foule
Crédits photo (creative commons) : James Cridland - Montage Topito

Marcher dans la rue en criant des trucs très fort qu'on ne comprend pas toujours c'est aussi aller au devant de ce genre de personnages. Parce qu'il y ait 10 000 personnes ou 1 million dans le cortège, eux, vous êtes sûr de les croiser.

  1. Celui qui veut "juste rentrer chez lui en voiture"
    Et qui a visiblement oublié qu'il y avait une manif monstre prévu dans son quartier. Alors il alterne entre "c'est pas possible" et "moi je fais comment ?". Après avoir klaxonné 2-3 fois pour partir la tête haute, il fait demi-tour en faisant ronfler le moteur et en marmonnant un truc que personne n'a vraiment entendu.
  2. Celui qui demande toutes les deux minutes "putain mais combien on est ?"
    En essayant de se mettre sur la pointe des pieds pour voir la taille du cortège devant et derrière. Etre là c'est bien, mais sentir qu'on fait partie intégrante avec ses petits pieds et son poing levé d'un évènement historique, c'est encore mieux.
  3. Celui qui cherche absolument quelqu'un dans le cortège
    Et qui a donc donné rendez-vous à un pote en plein milieu. Il lève la main et il dit "tu me vois là ?". Quand ils se retrouveront sur la fin de la manif après s'être cherché 3 heures, ils concluront que "c'était quand même un moment vachement fort et qu'il fallait en être".
  4. Suivi par celui qui gueule surtout parce qu'il n'y a pas de réseau
    Organiser un truc, c'est bien, mais il serait question de mettre les moyens bordel ! On est au 21eme siècle et la liberté d'expression, elle passe d'abord par pouvoir faire savoir qu'on y est et live-tweeter l'évènement. Sinon ça sert à quoi de faire des selfies ?
  5. Celui qui veut lancer une chanson mais ça ne marche jamais
    "Je suis...". Raté. "Je suis...". Re raté. On a bien un début de "liberté" mais aucune suite avec "d'expression". Il n'est pas invisible bien entendu, mais il lui manque un truc. C'est le même qui se sent un peu humilié lorsqu'on son voisin de cortège avec sa grosse voix arrive à lancer un chant en gueulant une seule phrase.
  6. Celui qui trouve que "c'est mal organisé" et qu'"il aurait pas fait comme ça"
    C'est le même que celui qui parle à sa télé pendant un match de foot pour discuter les choix de l'entraîneur. Là il n'aurait pas pris ce parcours là et trouve que les slogans ne sont pas assez percutants. L'avantage c'est qu'une manifestation, c'est que c'est grand et qu'on peut vite le semer.
  7. Celui qui fait TOUTES les manifs
    Etre ensemble, tout le temps si possible, c'est génial. Surtout quand tu te sens un peu seul. On voit donc qu'il a révisé cette manif avant de venir, pas un slogan ne lui échappe. Mais il choisit pourtant ses moments pour chanter, il sait rationaliser ses efforts et il a donc souvent logiquement une petit gourde avec lui. Il sait qu'une bonne manif c'est un effort de 5 à 10 kilomètres, alors il gère.
  8. Celui qui a 8 ans et qui a mal aux pieds, qui a faim et soif
    Alors qu'il n'est visiblement parti que depuis 5 minutes. On avait hésité avant de l'emmener, les premiers pas nous confirment que c'était pas l'idée du siècle.
  9. Celui qui est sur le côté, qui applaudit et dit "bravo ! bravo"
    On ne sait pas trop pourquoi il ne marche pas avec les autres, mais en tout cas il est d'accord. Des fois il fait un signe du pouce pour montrer que "tout ça c'est super". C'est le même qu'on retrouve souvent sur le bord des routes du Tour de France. C'est ça son truc, voir la vie qui passe devant lui et contempler. C'est déjà pas mal.
  10. Celui qui va a contre sens en ayant l'air agacé
    Il ne défile pas, "oh non merci". Il est juste là au mauvais moment. Alors pour montrer sa désapprobation, il pousse son caddie de courses en vociférant de très ostentatoires "Pardon ! Merci".

Regardez bien autour de vous, normalement vous les verrez.