L’amour est une chose de petite jeune. Le désamour le guette, et son frère la critique, qui devrait être sa soeur, apparemment, puisqu’elle est féminine, mais on dit « son frère », allez savoir. Fascination d’enfant ou d’adolescent pour ces grands rendez-vous, musique, lumières, cohortes de gens. Et tout à coup, on voit. On voit qu’on s’y fait chier. Mais qu’est-ce qui a changé ? Nous, ou l’évènement lui-même ?

1. Burning Man

C’est ça dépense 5000 balles pour aller à un festival chamanique à la con pour « avoir des expériences inoubliables hippies » à 5000 balles, je le répète. Et s’il te reste de la thune sur ton CODEVI, je te conseille de faire un Las Vegas-Delhi direct pour continuer l’expérience chamanique.

Crédits photo (creative commons) : Steve Jurvetson from Menlo Park, USA

2. La fête des Lumières à Lyon

Oh les jolies lumières… On pourrait presque les voir s’il n’y avait pas 10000000 de personnes qui marchaient lentement partout en faisant du bruit.

Crédits photo (creative commons) : Fulvio Spada from Torino, Italy

3. La nuit blanche

Génial ! On peut aller écouter un concert dans une piscine municipale, choper la mauvaise humeur dans la queue interminable et des mycoses dans le pédiluve. Génial, on peut aller voir une expo d’art brut moche à la Halle Carpentier et essayer de se souvenir des raisons qui nous ont poussé à rester en vie.

Crédits photo (creative commons) : Piero d'Houin

4. Noël depuis que mamie est partie au ciel avec les anges

C’était toujours elle qui faisait les meilleurs cadeaux. Depuis son grand voyage, maman est toute bizarre et papa n’arrête pas de crier qu’il faut arrêter le Lexomil. Cette année, pour Noël, j’ai demandé au père Noël de la bonne humeur à la maison.

5. Mon anniversaire depuis que j'ai plus d'amis et que mes parents sont morts

En fait, ils sont morts précisément le jour de mon anniversaire. Alors du coup, j’ai plus trop le coeur à fêter mes 30 ans. Surtout que mes amis sont partis à ma 6ème année de dépression. Mon coeur a déménagé, quoi.

Source photo : Giphy

6. Le festival du bout du monde

2000 : YES ! Un petit festival pas trop blindé.

2015 : YES ! 700.000 personnes dans une odeur mélangée de Kro tiède, de pieds, et d’haleine de Bernard Lavilliers.

Crédits photo (creative commons) : Thesupermat

7. La fête de la musique

Ca te dirait de te mettre une mine en semaine pour oublier la nullité des groupes qu’on écoute ? Ca te dirait de boire de la mauvaise bière sous la pluie en regardant une batucada distribuer des acouphènes ? On pourrait passer une super soirée !

Crédits photo (creative commons) : Thesupermat

8. La Japan Expo depuis que c'est plus avec le Comic Con

Désormais, la Japan Expo ressemble davantage au métro de Tokyo dans ses images d’Epinal qu’à un festival de culture japonaise. Mais c’est tellement fun d’être trop serré dans le métro avec plein d’autres gens déguisés en cosplay que ça vaut vraiment le coup. Pas vrai les gars ? Les gars ? Vous êtes où ?

Crédits photo (creative commons) : Lomita

9. Le nouvel an depuis qu'on a arrêté de grandir pour vieillir

Wouhou ! Fêtons la fin d’une bonne année de merde et préparons-nous à une année pire encore ! Faisons la fête en essayant d’oublier que chaque nouvel an nous rapproche inexorablement de la mort et que vu l’état du monde, celle-ci pourrait survenir dès l’année prochaine ! Gé-nial.

Crédits photo (creative commons) : Leandro Neumann Ciuffo

10. Les élections depuis que c'est la crise

Petit, les soirées électorales étaient un genre de grand messe télévisuelle excitante où chacun donnait son avis et où à la fin on perdait presque tout le temps, mais du coup on pouvait se retrouver dans la haine des gagnants. Désormais, les soirées électorales sont des non-évènements dont l’issue est déjà prévue à l’avance, où l’on ne gagne ni ne perd jamais vraiment puisque de toute façon on ne fait que voter par défaut, la faute à un système malade du système des soirées électorales systémiques. J’ai mal à la tête.

Près de 400 journalistes accrédités pour couvrir la soirée électorale du FN

Rien ne se perd, tout se transforme ? N’importe quoi : tout se perd.