Les réseaux sociaux ont créé des monstres d’égocentrisme. Et Instagram avec ses « stories » n’a fait qu’aggraver les choses. L’ère des photos muettes et statiques permettait une certaine décence. Mais depuis qu’on a la capacité de se filmer pendant quelques secondes et de le publier immédiatement, le respect est mort. Et enterré. Très très très profond.

1. Quand tu filmes ta bouffe

Quel est le projet ? Vraiment ? Nous faire rager parce qu’on sait que la seule chose qui nous attend à la maison, c’est notre vieux tupperware de pâtes mi-cuites, mi-pourries ? C’est ça ? Parce qu’on le sait que ce n’est pas toi qui a cuisiné ces merveilleux plats de falafel donc à part pour te la péter à mort, on voit difficilement l’intérêt de filmer ta bouffe.

2. Tes placements de produits tout pétés que tu n'utilises même pas

Bon. Pour réussir à te faire rémunérer en jouant les panneaux publicitaires vivants, il faut d’abord que tu acquières une certaine notoriété. Et pour ce faire, on te propose de te lancer dans une carrière de stars de la télé-réalité. Attention, c’est un métier qui demande bien des compétences, notamment celle d’être capable de sacrifier ta dignité sur l’autel de la superficialité. Tu peux le faire. Et surtout n’oublie pas, dès que tu es devenue célébrissime et que tu peux enfin jouer les gros vendus, choisis des produits bien nazes que tu pourras refiler à des jeunes de 13-14 ans. C’est le plus bénéfique.

Source photo : Giphy

3. Tes vacances de fou pendant qu'on pourrit au bureau

Surtout quand tu filmes des paysages paradisiaques alors qu’on frôle l’hypothermie. Et on a beau se mettre devant ta story et s’imaginer qu’on y est en se forçant très très fort à visualiser le ciel bleu et les plages de sable blanc, l’écume de cette mer bleue turquoise qui échoue sur le rivage et le vent doux et chaud qui nous caresse… On est toujours en train de se geler les fesses, vissé sur notre siège de bureau à attendre le moindre micro minuscule rayon de soleil.

4. Ta moitié et votre bonheur dégoûtant qui suinte de partout

Au restau, dans votre petit lit douillet, avec votre chat tout moche, vous vous filmez partout. À croire que vous n’avez plus rien à vous raconter. On en a marre d’être témoin de vos effusions malaisantes et de vos démonstrations d’affection super gênantes. L’idéal, ce serait que vous arrêtiez de vous aimer et que vous vous sépariez une bonne fois pour toute… ça nous semble être la seule solution pour stopper le massacre. Ou alors vous ne vous filmez plus et vous restez juste entre vous. C’est peut-être plus raisonnable.

Source photo : Giphy

5. Toi en train de faire semblant de réviser, personne n'est dupe

Là on touche vraiment le fond. Ça fait sept fois que tu retapes. Tu n’as jamais appris une leçon par cœur de ta vie. Et pourtant, tu t’obstines à vouloir faire croire à ton entourage que tu es un « work addict ». On te reconnaît facilement dans la vraie vie. Niché dans un coin de la bibliothèque en train de mater une série, tu n’en branles pas une. Et pourtant, sur Instagram, on pourrait aisément penser que tu es le prochain major de ta promo’. Looseur.

6. Tes sondages à la con pour savoir quelle robe/quelle chemise tu vas porter ce soir

Déjà que par message, on a tendance à esquiver ce genre de question sans intérêt. Là, tu l’imposes à l’ensemble de tes contacts Instagram ou SnapChat. Vraiment pas cool. Plutôt que de saouler tout le monde avec tes interrogations d’une futilité sans nom, tu ne veux pas plutôt pousser tes amis dans leurs retranchements à base de problématiques existentielles pertinentes ? Hein ?

7. Tes potes bourrés en soirée dont le QI frôle le sol

Selon le théorème de l’alcool, plus tu bois, plus tu es con. (Oui, c’est assez simple). Mais sache que lorsque tu brandis ton téléphone en soirée et que tu filmes tes petits camarades à leur insu -les humiliant salement par la même occasion- puis que tu publies vos exploits, c’est plus souvent un sentiment de gêne intense qui s’empare de tes abonnés Instagram que de l’admiration face à la pertinence de vos esprits enivrés. Boire c’est mal.

8. L'effet "boomerang" : non tu n'es pas stylé.

Le principe est simple : une petite vidéo d’environ une seconde qui va d’avant en arrière. Et ce, éternellement. L’angoisse à l’état pur. Oui cela paraît plutôt évident au vu du nom de cet « effet ». Resque tu en abuses clairement et qu’on n’a pas besoin de te voir quinze fois manger des pâtes en mettant la fourchette dans ta bouche de manière extatique sans interruption. Personne ne bouffe comme ça. Personne.

Ci-dessous : la seule vraie façon d’avaler un plat de spaghettis.

Source photo : Giphy

9. Les stories de reusta qui font des tours en jet privé : allez crever

Que tu mènes une vie de rêve où tu côtoies les hautes sphères de la société, c’est une chose. Que tu nous en fasses part quotidiennement, c’en est une autre. Non clairement, on préférerait voir les stars en train de galérer à passer l’aspirateur dans leur petit loft de 200mètres carrés plutôt que pendant qu’ils se pètent le bide dans des restaurants trois étoiles. Et à la question : « Êtes-vous de gros rageurs ? » La réponse est OUI. Voilà, voilà…

10. Les gros plans de ta tronche au réveil et le déroulement de ta matinée dont on se contrecarre

On est au niveau 25 000 de l’absence d’intérêt pour ta story. C’est à dire qu’à choisir entre la regarder inlassablement toute l’éternité et brûler en enfer, le choix est très très vite fait.

11. Et enfin : LA NEIGE. OUI IL NEIGE. ON A COMPRIS

Oui la neige, c’est beau, c’est blanc et du coup, on pense à Noël. Sauf qu’on est en FÉVRIER et que ça fait un mois qu’on est revenu périmer dans nos bureaux donc, par pitié, arrêtez avec vos vidéos. On en peut plus. Et de toute évidence, vous allez rapidement regretter de vous être émerveillés devant ces erszatz de pistes de ski quand vous vous vautrerez lamentablement sur les trottoirs glissants.

Si jamais, dans ta vie, tu as eu la maladresse de publier de telles vidéos, on te pardonne parce qu’on est gentil. Par ailleurs, ce top a été écrit par quelqu’un qui ne sait pas utiliser « Instagram » : la rage est présente.