler des mauvais traitements avec précision est une nécessité pour comprendre l’enjeu des faits et ainsi permettre aux enquêteurs d’interpeller les bonnes personnes puis aux tribunaux de statuer en pleine conscience. C’est un boulot dans lequel on ne peut pas se planter.

9. C'est parfois dégueulasse

Lors des autopsies, les odeurs sont parfois difficiles à supporter, notamment lorsque les corps ont été découverts longtemps après leur mort. De plus, le souci de conserver le corps le plus intact possible oblige le médecin légiste à travailler lentement dans un contexte parfois difficile.

10. Il est impossible d'être aussi précis que dans les séries

Une heure de la mort ne peut se déterminer avec autant de précision qu’au cinéma ou dans les séries ; de la même manière, on ne peut pas tirer de conclusions si précises sur la nature d’un objet contondant ayant provoqué une blessure. Si l’expertise des légistes est réelle, elle ne peut pas s’apparenter à de la divination.

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Par contre, le métier attire de nombreux jeunes.

Sources : TMV Tours, Nouvel Obs,