Alors oui, sur le papier, comme ça, ça a l’air plutôt sympathique, comme une petite tradition désuète au charme suranné. Ou un tout nouveau festival hyper branché qui jouerait sur les codes du vintage. Eh bien déso pour la fausse joie, ça n’a rien de tout ça. Mais si vous vous apprêtez à accoucher prochainement, vous nous direz quand même merci après avoir lu cet article. Et rien ne vous empêche de le lire en musique si ça vous chante.

1. Ça n’a rien d’une java

Ou alors dans le sens bien tordu de « on va te faire ta fête, saleté de maman », par des loubards qui t’attendent en embuscade dans les fourrés. La légende raconte que la seule façon de faire taire les cris du bébé c’est de crier « Jean-Castex » 3 fois d’affilée, moment où son hologramme apparaît pour intimider le bébé en lui faisant comprendre que la bamboche, c’est terminé. Sinon, dans des contrées moins tordues que la France, on parle tout simplement de syndrome de la seconde nuit.

2. Elle arrive la 2e ou 3e nuit après la naissance du nouveau-né

C’est le moment où il commence à s’agiter et à beaucoup solliciter sa mère. Bon alors, vous nous direz, est-ce que cette sollicitation s’arrête un jour ? Bien sûr que non, et ce, même une fois que le nourrisson est devenu parent à son tour et continue de solliciter sa mère pour garder sa propre marmaille. Mais pour en revenir à notre nuit de java, on vous parle d’une sollicitation plus… tonitruante. Sortez les boules Quies.

3. Juste avant, le bébé a dormi comme un ouf

Le piège c’est que juste après la naissance, il dort énormément. Il a donné tout ce qu’il avait pour sortir de l’utérus et arriver dans le monde réel où il découvre ses sens qui se mettent en éveil. Donc après ce mini Koh-Lanta, il va récupérer pendant 12 à 36h en général. Là, vous ne vous sentez plus, bien sûr : « Ah mais attends, qu’est-ce qu’ils ont tous à râler avec leur bébé, c’est fastoche en fait, il dort tout le temps ! ». Sauf qu’une fois que la petite créature a bien pioncé et se réveille la gueule enfarinée à la recherche de la bouffe et de toutes les explications sur ce monde dans lequel vous l’avez expulsée, c’est là que vous prenez cher.

4. La mère et le bébé sont dans des mood complètement opposés

La mère n’a pas du tout dormi la nuit précédente puisqu’elle est encore tout excitée par ce qui vient de se passer mais aussi pas mal sous pression vu ce qui vient de lui tomber sur la tronche. Elle souffre donc du fameux syndrome de Steeve Urkel : « C’est moi qu’ai fait ça ?! » (lecteurs n’ayant pas été biberonnés aux séries TV dans les années 90, sorry pour la ref).

Pendant que vous êtes en extase devant cette incroyable créature que vous avez réussi à fabriquer, ladite créature roupille allègrement. Vous voyez venir la chute ? Eh ouais, voici venu le moment où vous allez payer. C’est quand vous vous décidez enfin à dormir après un gros coup de fatigue, une chute des hormones et tout le contrecoup de l’accouchement, que votre bébé entame les festivités ou plutôt… « la java » (avec en guise d’accordéon des cordes vocales bien aiguisées et une playlist très monotone faite de cris stridents).

5. C’est là que le principe de succion se met en place

Comme vous l’avez maintenant compris, le nouveau-né, après s’être bien reposé, a surtout bien la dalle. Sauf que jusqu’ici, on peut dire que ça lui tombait dans le bec sans problème, directement relié qu’il était au buffet campagnard via son cordon ombilical, en avalant de-ci de-là un peu de liquide amniotique. C’est donc un tout nouvel apprentissage du fonctionnement de sa bouche qui va se mettre en place et le petit filou va se montrer particulièrement gourmand, pour ne pas dire vorace. Car bien souvent quand on parle bébé et petite enfance, le premier à se lasser de ce petit jeu de la tétée (ou du biberon) toutes les heures, spoiler alert, ça ne sera pas lui…

6. Il y a plusieurs façons de calmer le nourrisson

On vient de parler boustifaille et succion (aussi bien pour le côté nutritif qu’apaisant) mais généralement, dès qu’on le prend dans ses bras ou en peau à peau contre soi, ça va quand même nettement mieux niveau décibels dans la chambre. Vos deux missions seront donc de nourrir le bébé et de le protéger des stimulations extérieures : néons criards, odeurs d’hôpital, bruits en tout genre, l’air de rien c’est assez violent pour quelqu’un qui a passé des mois et des mois à faire des galipettes, pépère dans son petit liquide amniotique bien au chaud.

7. C’est complètement normal. Et le savoir permet de mieux s’y préparer

Loin de nous l’idée de vous faire flipper. Bien au contraire. Mais les mères qui n’auront pas été prévenues vont vite se sentir désemparées, sans solutions et assez rapidement basculer du côté obscur de la force. Vous le voyez venir, ce moment où on se sent trop nulle, qu’on pense qu’on n’y arrivera jamais, tout ça tout ça ? Un peu comme si vous étiez en pleine mer, beaucoup trop loin de la rive, sur le point de vous noyer, alors qu’en fait vous êtes juste quelque part près du Mont Saint-Michel en pleine marée haute et qu’en principe, il suffit de connaître les horaires des marées pour ne pas se laisser piéger…

8. Faites en sorte de ne pas être seule à ce moment-là

Demandez à ce que le co-parent puisse dormir avec vous dans la chambre, même si c’est sur une vieille chaise pas ouf. En général les maternités peuvent vous garder votre enfant quelques heures, le temps que vous vous reposiez un peu. On vous conseille aussi d’anticiper au maximum en vous reposant la première nuit (oui on sait, vous ne le ferez pas car… « C’est moi qui ai fait ça ?!?!! » Mais, nous on aura fait notre part). Essayez aussi de limiter les visites les premiers jours car encore une fois, ça fait beaucoup de choses à encaisser pour la crevette qui vient d’arriver sur la terre ferme.

En gros, il y a peu de chance que vous échappiez à cette fameuse nuit de java mais maintenant que vous êtes bien préparées, on sait que vous allez assurer. Au pire, vous viendrez nous raconter vos petites anecdotes en commentaire ? On sera solidaire, promis !

PS : on vous conseille de lire ce formidable livre de Renée Greusard qui parle à merveille de cet événement horrible cocasse.

Prix : à partir de 19.9 chez Decitre