« Le trafic de drogue c’est mal ». Si ce genre de phrases est souvent répété et admis, c’est quand même compliqué de le sortir à un baron de la drogue à la tête d’un cartel hyper-violent sans trembler de la mâchoire. Parce qu’au cas où vous l’ignoreriez, généralement c’est pas les plus tendres de la bande ceux qui dirigent ces organisations. On va donc voir ensemble les cartels les plus flippants, puissants et impitoyables d’Amérique Centrale et d’Amérique du Sud, bien qu’en général ils soient principalement basés dans deux pays, le Mexique et la Colombie.

1. Le cartel de Medellin (Colombie)

Commençons évidemment par l’un des plus célèbres puisqu’il s’agit du cartel initialement créé par plusieurs personnes dont Pablo Escobar. Extrêmement actif dans les années 80, le cartel de Medellin (nom de la ville dans laquelle il est créé) est à la tête du marché de la cocaïne dans le monde : 90% aux USA et 80% en Europe qui génèrent des revenus hallucinants allant jusqu’à 420 millions de dollars par semaine.

C’est entre 1984 et 1989 que le cartel de Medellin connaît son apogée en terme de violence. Plusieurs facteurs provoquent différents bains de sangs, le premier étant la radiation d’Escobar de la Chambre des députés qui décide de livrer une guerre ouverte contre le gouvernement colombien résultant par des actes terroristes et des assassinats divers (journalistes, militants, civils, représentants politiques…). Ne reculant devant rien, le cartel entre également en conflit avec le cartel de Cali (aucun lien avec le chanteur, enfin j’ai pas vérifié mais j’imagine) que nous allons découvrir de suite.

Crédits photo (Domaine Public) : Colombian National Police

2. Le cartel de Cali (Colombie)

Le cartel de Cali tient également son nom de la ville dans laquelle il est basé en Colombie et est créé dans les années 70. À sa tête on retrouve les frères Rodriguez Orejuela et même si ce cartel est moins célèbre, il était considéré à l’époque par la DEA (l’agence fédérale américaine qui combat le traffic de drogue) comme beaucoup plus puissant que celui de Medellin. Ce qui provoque cette particularité d’après eux est que le cartel a la mainmise sur toute la ville de Cali et des infiltrés dans chacune de ses artères, notamment des gens influents en politique et en affaires.

Là où le cartel de Cali diffère de celui de Medellin qui « aidait » les populations des bidonvilles, c’est dans le « nettoyage social » qu’il a opéré. Prostituées, petits criminels, enfants des rues, sans-abris et homosexuels étaient alors assassinés par le cartel qui avait formé des « groupes de nettoyage » et scandait le slogan « Cali propre, Cali belle ». Les corps étaient jetés dans la rivière Cauca, surnommée « rivière des morts » par la suite. À l’intérieur de sa propre organisation, on disait que le cartel tuait également ses propres jeunes membres qui commettaient des erreurs.

Dernier point sur ce cartel, il a largement participé à l’assassinat et la traque de Pablo Escobar. Il a en effet collaboré avec la police colombienne et même financé les recherches matérielles pour capturer ce dernier. Lorsque Pablo Escobar est assassiné, les policiers responsables ont tous eu une prime d’un million de dollars de la part du cartel de Cali.

Crédits photo (Domaine Public) : F3rn4nd0

3. Le cartel de Guadalajara (Mexique)

Direction de Mexique avec l’un des cartels les plus influents des années 80, celui de Guadalajara, dirigé par Miguel Ángel Félix Gallardo alias « le chef des chefs ». En terme d’activité, celui-ci était aussi basé sur le trafic de cocaïne et de marijuana, qu’il importait aux États-Unis et dans toutes la région de Mexico. Si le cartel a été aussi prospère pendant des années, c’est parce qu’il était en partie protégé par la DFS (direction fédérale de la sécurité du Mexique) après en avoir corrompu de nombreux membres.

Tortures, meurtres, kidnappings, personnes enterrées vivantes, règlements de comptes brutaux… Plusieurs affaires sanglantes gravitent autour de ce cartel, notamment l’assassinat de l’agent Enrique Camarena, membre de la DEA, qui provoquera en partie la chute du cartel après une réaction des USA dans la guerre contre celui-ci. Lorsqu’il est finalement démantelé, plusieurs branches de cette organisation deviennent d’autres cartels tout aussi connus : Sinaloa, Juárez et Tijuana que nous allons également aborder.

Crédits photo (Creative Commons) : Mexican government

4. Le cartel de Juárez (Mexique)

Dirigé par Amado Carrillo Fuentes, dit le « seigneur du ciel », le cartel de Juárez a été l’un des plus influents du Mexique. Pour cause, il est le premier cartel a avoir acheté sa propre banque afin de blanchir son argent (pas con) et possédait sa propre armée paramilitaire composée en partie de policiers en activité et d’anciens agents du même corps. Vous voulez savoir comment le cartel était encore plus intouchable ? Parce qu’il avait comme allié le général mexicain responsable de la lutte contre la drogue.

En terme de violences, le cartel de Juárez est réputé pour la façon dont il exposait les corps de ses victimes, afin de servir d’exemples et d’instiller la peur. La torture et la décapitation des rivaux étaient aussi un moyen de s’attirer la crainte des ennemis. Le cartel est également plusieurs fois en guerre contre celui de Tijuana et de Sinaloa et à la mort de Carillo une guerre interne extrêmement sanglante éclate afin de lui trouver un successeur.

