Il n’y a qu’à lire Quai d’Orsay pour se rendre compte à quel point la diplomatie est une affaire compliquée. Il faut compter avec la susceptibilité de chacun, parler à des hommes pour résoudre des crises régionales ou internationales. Depuis qu’on sait ce que se sont dit Poutine et Sarkozy avant la fameuse vidéo où le Président français semblait rébou, on comprend que l’étiquette est en fait un bon palliatif à la sauvagerie. Et on se dit que l’équilibre du monde ne tient pas à grand-chose.

1. Berlusconi et le bronzage d'Obama

Par deux fois, Silvio-la-classe a fait référence aux époux Obama en soulignant la qualité de leur bronzage (précision pour les extraterrestres qui liront ce top en 2643, Obama est (était, du coup) noir. Devant le tollé soulevé par ses propos, Berlusconi a traité ses détracteurs d’imbéciles et précisé qu’il s’agissait de sa part d’un compliment. Ça n’a pas entraîné l’invasion de l’Italie par les GI, mais Obama n’était plus très chaleureux avec Silvio quand il le voyait au G20.

2. Royal sur Cuba à la mort de Castro

Eloge du castrisme et marasme diplomatique. Ségolène Royal a déclaré lors de son séjour à Cuba à l’occasion des funérailles de Castro : « Il y a toujours du positif et du négatif dans les histoires, mais certains ne vont pas se rhabiller à bon compte au nom des droits de l’homme alors qu’on sait qu’ici, quand on demande des listes de prisonniers politiques, on n’en a pas. Et bien fournissez-moi des listes de prisonniers politiques, à ce moment-là on pourra faire quelque chose. » Evidemment, ces propos ont soulevé un tollé général, en France, en Europe et de la part des exilés cubains, devant la négation des exactions commises par le régime castriste pour faire taire les opposants politiques.

3. L'affaire Abdellatif El Hammouchi

En 2014, désinformées par un petit dealer, les autorités policières françaises concluent que le chef de la DGST marocaine, Abdellatif El Hammouchi, est complice d’actes de torture. Des escouades entrent sans ménagement à la résidence de l’ambassadeur du Maroc en France en vue de l’arrêter, ce qui a provoqué une spectaculaire crise diplomatique entre les deux pays. Evidemment, c’était du grand n’importe quoi. L’informateur, un certain Adil Lamtalsi, avait pour preuve de ses dires une vidéo truquée montrant des actes de torture (simulés) s’étant prétendument déroulés dans les sous-sol de la DGST. Hollande et toute la diplomatie française ont dû présenter leurs excuses sur fond de manifestations scandalisées.

4. Carter en Pologne

En 1977, alors qu’il rencontre ses homologues polonais, Jimmy Carter donne un discours. L’interprète se plante lorsque le Président américain parle des désirs des Polonais pour l’avenir ; il traduit la phrase par « Je désire les Polonais sur le plan charnel ». Par la suite, ce même traducteur ajoute que ce séjour en Pologne est appelé à durer puisque Carter « a abandonné définitivement son pays. » Enfin, il gaffe en taxant par erreur la constitution polonaise appelée de ses voeux par Carter de « ridicule ». Le traducteur a, par la suite, été viré.

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5. Fillon et le Québec

En 2010, François Fillon a eu la bonne idée d’agrémenter sa visite au Québec d’une référence à ce « pays ». Depuis le « Vive le Québec libre », les Canadiens ont tendance à ne pas prendre la chose à la légère. L’Etat a dû présenter des excuses officielles pour cette boubourde.

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6. Le prince Philip et les aborigènes

Le Duc d’Édimbourg, en visite en Australie, est amené à rencontrer des aborigènes. Il ne trouve rien de mieux que de leur demander s’ils continuent à s’attaquer à la lance. L’homme d’affaires aborigène qui lui sert d’interlocuteur lui répond simplement que non. Et tout le monde se fout de la gueule de Philip.

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7. Les coquelicots de Cameron en Chine

En 2010, David Cameron était encore Premier ministre de Grande-Bretagne. En visite en Chine, lui et sa délégation portent à la boutonnière un coquelicot, une tradition britannique pour rendre hommage aux morts de la guerre. Sauf qu’en Chine, le coquelicot est associé à l’opium, une drogue qui a occasionné deux guerres entre… l’Angleterre et la Chine à la fin du XIX° siècle, toutes deux gagnées par les Anglais. Les autorités chinoises exigent donc que les Anglais retirent lesdits coquelicots, mais Cameron refuse. Pagaille.

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8. Les discussions d'Obama et Sarkozy sur Netanyahu

Lors du sommet du G20, en 2011 à Cannes, Nicolas Sarkozy et Barack Obama échangent librement sur Benjamin Netanyahu. Au menu : « Je peux pas le saquer » ; « C’est un menteur » ; « Et encore, moi je me le tape tout le temps ». Sauf que les micros captent la discussion, qui finit par filtrer quelques mois plus tard. Le contenu de cette discussion n’a pas aidé les négociations impliquant Israël lors de l’assouplissement de la politique américaine sur le nucléaire iranien.

9. Michelle Obama touche la reine Elizabeth

Il existe une règle de protocole tacite selon laquelle la reine d’Angleterre ne peut pas être touchée. C’est comme ça. Elle n’aime pas qu’on la touche, Babeth. On se contente donc de lui serrer la main rapidou.

Sauf que personne n’avait briefé Michelle Obama, qui s’est empressée, lors de leur première rencontre, de mettre son bras autour des épaules de Babeth II comme si c’était une vieille copine. Vieille, oui, copine : non. Les médias anglais se sont scandalisés. Cela dit, au fond, on s’en fout un peu, de l’étiquette britannique.

10. Bush Sr. fait un doigt aux Australiens

Alors qu’il visitait Canberra, en 1992, George Bush Sr., président des Etats-Unis victorieux du communisme, se sentait pousser des ailes. Au détour d’une promenade, il fait un signe de victoire en forme de V à des passants. A jouer les mecs cool, on se plante. C’est que ce signe est l’équivalent d’un doigt d’honneur, en Australie. Ca le faisait bof.

Crédits photo (creative commons) : Domaine public

La diplomatie, c’est un art. Et le protocole, c’est souvent très bête.

Source : Listverse