Si en Italie on mange bien de la pizza, ce n’est pas le cas des fajitas au Mexique. Attention, on ne jette pas la pierre aux Mexicains, hein, des recettes qui ne viennent pas du pays que l’on croit, il y en a des tas et ça sert les restaurateurs qui s’en servent de plats d’attrapes-touristes. Et qu’on retrouve dans les restos italiens des spécialités pas du tout italiennes, et pareil dans les restos chinois, japonais, autrichiens ou que sais-je. Mais bon, là on parle du Mexique donc on va recentrer le propos.

1. Les fajitas

Les fajitas sont issues de la cuisine tex-mex et constituent donc des inventions américaines. Vu le tourisme américain à Vera Cruz et Acapulco, il faut bien reconnaître que les taquerias se sont mis à en vendre dans les attrape-touristes, mais on ne verra jamais un vrai Mexicain manger ça ; il mangera une quesadilla, lui.

2. Le chili con carne

Le plat le plus typiquement mexicain du monde dont Columbo raffole (désolé si vous avez moins de 80 ans et que vous n’avez pas la ref) n’est pas mexicain mais originaire du Texas. Deux théories concurrentes s’affrontent quant à l’invention de ce plat. Selon la première, il s’agirait d’un ragoût tout simple auquel un Allemand aurait ajouté un peu de piment dans le San Antonio des années 1900. Selon la seconde, il s’agirait de prisonniers mexicains incarcérés au Texas qui auraient cherché à recréer la nourriture qu’on leur servait en prison une fois libérés. Dans tous les cas, c’est aux US que ça se passe.

3. La Margarita

Alors là c’est un tout petit peu plus compliqué, mais vous allez voir pourquoi c’est pas mexicain mexicain. En gros, pendant la prohibition, qu’ont fait les patrons de bars américains ? Ils sont allés ouvrir des bars au Mexique. Et c’est là qu’une barmaid ou un barman américain.e (les versions divergent) décida de fabriquer un Daisy cocktail, très populaire à l’époque, en y remplaçant le brandy par de la tequila. En tous les cas, c’est bien une boisson d’américains en vacances.

4. Les bières au citron

Allez savoir pourquoi les barmen vous servent des Corona (ouch j’ai dit le mot interdit) accompagnés d’un bout de citron vert. Personne ne fait ça au Mexique. Si vous commandez une Corona, bah vous aurez une Corona. Pas une Corona et du citron. La même chose prévaut d’ailleurs pour le tequila paf que l’on s’envoie ici en Europe mais qui n’a aucune existence légale au Mexique.

5. Le Tabasco

Si le nom Tabasco désigne bien une région mexicaine dont sont d’ailleurs tirés plusieurs piments qui entrent dans la composition de la sauce, la marque Tabasco, elle, est bien américaine. La sauce a été inventée en 1868 en Louisiane par Edmund McIlhenny (c’est une invention que l’on doit à la guerre de Sécession) et a connu un essor national puis international au fil des années.

6. Les sopaipillas

C’est à cause ou grâce à l’influence américaine que les sopaipillas sont devenus synonyme de « beignet mexicain » pour à peu près tout le monde. En réalité, ce plat typiquement pré-colombien était très courant dans l’ensemble du monde indigène sud-américain et on estime aujourd’hui que son origine est plutôt andine (chilienne ou péruvienne). La version mexicaine des sopaipillas serait une sorte de mix entre la recette ancestrale et les pratiques culinaires états-uniennes.

7. Les chips tortilla

C’est à Los Angeles que les chips tortillas ont été inventées, au début des années 40. En réalité, elles sont une sorte de reproduction industrielle des totopos, des sortes de morceaux de tortillas plus grands et plus épais et surtout moins cronch cronch sur lesquels on mettait de l’avocats (et tout un tas d’autres trucs).

8. Les Pepito

Contrairement à ce qu’on pourrait penser parce qu’il a un chapeau mexicain et qu’il est habillé comme un Mexicain dans Lucky Luke, Pepito n’est pas du tout mexicain. C’est un petit personnage utilisé par Belin pour vendre des gâteaux au milieu des années 1960. On dit bien « utilisé » et pas « créé », car le personnage de Pepito a auparavant été le héros d’une bande-dessinée signée de Luciano Bottaro et qui rencontrait un important succès dans les années 50.

On nous ment.