Crédits photo (Domaine Public) : US gov

5. Le cartel de Sinaloa (Mexique)

Après l’éclatement du cartel de Guadalajara, c’est près de la moitié de celui-ci qui forme le cartel de Sinaloa. Présent dans une grande partie de l’Amérique du Sud et d’Europe, il est l’un des cartels les plus importants au monde et est codirigé par le fameux « El Chapo ». Après avoir gagné une guerre extrêmement sanglante contre le cartel de Juárez, celui de Sinaloa est considéré comme le plus gros du Mexique, employant différents gangs afin d’asseoir son pouvoir.

Si on compte la totalité de son effectif avec celui du cartel du Golfe, on estime à pas moins de 100 000 hommes armés dans les rangs de cette organisation, ce qui en fait encore à ce jour le plus important cartel en activité. Une fois de plus, les liens internes de corruption avec la police et l’armée mexicaine en font une organisation difficile à démanteler. Réputé pour torturer et tuer ses propres livreurs de drogues qui perdent leur marchandise ou prennent trop de retard dans leur mission, le CDS continue, 32 ans après sa création, de terroriser le Mexique.

Crédits photo (Domaine Public) : Takinginterest01

6. Le cartel de Tijuana (Mexique)

Dirigé par la famille Arellano Félix (7 frères et 4 soeurs), le cartel de Tijuana n’est pas une petite entreprise familiale comme les autres puisqu’elle est considéré comme l’une des organisations les plus violentes de l’histoire du Mexique. En 2002 on estimait déjà à plus de 1000 le nombre de victimes de l’organisation, réputé pour sa cruauté et certaines tueries de masses.

En 1993, le gang tue le cardinal Juan Jesús Posadas Ocampo dans une fusillade. Si certaines personnes pensent qu’il s’agit d’un accident provoqué par une balle perdue, d’autres croient qu’il s’agit d’un meurtre délibéré. L’affaire amène la lumière sur le cartel dans le monde, puisque tuer un homme d’église est un acte retentissant. Entre guerres et alliances avec celui de Sinaloa, le cartel de Tijuana est encore actif aujourd’hui au Mexique et se montre toujours aussi violent.

Crédits photo (Domaine Public) : Moe Epsilon

7. Le cartel du Golfe (Mexique)

Le cartel du Golfe, situé dans le golfe du Mexique (assez logiquement) est puissant de manière indépendante mais aussi grâce à son affiliation avec le cartel de Sinaloa. Il est l’un des plus anciens cartels dont la création remonte aux années 70. Pas seulement réputé pour le trafic de drogue, ce cartel est connu mondialement pour effectuer des kidnappings et des assassinats à travers le monde, son activité s’étendant bien au delà du Mexique.

Il connait son apogée dans les années 90 lorsqu’il fait appel à une milice privée du nom de Los Zetas pour faire ses affaires de manière extrêmement violente. Cette collaboration se terminera par une énorme guerre entre les membres de Los Zetas (qui deviendront un cartel à part) et ceux du cartel du Golfe. Cette guerre aura provoqué de nombreux morts et des fuites de populations dans certaines petites villes devenues vides pendant leurs règlements de compte.

Crédits photo (CC BY-SA 4.0) : BaptisteGrandGrand

8. Le cartel de Los Zetas (Mexique)

À la base, Los Zetas était un groupe d’une trentaine d’anciens soldats des forces armées mexicaines qui avaient déserté pour devenir l’armée privée du cartel du Golfe. Après le gros clash contre ce cartel, Los Zetas est devenue une entité autonome intervenant dans de nombreuses activités : trafic de drogue, police auto déclarée de villes, assassinats… Ce qui rend ce cartel particulier et effrayant est qu’il connait, du fait de son entrainement militaire, les techniques que son ennemi pourrait envisager pour le démanteler.

Le gouvernement américain considère d’ailleurs en 2013 le groupe comme le plus « avancé technologiquement, le plus entraîné en techniques paramilitaires, le plus dangereux et le plus tactique » du Mexique. Il occuperait plusieurs centaines petites villes et se seraient même implanté au Guatemala, usant de techniques militaires pour occuper un endroit et en garder le contrôle. Los Zetas est aujourd’hui encore en activité et on lui attribue plusieurs massacres ayant fait des centaines de victimes.

Crédits photo (CC BY-SA 4.0) : BaptisteGrandGrand

9. Le cartel de Jalisco (Mexique)

Depuis 2018 et sa fusion avec celui de Tijuana, le cartel de Jalisco est considéré comme le plus dangereux et puissant au monde, volant la première place de celui de Sinaloa. Il entre d’ailleurs dans la liste des « cinq groupes les plus dangereux du monde ». Ce cartel créé en 2009 gère presque deux tiers du trafic de drogue aux USA et est, de toute cette liste, celui qui montre le plus de brutalité dans sa résistance contre la police et l’armée (dont il a déjà descendu des hélicoptères).

Le cartel est célèbre pour ses exécutions sauvages, le nombre de ses victimes et les multiples massacres (dont je vous passe les détails) dont il est l’auteur. On compte des milliers de civils et des dizaines de policiers tués par le cartel, ainsi que des juges et de nombreux militaires. Une prime de 10 millions de dollars pèse sur la tête de son chef Nemesio Oseguera Cervantes « El Mencho » pour celui qui serait assez fou pour s’y attaquer.

Crédits photo (Domaine Public) : United States Department of State

Vous pouvez également aller voir les criminels qui sont devenus super riches et les organisations mafieuses les plus flippantes du monde, ça fout un peu les jetons quand même.

Sources : DrugAbuse, American Addiction Center.