De manière générale, la banque est un interlocuteur peu sympathique, mais parfois, la banque est sympa. Ou plutôt elle a l’air d’être sympa. Quand elle vous verse 6 milliards de dollars sur votre compte, par exemple. Là, tu peux te dire que tu as plutôt de la chance. Le problème, c’est que comme la banque n’est pas vraiment sympa, elle ne tarde pas, généralement, à réclamer les sommes indûment perçues. Et alors là, c’est le début des ennuis.

1. Quand la banque verse 6 milliards de dollars à un client

Six milliards, ça commence à faire pas mal de thunes. En réalité, ce client de la Deutsch Bank a reçu pareille somme en 2015 suite à une erreur de manipulation. L’argent était censé atterrir sur un fonds spéculatif et a d’ailleurs été retiré dès le lendemain dudit compte. Ascenseur émotionnel.

Qu’aurait-on fait dans ce cas-là ? Perso, j’aurais tiré une partie de la somme je sais pas moi, deux, trois millions, et je serai parti m’installer au Liban puisqu’apparemment, on n’extrade pas, du Liban

2. Quand tu reçois 3 millions d'euros et que t'en dépenses la moitié recdi

Une erreur de manipulation et le bien était fait. A quelques jours de ses 18 ans, une Malaisienne ayant ouvert un compte en Australie a donc eu la bonne surprise de voir son compte crédité de 3 millions d’euros, ce qu’elle s’est bien gardé de dire. Et elle a bien fait, d’une certaine façon puisque, pendant trois ans, personne n’a rien vu. 3 ans, c’est apparemment suffisant pour dépenser 1,3 million d’euros en produits de luxe à la cool. Sentant qu’elle allait bientôt se faire choper, elle a essayé de regagner la Malaisie mais a été arrêtée à l’aéroport.

Qu’aurait-on fait dans ce cas-là ? Racheter une petite banque pour concurrence la grosse banque ? Vous me direz, 3 millions ça fait lège.

3. Le bug du passage à l'euro

En 2002, une employée du Crédit lyonnais a crédité un chèque de 274.000 euros à un mec au lieu des 2740 euros qu’il attendait – soit son salaire. 100 fois plus d’argent donc, en raison du surmenage et de la grosse fatigue liés au passage à l’euro. Après deux semaines de tergiversations, l’homme est allé avertir la banque.

Qu’aurait-on fait dans ce cas-là ? A l’échelle d’une banque, 200.000 euros c’est une broutille. J’aurais siffloté perso et attendu un an et un jour.

4. 16 millions d'euros je prends

Une jeune Australienne qui devait rembourser un crédit a vu la banque s’emmêler les pinceaux entre le montant des mensualités et la date de prélèvement. Comme celle-ci était fixée au 25/10/2017, elle s’est retrouvé avec un prélèvement de 25102017 dollars australiens, soit environ 16 millions d’euros. La banque a donc cherché à réparer le truc en versant 25 millions de dollars australiens sur son compte, ce que la jeune fille a signalé, obtenant de ce fait le remboursement de sa première mensualité de crédit.

Vous n’avez rien compris à cette histoire ? C’est que moi non plus, je la trouve pas très claire.

Qu’aurait-on fait dans ce cas-là ? J’aurais acheté 16 millions de plaquettes de chocolat pour les revendre en cas de fin du monde.

5. Le mec qui avait décidé de tout perdre au casino

Medhi Soheili a dû se dire qu’il allait passer une bonne journée quand, en novembre 2013, il a vu son compte crédité de 90.000 euros comme ça pour rien. Que faire de tout ça ? Soheili ne trouve rien de mieux à faire que de foncer au casino d’Auckland, en Nouvelle-Zélande, pour perdre 60.000 balles. Sauf que la banque n’a pas tardé à se rendre compte de son erreur et a donc logiquement réclamé à Soheili le remboursement des fonds. Après procès, il a été convenu qu’il devrait rembourser 100 euros par semaine pendant 10 ans.

Qu’aurait-on fait dans ce cas-là ? La même chose, mais en jouant à l’Astro. Moins voyant. Parce que dans un casino, le truc à ne surtout pas faire, c’est jouer.

6. Le fuyard

On est encore en Nouvelle-Zélande, mais cette fois-ci en 2009. Un proprio de station-service d’origine chinoise reçoit par erreur six millions d’euros sur son compte et raconte à tout le monde qu’il a gagné au loto. Sauf qu’il n’a pas gagné au loto du tout. Il s’agit en réalité d’une erreur de virgule suite à l’obtention d’un crédit. Le mec ne perd pas le Nord : il transfère tout sur des comptes offshore et s’enfuit à Hong Kong puis en Chine. Mais les flics de Hong Kong ont décidé de l’arrêter et de l’extrader. Triste.

Qu’aurait-on fait dans ce cas-là ? La même chose, mais en allant au Liban ça a l’air d’être vraiment plus sûr.

7. L'Allemand qui devait payer des intérêts pour 200 millions d'euros indûs

Un soir de 2012, un consultant de 50 ans ouvre son compte et voit que celui-ci est créditeur de 200 millions d’euros. C’est une somme, faut reconnaître. Il essaie de contacter sa banque, mais tous les employés sont partis. Il décide alors de faire un virement de 10 millions d’euros sur un autre compte, dans une autre banque, en espérant que les autorités de la banque réagiront face à pareille activité inhabituelle. Mais non : tout passe crème. Le lendemain, la banque réalise son erreur et réclame à notre pote les 10 millions d’euros. Celui-ci fait donc le virement dans l’autre sens, mais on est en plein weekend et l’opération prend deux jours : dès lors, la banque lui réclame 12.000 euros d’intérêts. Le procès a permis de trouver une solution sympatoche.

Qu’aurait-on fait dans ce cas-là ? Demander un emprunt de 12.000 euros à la banque pour rembourser les intérêts en espérant que les mecs se planteraient et me reverseraient 200 millions.

8. Un autre cas en Allemagne et tout est bien qui finit bien

En 1999, un client de la Deutsche Bank avait reçu un virement de 12 millions de marks, soit environ 6 millions d’euros. Il avait dispatché l’argent un peu partout, s’était fait attaquer par la banque et avait gagné. Le tribunal avait en effet jugé que l’utilisation d’argent atterri par erreur sur un compte n’était pas un délit.

Qu’aurait-on fait dans ce cas-là ? La teuf.

Et dire que les banques perçoivent en continu des agios et des intérêts indus sans que personne ne leur dise rien…