« T’es enceinte ? Mais c’est géniaaaaal tu vas être parfaite en maman et puis tu verras c’est que du bonheur hahahahahahahahatuezmoi »

Voilà le genre de phrases enjouées que l’on entend quand on a l’idée saugrenue d’annoncer sa grossesse. Mais est-ce vraiment si génial la vie avec un petit bébé ? Est-ce qu’on ne nous la ferait pas à l’envers avec toute cette histoire de maternité ? La journaliste Renée Greusard se penche sur ces tabous dans un ouvrage aussi drôle que passionnant Choisir d’être mère : tout ce qu’on ne vous a pas dit sur la parentalité.. Un livre qui se met entre toutes les mains qu’on ait des enfants ou non, qu’on en veuille ou pas. C’est avant tout une réflexion menée avec brio sur le rôle attendu des mères dans notre société et le bordel sans nom que représente notre vie avec ce nouveau coloc qui pleure, qui vomit et qui chie dans ton ben.

Toutes les infos sur le livre en bas de ce top !

1. On flippe beaucoup sur l'accouchement mais on oublie de flipper sur ce qui arrive juste après : l'enfant

Comme le rappelle très justement Renée Greusard, il y a autant de maternités possibles qu’il y a de femmes « Il n’y a pas d’égalité face à la maternité. C’est un pays dans lequel nous arrivons chargées de ce que nous sommes. De notre enfance. De nos parents. De nos peines. De nos joies. De nos traumatismes. De nos besoins. De nos rigidités. De nos souplesses. De nos tempéraments. »

Donc il ne s’agit pas de dire « hey les zouzes, la maternité c’est comme ça que ça se passe » mais plutôt de se préparer à l’idée que la maternité, ce n’est pas un épanouissement quotidiennement renouvelé où bonheur rime avec joie de vivre (ça rime pas du tout, vous êtes nuls en français ou koua ?). Plus on sera informés sur tout ça, mieux on sera préparé à cette vie nouvelle.

2. Même prendre une douche ça va devenir une galère

Un nourrisson demande une attention constante. Il dort beaucoup certes mais il se réveille aussi beaucoup. Il est très difficile de le laisser sans surveillance. Alors vous me direz « ouiiii mais ça va on est deuuuux tout va biiiiien ». Haha. Bah oui mais non parce que le congé du co-parent, bien qu’il ait été rallongé à 28 jours, n’a rien d’égalitaire avec le congé maternité donc le plus souvent tu te retrouves solo à devoir gérer un truc qui nécessiterait l’attention de plusieurs personnes.

Tu te retrouves à ne plus avoir le temps de rien faire, ni prendre une douche, ni te faire un repas digne de ce nom. Voilà pourquoi il y a plein de vrais services qu’on peut rendre aux jeunes parents comme faire des courses ou préparer une semaine de repas à l’avance dans le frigo.

3. Les cris de bébé ça rend fou (tout le monde)

D’emblée il faut faire une distinction qu’on oublie trop souvent : le bébé ne pleure pas, il crie. Je reprends ici la citation d’un pédiatre qui s’exprime à ce sujet dans le livre « Un enfant crie en moyenne 2 heures par jour. Il faut bien que ces cris existent quelque part et parfois c’est la nuit. Les bébés qui ne sont pas pris dans les bras crieront, eux, quatre heures… Un bébé ça crie et c’est normal » Ce sur quoi on est moins préparé c’est notre capacité à supporter ce son strident biologiquement calculé pour nous faire agir.

D’autant plus qu’on ne peut pas le laisser pleurer pépouze, du moins les six premiers mois. Période durant laquelle l’OMS recommande de dormir avec le bébé dans la chambre. Alors oui ces cris sont difficiles et peuvent te faire craquer, sache qu’il n’y a aucune honte à aller poser son bébé dans son lit et à sortir de la pièce pour souffler un coup c’est même vivement recommandé pour ta santé mentale !

4. Non tu ne seras pas une mère parfaite (et même que ça n'existe pas)

Tu avais beau avoir un paquet de principes d’éducation avant de rejoindre toi-même la team des parents, sache que tu feras beaucoup de compromis avec toi-même. Tu te planteras (souvent), tu ne vivras pas forcément les choses comme tu avais prévu de les vivre, bref c’est normal il n’y a rien de programmé laisse-toi porter, à la fin tu vas forcément finir par t’en sortir (et non ce ne sera pas parfait tu te prends pour qui d’abord ?).

5. "La nuit de Java" un concept bien moins sympa qu'il en a l'air

Vous pensiez que le pire serait l’accouchement ? FAUX. Le pire arrive généralement une ou deux nuits après, ça porte même un nom : la nuit de Java. Avec l’excitation post-accouchement tu n’as quasiment pas dormi depuis 24 heures. Tu es donc super méga ultra crevée lors de cette deuxième nuit (ou troisième nuit, c’est pas une science exacte). De son côté, c’est justement à ce moment-là que le bébé est en mode pump it up et choisit de ne pas dormir DU TOUT. C’est le baptême de feu.

Pourquoi c’est important d’en parler ? Déjà pour se préparer à vivre un événement harassant qui est souvent mal vécu par les jeunes mères désemparées qui pensent qu’elles sont nulles alors qu’elles sont juste au bout du roll’s. Comme le rappelle Renée Greusard, il était de tradition avant de rester les premiers jours auprès de la mère et du bébé, de ne jamais les laisser seuls mais aujourd’hui les maternités n’acceptent pas toujours que les co-parents restent dormir.

Alors C’EST PAS GRAVE, il ne faut pas hésiter une seconde à solliciter les infirmier·es et puériculteur·ices du service. Tu auras peut-être peur de souler au bout de la 40e fois, mais tout ce joli monde est là aussi pour ça, et surtout ils ont l’expérience (et moins de pics d’hormone que toi).

