Elu triomphalement à la tête de LR face à une opposition pas bien vaillante, Laurent Wauquiez va tenter de reconstruire une droite en déconfiture depuis l’échec de Fillon à la présidentielle. Et pour y arriver, il a grave son idée : un discours ultra-droitier, bien décomplexé, avec chasse à l’assisté, contrôle bien violent aux frontières, conservatisme sur les mœurs, affirmation des bienfaits du colonialisme et tutti quanti. Quitte à raconter de temps en temps n’importe quoi.

1. "Si jamais, quand vous tombez malade, cela n'a aucun impact sur votre indemnité et votre salaire, ce n'est pas très responsabilisant"

Alors qu’il était ministre de l’enseignement, Wauquiez a déclaré ça, le 16 novembre 2011. Donc en gros, l’idée c’est que si tu tombes malade, c’est de ta faute, du coup BAM on te prend de la thune, parce que bon faut pas charrier quand même, rater le boulot tout ça à cause d’une gastro ou d’une séance de chimio, c’est pas très pro, tu vois.

2. L'homosexualité, contraire à ses valeurs

Le 26 mai 2013, alors qu’il débattait sur BFM TV face à Jean-Luc Roméro, Laurent Wauquiez s’est lancé dans une diatribe contre le mariage homosexuel, grand débat de l’époque. Romero lui demande alors : « Ca veut dire que vous considérez que l’homosexualité est contraire à vos valeurs ? » Et Wauquiez, mal à l’aise, de répondre : « Non, pas du tout… Euh… Oui… Elle l’est… »

Au moins c’est clair : la France, c’est pas un pays de pédés.

3. "L’islam intégriste prend en otage l’islam. (...) Ce sont des thèmes que je connais un peu. Je parle arabe, j'ai vécu notamment en Egypte."

Le 12 septembre 2017 sur France Info, face à Apathie. Plusieurs précisions : déjà, comme ça a été montré dans plusieurs interviews, Wauquiez parle à peine arabe. Sans doute mieux que moi vu que je parle pas arabe, mais pas très bien. Ensuite, c’est quand même d’une bêtise sans nom : si vous voulez, je peux dire que je suis spécialiste de la question catalane, rapport au fait que je parle espagnol pas mal. Allez-y, demandez moi mon avis, je serai ravi de vous le donner, en qualité d’expert parce que j’avais de bonnes notes en LV2.

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4. "Tu sais pourquoi on va gagner ? Parce qu'on a las bolas grosses comme ça !"

Apparemment, Wauquiez parle espagnol aussi. Et c’est sûr de ses grosses couilles, quand il imite Escobar dans Narcos. Plus beauf tu meurs. Mais venant d’un mec qui se décrit lui-même comme un « bad boy » et comme le « Jacques Mesrine de la politique », ça n’étonne plus trop.

5. "On ne peut pas anticiper ce qui n'est pas anticipable, mais on peut prévoir ce qui est prévisible."

Il a dit ça à propos de l’ouragan Irma. Merci pour la tautologie, toujours utile. On a bien avancé avec cette remarque.

6. "Satan n'est pas enraciné dans le mal. Il est d'abord un serviteur de Dieu, puis il a fait le choix du mal. Le mal est dans la vie, inscrit dans notre diversité."

Merci aussi pour ce rappel. Cela dit, on appréciera la logique : le mal fait partie de la vie, chacun peut s’y livrer parfois, mais quand même les assistés et les musulmans ils sont bien bien responsables de ce qu’il se passe en France et c’est eux qu’on va les chasser parce que ce sont des méchants. LOGIQUE.

7. "Je n'accepte pas qu'une religion impose à la République un menu"

Le 30 mars 2015 sur BFM TV, Wauquiez hurlait sur le halal à la cantine, un sujet dont, rappelons le, on devrait éperdument se foutre, mais passons. Mais ce qui est marrant, c’est qu’au Puy-en-Velay, les cantines servent des menus de substitution aux musulmans pratiquants. Donc quel est le problème, exactement, Lolo ?

8. "La question de la différence entre le travail et l'assistanat est aujourd'hui l'un des vrais cancers de la société française"

A l’époque, Wauquiez était ministre aux Affaires européennes et prônait l’établissement d’une contrepartie aux minima sociaux façon TIG, sauf que le travail forcé est interdit mais là encore passons. Peut-être que le mot cancer est un peu fort, non ? On qualifie comment les attentats et la pauvreté, du coup ? De peste bubonique ?

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9. "La France est le seul pays à passer son temps à s'excuser de son histoire"

C’était le 19 avril 2015, et c’était pour déplorer la visite du ministre des Anciens combattants à la commémoration d’un massacre perpétré par les autorités françaises à Sétif. Mais c’est vrai qu’on n’aurait pas dû y aller, après tout, sans nous ils auraient pas eu d’école ou de routes, alors bon ils vont pas gueuler, non plus.

10. "Il faudra dire que les plus riches ne seront pas les seuls bénéficiaires de notre projet. La droite doit s’adresser aux classes moyennes."

Une déclaration relayée par le JDD le 27 novembre 2016 puis reprise dans un tweet par Wauquiez himself. Ou comment crier à la face du monde que :

  • les pauvres, on s’en fout ;
  • le projet de la droite a quand même drôlement l’air de favoriser les riches ;
  • le but, c’est d’obtenir le vote de la classe moyenne.

Un peu d’honnêteté, ça fait du bien, quand même.

11. Quand Wauquiez prête à Merkel des propos qu'elle n'a pas prononcés

Wauquiez commente le discours pro-européen de Macron en affirmant que Merkel l’a désavoué : « Qu’est-ce qui me frappe moi ? C’est la fin de non-recevoir quasi-immédiate, certes polie, mais extrêmement ferme d’Angela Merkel ». Apparemment, Merkel aurait, selon Wauquiez, déclaré à Macron : « Mon jeune ami, avant de faire un discours, on commence par travailler ».

Oupsie, ce n’est pas du tout la position de Merkel, qui a déclaré après : « C’est très positif. J’ai vu dans le discours du président français une bonne base pour permettre à la France et à l’Allemagne de coopérer de manière plus intense à l’avenir ».

OUPSIE.

12. "Je dis ce que j'exprime"

Merci pour l’info.

13. "Le pire, c'est que je crois à ce que je dis"

Oui, c’est vraiment le pire.

Et dire qu’on va l’entendre pendant au moins 5 ans.

Sources : Europe 1, Slate