Journée noire annoncée dans les transports et début de la mobilisation étudiante, ce 9 mars devrait lancer un peu avant l'heure un printemps social animé digne de 2006 ou de 1995. Problème : la loi-travail qui cristallise la colère n'existe pas encore, et elle n'existera certainement jamais en l'état si on en croit les spécialistes de droit constitutionnel. Du coup, ne devrait-on pas aller bosser et attendre sereinement que des propositions concrètes soient avancées pour décider de se plaindre ? Certainement pas. On a dit qu'on faisait grève aujourd'hui, on ne changera pas nos plans. Surtout que les bonnes raisons ne manquent pas.

  1. Ça va être l'enfer dans les transports
    Même si vous n'en avez rien à foutre de cette mobilisation, vous allez passer l'essentiel de votre journée à attendre un train ou un bus et espérer pouvoir vous glisser dans une rame bondée pour aller au bureau. Ne soyez pas con : restez chez vous, et profitez de votre famille.
  2. Vous devez garder vos gosses
    Les mouvements sociaux, c'est l'effet-domino. Il suffit d'un petit groupe de grévistes pour que tout le monde se retrouve en pyjama à a maison.
  3. Il y a une éclipse solaire
    Réduire les indemnités aux prud'hommes, ça ne suffisant pas au MEDEF, il faut en plus réduire l'ensoleillement de la Terre. Le Soleil, c'est un acquis social, ok ? On est la première génération qui a moins d'ensoleillement que celle de nos parents. On est éclairé comme au XIXe siècle!
  4. En plus, l'éclipse est délocalisée
    Parce que cette éclipse est prévue à des heures impossibles! Entre minuit et 5h du matin ! Et où va-t-elle avoir lieu ? En Indonésie, là où sont les usines Nike. Bravo le capitalisme, après les centres d'appel et les usines d'électronique, on délocalise les éclipse !
  5. Il y a un Chelsea-PSG à préparer
    Tous les spécialistes vous le diront : un bon match retour de Ligue des Champions, ça se prépare dès le matin, en allant choisir des chips au marché, chez des petits producteurs, en laissant aux bières le temps de bien se rafraichir au frigo et en écoutant toutes les heures le "point infirmerie" sur RMC pour savoir ce qu'il en est de la titularisation de Matuidi et Verrati.
  6. Vous avez bossé le 29 février
    Et ça, ça ne passe pas. Avoir un jour de plus, c'est déja l'arnaque, mais que ce soit en plus un lundi, c'est une provocation.
  7. Romejko a annoncé 2 degrés et de la pluie
    Dans la météo de la lutte des classes, c'est le temps idéal pour contester un projet de loi en matant des séries sur son canapé et en buvant du chocolat chaud avec des chamallows.
  8. C'est colin-épinards à la cantine ce midi
    Vous êtes prêt à accepter beaucoup de choses, la retraite à 70 ans, le travail le dimanche, mais merde, colin-épinards, c'est le vendredi. Le mercredi, c'est le jour des frites. Ça aussi c'est un putain d'acquis social !
  9. Le 1er et le 8 mai tombent un dimanche
    Vous les imaginez bien ces salopards, les représentants du MEDEF et les gens du gouvernement, inféodés au patronat et au grand Capital, en train de concocter leur petit calendrier... "alors, cette année, on va mettre deux jours fériés le week-end, histoire d'arrondir nos dividendes... Tiens, et puis Noël et le Nouvel an 2017 aussi, c'est toujours ça de pris..." Ne vous laissez pas marcher sur les pieds : glandouille de représailles aujourd'hui !
  10. Le compte twitter @LoiTravail ne fait pas de Follow Back
    Vous suivez le compte, vous avec même fait un #FF, mais rien en retour, que dalle. Pour suivre La Tribune et Pôle Emploi, y'a du monde, mais pour retweeter votre super montage "Si les Princesses Disney étaient à la CGT", y'a plus personne. Va mourir @LoiTravail, et ne compte pas sur moi pour pointer aujourd'hui !

Et vous, vous allez regarder quoi à la télé aujourd'hui ?

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