A part donner son nom aux morts connes des Darwin Awards, Charles Darwin a aussi été le premier à comprendre comment fonctionnait l’évolution des espèces, notamment avec la sélection naturelle. En gros, dans les espèces, il y a des individus qui naissent avec des petites modifications génétiques dues au hasard, et si ces modifications sont utiles, ils vont plus facilement se reproduire et les transmettre à leur descendance. A l’inverse, si t’as une modification pourrie, comme avoir 18 jambes, t’as moins de chance de survivre et de te reproduire, donc ta mutation ira à la poubelle. Aujourd’hui, on a l’impression d’être les êtres humains parfaits, au summum de l’évolution, mais pas du tout ! L’évolution continue, et certains groupes d’humains présentent des modifications génétiques plus ou moins utiles. Ce sont des mutants, en gros.

Ps : Vous qui lisez cet article, vous avez peut-être des mutations tellement petites que vous ne les voyez pas et que ça n’influencera jamais l’évolution de l’espèce. Genre le pouvoir de vomir après seulement 2 pintes, ce qui est très nul mais qui ne vous empêchera pas non plus de vous reproduire.

1. Les Tibétains sont génétiquement adaptés à l'altitude

Une mutation ADN leur a permis de ne pas subir le mal des montagnes. Ce changement serait apparu il y a 8000 ans, ce qui semble énorme mais qui est juste avant-hier dans l’histoire de l’évolution. Ce qui est marrant, c’est que les Chinois qui vivent dans la même région n’ont pas eu ce petit cadeau génétique, probablement parce qu’il y a eu peu de mélanges entre les deux peuples (ou pas assez pour que le gène se diffuse chez les descendants).

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2. Notre prononciation des mots a évolué il y a pas si longtemps et pourrait encore changer

Et là, vous vous demandez quel est le rapport avec l’évolution et la génétique, et on va vous le dire. Les scientifiques pensent que notre alimentation peut faire évoluer la façon dont se placent les mâchoires. Par exemple, ils estiment que c’est le passage à l’agriculture et à une alimentation plus « molle » (par rapport à la viande crue, par exemple) qui nous aurait permis de prononcer les sons « f » et « v » en modifiant peu à peu la forme de notre bouche. Du coup, si demain notre alimentation changeait du tout au tout, et ce pour longtemps, certaines personnes avec une mâchoire différente s’adapteraient peut-être mieux et transmettraient leurs gènes mutants. Peut-être qu’un jour on aura une nouvelle sonorité dans notre langage, genre « kjrl ». Qui sait ?

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3. Un peuple indonésien peut tenir 13 minutes en apnée grâce à l'évolution

C’est le peuple des Bajau, qu’on ne connaît pas trop ici mais qui sont d’excellents plongeurs. Et leur particularité, c’est que l’évolution leur a donné une très grosse rate (oui c’est toujours drôle de dire ça). Et la rate, elle est utile en plongée parce qu’elle se contracte pour augmenter le nombre de globules rouges dans le sang (les globules qui transportent l’oxygène jusqu’aux muscles). Bref, les mecs défoncent tout le monde en concours d’apnée, et sans forcer.

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4. Le cannibalisme a rendu une population de Papous résistants à une maladie

Avant, le peuple des Fores mangeait ses défunts (il « mangeait ses morts », oui). Les femmes et les enfants prenaient le cerveau, et les hommes mangeaient la chair de leurs proches décédés. Seulement, les femmes et les enfants mourraient d’une maladie appelée « kuru », un sale truc comme la maladie de la vache folle, qui finit par ramollir le cerveau des malades. Bref, au milieu du 20e siècle, la pratique a été interdite, et les maladies ont cessé. Jusque là, rien à voir avec la génétique. Seulement, on constate aujourd’hui que le peuple des Fores, hommes comme femmes, a développé une résistance au kuru grâce au cannibalisme de leurs ancêtres. Mieux encore, ils résistent aussi à la maladie de Creutzfeldt-Jakob (la fameuse vache folle), et du coup ils sont devenus très utiles pour la médecine.

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5. Un os du genou disparu depuis longtemps est de retour

On l’appelle la « fabulla », c’est un tout petit os situé derrière le genou et dont on ne connaît pas bien l’utilité. On sait qu’il était présent chez les primates et chez les premiers hommes mais qu’il a quasiment complètement disparu (parce que devenu inutile dans l’évolution) avec le temps. Seulement, depuis le 20e siècle, on a remarqué qu’il était revenu en force. En 1918, seul 11% de la population avait la fabulla, contre 38% en 2018. On ne sait pas encore pourquoi cet os est revenu, même si notre mode de vie plus riche qu’il y a un siècle pourrait être un début d’explication.

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6. Les Inuits seraient plus résistants au froid grâce à un gène issu de l'homme de Denisova

L’homme de Denisova est une autre espèce humaine, et comme ils ont sûrement existé en même temps que l’homo sapiens, on pense que les Inuits sont issus en partie de cette espèce et qu’ils ont hérité d’un gène leur permettant de résister à de très basses températures. Enfin, plus précisément, deux gènes : TBX15 et WARS2. Et ils les auraient plus récemment transmis à d’autres populations dans le monde suite à des brassages, mais en bien moindre proportion. S’ils pouvaient nous les injecter directement dans notre ADN pour qu’on paie moins de chauffage l’hiver, on dirait pas non.

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Si le sujet vous intéresse, voilà quelques trucs étonnants sur la génétique et un top des chiens qui ont le plus changé avec le temps.