Marre des éternels Aretha, Otis, Stevie ou Marvin ? Ras le bol d’entendre pour la millième fois Respect, Superstition, Sex machine ? Pas vraiment convaincu par la nouvelle scène soul des Raphael Saadiq, John Legend ou Ben l’oncle soul ? Il vous faut du vintage ? Du moins connu ? Allez, c’est Noel avant l’heure : le top 10 des chanteurs soul à (re)découvrir.

  1. James Carr: La plus belle voix de la soul (Otis inclu) n’avait qu’un défaut, elle était reliée à un cerveau cramée. Bipolaire, sous antidépresseurs pendant quasiment toute sa carrière, la tête de gondole (aussi au sens littéral du terme) du label Goldwax allait tout de même avoir le temps d’enregistrer la plus belle ballade de la soul musique : "The Dark End of the Street".
  2. Donny Hathaway: Le compagnon discographique de Roberta Flack, qui par son talent de compositeur valait bien le meilleur Stevie, s’est défenestré en 1979 sans qu’on sache trop pourquoi. Il laisse derrière lui le plus bel (quasi-) instrumental de l’histoire de la soul musique : "The Ghetto", à écouter si possible en version live.
  3. Chris Farlowe: Il fout une branlée à Joe Cocker, qui à côté passe pour un castrat, et à Mick Jagger, en faisant du Out of Time des Stones, le numéro 1 des charts anglais en 1966. Le plus grand chanteur anglais, c’est lui Chris Farlowe, et personne d’autre, comme vous pourrez le constater en chialant sur l’incunable "Handbags and Gladrags".
  4. Shuggie Otis: Le fils de Johnny Otis, que les Stones draguèrent pour devenir l’un des leurs, vaut bien Marvin Gaye. Même voix de soie, même don pour les compositions éthérées mais nerveuses (écoutez le parfait "Aht Uh Mi Hed"), mais de manière fort injuste pas vraiment le même succès.
  5. Gill Scott-Heron: Musicien et poète (pour une fois le titre n’est pas usurpé), révolutionnaire et drogué (n’y voyez aucun lien), le grand Scott-Heron mérite mieux qu’être réduit à son « tube » (le mot est sans doute un peu fort et surtout inadapté) "The Revolution Will Not Be Televised", comme le prouve son dernier album I’m New Here.
  6. Allen Toussaint: Le son de la Nouvelle-Orleans, c'est-à-dire d’une des dix villes les plus musicales et musiciennes du monde, lui est en grande partie dû, comme le prouvent ses productions pour les Meters ou Doctor John, mais aussi ses propres enregistrements.
  7. Joe Bataan: Le roi de la soul Latino du Spanish Harlem des années 60. Rythme chaud et entêtant, voix de velours, cuivres caressants, compos parfaites (What Good Is a Castle). Que demande le peuple ?
  8. OV Wright: La plus poignante version du très beau gospel Motherless Child. La première et indépassable version du That’s How Strong My Love Is (repris ensuite par les Stones et Otis Redding). L’indépassable OV Wright.
  9. Vigon: Un chanteur français dans les 10 chanteurs soul à redécouvrir ? Oui, mais pas n’importe lequel. Vigon, un des rares chanteurs non-anglophones signé sur Atlantic, est tout simplement le meilleur interprète du fantastique Harlem Shuffle.
  10. Geno Washington:Pas la meilleure voix, pas le meilleur groupe, pas les meilleures chansons (pour celles qu’il composait), Geno Washington n’en reste pas moins une légende de la scène Mod (les Dexy’s Midnight Runner ont écrit en son hommage un très beau Geno). A écouter en live pour palper les ambiances délirantes de la Northern Soul.

Et vous, vous en voyez d'autres ?

Top écrit par EBR, topiteur souliste

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