L’expatriation c’est ultra chouette, peu d’expatriés ou d’ex-expatriés (les « ex-ex » comme on les appelle dans le jargon) vous diront le contraire. Toutefois, s’il y a foule de blogs sur les bienfaits et les joies de l’expatriation, on a tendance à ne pas parler des trucs relous. Pas forcément gravement relous, mais relous quand même. Finissons-en avec ces tabous. Bout d’ficelle, bout d’ficelle, bout d’ficelle, selle, selle …

1. A force de vivre loin de son pays, on finit par ne plus trop savoir où se sentir chez soi

Les expatriations sont toutes différentes. SANS BLAGUE. Oui mais c’est bien de le préciser. Parce que l’effet « cé ou kel est ma mézon ? » n’arrive pas trop dans le cas d’une expatriation de moins de 2 ans. Généralement ça concerne les expatriations longues ou répétées qui ne permettent plus trop de savoir dans quel pays on se sent le plus chez soi. Un sentiment bien subjectif somme toute qui ne se limite pas au vin rouge et au Cantal Vieux.

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2. On ne s'intègre pas toujours bien dans le nouveau pays en claquant des doigts, ça demande du boulot

QU’on s’expatrie seul ou en couple, avec ou sans enfants, la facilité d’intégration n’est évidement pas la même. On va être plus ouvert aux rencontres en voyageant seul (ou juste en couple à la rigueur) mais il faut se mettre au diapason. Certes la patience est de mise et on ne se dégote pas un nouveau cercle de potes juste comme ça, mais il faut quand même y mettre du sien pour espérer que ça arrive un jour. Ça veut dire apprendre la langue locale, rencontrer des francophones (toujours pratiques pour les premiers conseils et si ça se trouve pour éventuellement trouver des colocataires de piliers de bars) puis se laisser porter par de nouvelles rencontres.

3. Les amitiés sont à géométrie variable

Non pas que durant une expatriation on se fasse des amis « de circonstance » (c’est à dire, faute de mieux), il va de soi que l’amitié ne se force pas ; mais du coup, on n’a pas forcément les amis qu’on veut. Surtout quand on ne parle pas la langue autochtone et qu’on dépend de la communauté francophone. Sans compter le fait que nos amis peuvent aussi être expatriés et ne croiser notre route que pour quelques mois. Bref, les amitiés expatriées sont souvent faites de séparations et de frustrations.

4. Les projets à long terme sont toujours un peu flous

Parce qu’il est rare qu’on s’expatrie pour la vie. Mais alors jusqu’à quand reste-t-on dans ce nouveau pays si on n’a pas de limite dans la durée de notre travail ? Difficile de le dire. Est-ce que le mec ou la meuf que tu as rencontré.e va rester aussi longtemps que toi ? Et si vous faites des enfants ? Et si tu n’as plus de travail ? Bref, l’expatriation suppose un questionnement perpétuel. C’est pas la fin du monde mais faut juste s’y habituer.

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5. Ça arrive parfois que tout simplement la sauce ne prenne pas et qu'on déteste ce nouveau pays d'adoption

S’expatrier en Lituanie ou au Mexique ne demande pas le même sacrifice. Il y a certains pays dans lesquels on se sent mieux que d’autres, ça dépend de notre expérience, notre culture, de notre proximité géographique avec notre pays d’origine, des langues que l’on est déjà capables de parler etc. C’est donc difficile de généraliser, mais je ne doute pas que ceux parmi vous qui ont eu des expériences d’expatriations multiples au cours de leur vie ont eu des préférences.

6. Il faut être vite au taquet sur les lois du nouveau pays

Encore une fois, tout dépend du pays d’accueil mais on ne peut pas prendre ça à la légère. Certains pays condamnent la consommation de drogues ou peut te coller en taule quelques jours parce que tu étais ivre. Ça tombe sous le sens dit comme ça mais tu ne peux pas t’expatrier dans un pays sans en connaitre les lois de bases. Pour les traditions, c’est pareil même si les conséquences sont moins graves. Par exemple, il vaut mieux respecter le ramadan quand on s’expatrie dans un pays musulman (du moins en public).

7. Il va falloir se passer de sa traditionnelle baguette de pain tartinée au beurre

Idem pour le pinard. Idem pour le Saint-Nectaire. Idem pour l’aligot. Idem pour la côte de bœuf (et après tout la liste des plats proposés dans n’importe quel restau auvergnat). Vivre à l’étranger, c’est souvent faire une croix sur les mets traditionnels de son pays. Alors ouf, mondialisation oblige, dans les grandes villes on trouve quand même souvent un peu tout ce qu’on veut donc on ne peut pas parler de souffrance atroce menant au suicide. En revanche, c’est l’occasion de tester tes papilles gustatives et de bouffer un peu autre chose.

8. Accepter de galérer quand tu apprends la langue du nouveau pays

S’expatrier c’est sympa, mais pour bien s’expatrier, c’est mieux de connaître la langue du pays dans lequel tu t’installes et la difficulté n’est pas la même que tu t’installes en Espagne ou en Corée. Quoi qu’il en soit on est souvent frustré d’apprendre une nouvelle langue qu’on mettre des années à parler couramment, et du coup en attendant on se sent un peu débiles parce qu’on sait pas s’exprimer comme on voudrait.

9. Ça ne sert à rien de s'expatrier pour fuir tes problèmes, tu les retrouveras bien assez vite

Non je ne suis pas psychothérapeute ni gourou d’une secte du bien-être donc je vais pas vous pondre une leçon de vie là comme ça au détour du neuvième point de ce top. Toutefois par expérience on sait que l’expatriation peut être une porte de sortie pour fuir des problèmes de famille, d’argent, ou de n’importe quoi. Or, si tu ne règles pas tes problèmes, ils ne vont pas se régler tout seuls donc n’attends pas de ton expatriation qu’elle résolve toutes tes galères, c’est le meilleur moyen de ne pas vivre pleinement ton séjour à l’étranger.

10. Les vacances représentent un vrai dilemme

Tout d’abord parce qu’on n’a pas forcément 5 semaines de congé partout où on vadrouille. Ensuite, parce qu’on est parfois loin, très loin de chez nous. Se pose alors la question de savoir si on voyage dans la région de notre expatriation pour les vacances ou si l’on rentre chez soi retrouver sa famille et ses amis pour un coût généralement plus élevé. Bon courage parce que chacune de ces solutions fera un peu regretter l’autre.

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Allez, pars dans un autre pays ça nous fera de l’air.

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