Nous les adultes on est plutôt bien armés pour faire face à des personnages racistes ou sexistes dans les œuvres de fiction. On est (normalement) capables de juger de ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Pour les gosses, c’est un peu plus compliqué. Si tu leur mets un stéréotype racial devant les yeux ou un personnage problématique avec les femmes dans leurs dessins animés, ils risquent de mal interpréter le truc. Et comme on a pas mal évolué sur toutes ces questions ces dernières années, il serait peut-être temps de dire adieu à certains personnages de dessins animés qui posent problème. Bye bye les horreurs.

1. Pépé le putois de Looney Tunes

Le personnage devait figurer dans le film Space Jam 2, mais il vient d’être supprimé par ses créateurs sous la pression du mouvement #MeToo, et pour cause : Pépé normalisait totalement la culture du viol. Il forçait ses conquêtes féminines à avoir des relations avec lui en faisant usage de la force, ce qui, forcément, ne passe plus en 2021. La décision de le virer peut paraître extrême pour certains, mais il ne faut pas oublier que les dessins animés sont regardés par des gosses susceptibles de reproduire ce qu’ils voient à l’écran. A partir de là, il vaut mieux éviter de leur filer des mauvais exemples.

2. Nicky Larson / Ryo Saeba

C’est simple, on aurait pu créer un #MeToo rien que pour ce perso. Nicky Larson passe son temps à harceler n’importe quelle meuf qui passe à sa portée. Il mate les filles sans complexe, n’en a rien à battre du consentement et a une obsession dangereuse pour le cul. Un forceur puissance max quoi. Alors bien sûr c’est un ressort comique de la série et le gars se fait souvent remettre à sa place par sa coéquipière, n’empêche que ça nous fait vachement moins marrer qu’avant et que c’est pas un super exemple pour les gosses.

3. Pas mal de personnages des anciens Looney Tunes

Il suffit de regarder l’image en dessous pour comprendre pourquoi ces vieux dessins animés ont bien eu besoin de se remettre en question. Avant, les gars avaient beaucoup moins de scrupules à utiliser des gros clichés racistes : les personnages avaient un gros nez, des grosses lèvres bien rouges et un sourire niais. C’est comme ça que les blancs se moquaient des esclaves noirs en Amérique, et ça n’a bien entendu pas sa place dans un dessin animé (ni ailleurs). On a beau se dire que c’était il y a longtemps, ça fait quand même bizarre de revoir ces images.

4. Les corbeaux dans Dumbo

On reste sur le thème du cliché racial avec les corbeaux de Disney qui sont eux aussi un concentré de stéréotypes racistes. Ils passent leur temps à rire, à fumer et à chanter du jazz, exactement comme étaient représentés les afro-américains à l’époque. Disney continue de diffuser Dumbo aujourd’hui, mais avec un message d’avertissement, et on peut être certain qu’ils ne créeront plus jamais de personnages dans ce goût-là.

5. Johnny Bravo

Johnny Bravo, c’est un grand blond musclé qui passe son temps à courir après les meufs et à faire le forceur pour qu’elles sortent avec lui. Le genre de mec qui entend « peut-être » quand une femme lui dit « non ». Du coup, on comprend très bien pourquoi on ne pourrait plus créer un personnage de ce genre aujourd’hui. Pourtant, pendant un épisode, Johnny se réveille dans la peau d’une femme et comprend ce qu’elles vivent au quotidien… avant de redevenir un gros beauf.

6. Les Siamois archi clichés dans Les Aristochats

Vous vous souvenez forcément de Tout le monde veut devenir un cat et du passage où on voit des chats siamois avec des yeux bridés, des grandes dents, des baguettes chinoises dans les mains pour jouer du piano. Est-ce qu’il faut vraiment expliquer en quoi c’est raciste ? Pas sûr que Disney se risque à nouveau à mettre ce genre de clichés ambulants dans ses films.

7. Triton dans Ariel la Petite Sirène

Le roi Triton c’est LE daron surprotecteur qui pense qu’il a le droit de décider avec qui sa fille peut se maquer ou non. Forcément, le débat divise : oui, c’est bien de protéger ses enfants, mais c’est aussi hyper sexiste d’étouffer sa fille et de lui interdire d’aller vers les garçons. Bon, heureusement, le papa finit par se rendre compte qu’il a légèrement abusé sur la fin, ça sauve un peu son image.

8. Les Power Rangers

On sort un petit peu du cadre des dessins animés, mais comme les Power Rangers sont destinés aux gosses, on va les mettre dans le même sac. Là, le problème est évident une fois qu’on l’a pointé du doigt : dans les Power Rangers, le ranger noir est un noir, la ranger jaune est asiatique, et le ranger blanc est souvent présenté comme le meilleur de la bande. Niveau racisme, on se place plutôt pas mal. On peut ajouter à ça le fait que la ranger rose est souvent une fille toute mignonne et bien « girly » histoire d’ajouter un peu de sexisme à tout ça. Du coup, il ne faut pas supprimer les Power Rangers, mais il faut peut-être revoir un peu la distribution des rôles.

9. Les personnages de Hé Arnold !

C’est quoi le problème ici ? Après tout, Arnold est gentil, loyal et intelligent, tout va bien non ? Oui, mais son pote Gérald, qui est noir, est le stéréotype du sportif toujours avec un sweat de sport sur le dos, pendant que Phoebe, leur copine asiatique, est le profil type de l’élève studieuse et intelligente. Désolé mais c’est raciste.

10. Francine du dessin animé Arthur

Dans Arthur, il n’y a a priori aucun problème : tous les animaux vivent ensemble et sont tolérants les uns envers les autres. Oui, mais il y a un mais. La copine d’Arthur, Francine, est un singe, ainsi que ses parents. Et la famille de Francine est pauvre. Francine et sa sœur sont obligées de partager une chambre (ce qui n’est le cas d’aucune autre fratrie dans le dessin animé), et leur père est éboueur, ce qui fait honte à Francine. Si on ajoute à ça le fait que Francine se retrouve avec une coupe afro sur la tête pendant un épisode, on n’a plus trop de doutes sur le parallèle qui est fait entre la famille des singes et les afro-américains dans le dessin animé. C’est chaud.

Et si vous trouvez qu’on abuse, allez voir les polémiques débiles sur des dessins animés, là c’est vraiment con.