6. Quoi que tu fasses, on va forcément te souler avec l'allaitement

Si de nombreuses études tendent à dire que l’allaitement au sein est le meilleur choix pour le bébé (l’OMS recommande même l’allaitement au sein exclusif durant les 6 premiers mois), il est possible que tu en te sentes pas à l’aise avec cette pratique qui peut se révéler parfois douloureuse (coucou les crevasses, ouch). Si c’est choisi, aucun problème bien sûr et de nombreuses mères gardent des souvenirs heureux de ce geste, mais jamais ô grand jamais un allaitement au sein ne doit être subi.

7. Ne pas dormir peut vraiment entraîner une dépression

Comme le rappelle Renée Greusard, l’absence de sommeil est plus rapidement dangereuse pour la santé que l’absence de nourriture. Vous pigez comment ce « petit » problème de pleurs d’enfants risque de devenir infernal si on ne s’organise pas de manière à récupérer comme on peut.

Pour mieux appréhender ce décalage de rythme entre toi et le bébé il est utile d’en connaître l’explication. En réalité le sommeil du bébé est calé sur 25 heures (et non 24 heures comme nous autres gens civilisés). Et figurez-vous que c’est le bébé qui a raison. Le rythme de 25 heures est en réalité celui avec lequel on a longtemps vécu.

Avant l’arrivée de l’électricité dans les foyers on faisait par exemple des sommeils biphasés : on se couchait avec la tombée de la nuit, on se réveillait vers minuit puis on entamait notre deuxième nuit vers 2h. Finalement c’est notre rythme de sommeil qui perturbe le bébé (naturellement habitué à dormir comme il veut dans le ventre de sa mère) et non l’inverse.

8. Il est possible que tu aies des phobies d'impulsion et ça fout les miquettes

Les phobies d’impulsion qu’est-ce que c’est ? En gros tu imagines l’espace d’un quart de seconde que tu jettes ton bébé par la fenêtre ou autre chose d’absolument abominable. Les jeunes parents sont totalement flippés d’avoir ces images ne serait-ce qu’une micro-seconde mais en réalité elles sont normales.

En Suède on les appelle même « tvangstankar » (« pensées forcées »). C’est un peu comme un rêve éveillé qui se justifie par la crainte tellement énorme de faire du mal à son bébé que notre cerveau se construit un scénario horrible justement pour contourner cette peur. C’est tout simplement un mécanisme de protection et d’empathie. Rassure-toi, tu ne penses pas réellement à balancer ton bébé par la fenêtre.

9. Oui tu pourras trouver ton bébé moche (et c'est pas grave)

Déjà parce que les bébés peuvent avoir tout un tas de maladies bénignes mais qui les rendent peu ragoûtants (gerboss cette roséole), mais aussi parce que de la même façon qu’on peut mettre du temps à aimer son propre bébé, on peut mettre aussi du temps à le trouver aussi charmant qu’on l’imaginait.

Là encore il ne faut pas paniquer, il est très courant de considérer ce truc bizarre comme un élément étranger qui tape l’incruste dans votre couple et se comporte un peu comme une « attention whore ». Patience, avec le temps votre colocation finira par bien se passer.

10. Le corps humain met du temps à se remettre d'un accouchement

On voit ce moment comme l’aboutissement ultime mais le traumatisme que subit le corps met du temps à s’apaiser (là encore pas de règles ça dépend de chacune). Certaines parlent d’une sensation de pesanteur dans le bas-ventre par exemple, les problèmes d’incontinence urinaire sont aussi monnaie courante, les problèmes de dos (du fait de porter son enfant et parfois d’un mauvais positionnement lors de l’allaitement) et on garde le meilleur pour la fin : la première fois que tu vas faire caca après l’accouchement, ça peut s’apparenter à un second accouchement. YAY. Vive les suppos pour limiter la douleur.

A ceci s’ajoute l’impression que notre corps ne nous appartient plus. Et de fait, ce corps a changé. Peut-être que tu ne retrouveras jamais vraiment ton corps « d’avant » mais en réalité c’est normal, ton corps a fait un truc DE OUF ça ne peut pas passer totalement inaperçu.

11. On peut se sentir seule, très seule, totalement seule

« Le congé maternité ? Trop le bon plan vacances ! »

HAHAHAHAHAHAHA. Alors c’est génial comment on a encadré par la loi la solitude des jeunes mères. Certes on l’a dit, le congé paternité de 28 jours est déjà une petite victoire. Mais on est loin d’être égaux… Les co-parents se retrouvent à aller bosser, sont jaloux de ne pas voir davantage leur bébé tandis que la mère confrontée uniquement à son bébé jalouse son conjoint qui a retrouvé une vie sociale « normale ». Sans compter que cette injustice fait également peser sur les épaules des mères la charge mentale à venir comme le dit Renée Greusard « Seule avec notre bébé, nous devenons la personne référente, celle qui sait mieux. Le congé maternité fait de l’enfant notre compétence ».

12. C'est une grosse tempête pour le couple

Là encore je vous rassure ce n’est pas systématique mais encore une fois, plus on s’y prépare mieux on s’y confronte. C’est pire qu’enfoncer une porte ouverte que de dire que l’arrivée d’un enfant perturbe les couples. Ce serait même très bizarre si ce n’était pas le cas. Le désir, l’envie de partager des moments juste à deux, la capacité à reprendre des rapports sexuels tout en douceur, toutes ces choses peuvent foutre un sacré bordel donc je vais prendre le soin de ne vous apporter aucune solution ici.

Une pensée pour les 700 000 femmes qui accouchent chaque année en France, BIG UUUUUUP.

Prix : à partir de 19.9 chez Decitre