Oyez, amateurs d’affaires indécentes, d’immoralités abjectes et autres scandales politiques. Vous avez bien fait de vous arrêter ici, puisque les cours royales de notre chère Histoire de France sont fournies en histoire déshonorantes de cet acabit. Sans plus attendre, donc, voilà 7 scandales bien choisis qui feraient pâlir d’envie n’importe quel rédacteur de chez Closer.

1. L'affaire de la tour de Nesle

Tout se passe en 1314, à l’époque où le roi de France est Philippe IV le Bel. Philippe le Bel, il avait trois fils (Louis, Philippe et Charles) et une fille (Isabelle). Le scandale, c’est qu’un jour Isabelle a révélé à son papa que ses trois frères avaient été faits cocu par leurs épouses respectives. En gros, les trois belles-filles du roi auraient chacune trompé leur prince. Deux des adultères auraient eu lieu dans la tour de Nesle, d’où le nom de l’affaire. Et si à d’autres époques de l’Histoire de France il était normal d’avoir des amants, ça passait très mal pendant le règne de Philippe le Bel. Du coup, le roi a fait emprisonner ses belles-filles et a condamné leurs amants à la torture et à la mort. Comme ça, sans sourciller. La lignée de Philippe le Bel s’éteindra seulement quelques années après le scandale, en partie à cause de ces emprisonnements. C’est moche.

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2. Henri III et ses mignons

Non, il ne s’agit pas d’un nouvel opus de Moi, Moche et Méchant avec des petits bonhommes jaunes (vous l’avez ?), mais de l’histoire des rumeurs concernant les préférences sexuelles du roi Henri III. Le monsieur avait eu des tas de conquêtes féminines à la cour, suite à quoi sa maman Catherine de Médicis et son épouse lui avaient demandé de lever un peu le pied. Seulement, c’est finalement le côté efféminé d’Henri III et le fait qu’il soit constamment entouré de jeunes hommes qui amènera le scandale. Tous les opposants du roi ont commencé à se moquer de lui et de ses « mignons » et à les accuser d’être homosexuels. Et autant vous dire qu’au XVIe siècle, on n’était pas très gay friendly. Dans les faits, on ne sait pas si Henri III était homo ou non (et on s’en fout), mais le fait de l’attaquer sur sa sexualité permettait à ses opposants de le décrédibiliser, et ils l’avaient bien compris.

Crédits photo (Domaine Public) : AnonymeUnknown author

3. L'affaire du collier de Marie-Antoinette

On avait déjà parlé de cette affaire dans le top des plus grandes arnaqueuses de l’Histoire, mais pas du scandale qui en avait découlé à la cour de Louis XVI. C’est un peu long, alors on va procéder par étapes.

L’affaire : EN GROS, un joailler avait créé un collier ultra luxueux que lui avait commandé Louis XV pour Madame du Barry, et il s’était endetté pour ça. Problème : Louis XV meurt avant d’avoir acheté le collier, et le joailler se retrouve avec le truc sur les bras. Toujours endetté, il essaie de le refourguer à Louis XVI pour qu’il l’offre à Marie-Antoinette, mais le couple royal refuse parce qu’ils n’ont pas assez de thunes. C’est là qu’intervient Jeanne de Valois, une fille vaguement noble qui arrive à s’incruster à la cour. Là, elle comprend qu’un certain cardinal en froid avec Marie-Antoinette ferait tout pour revenir dans ses bonnes grâces. Jeanne de Valois décide donc d’imiter l’écriture de Marie-Antoinette et d’écrire au cardinal pour lui faire croire qu’en échange d’un service, il deviendrait son pote. Le service, c’est d’acheter le collier qu’elle voudrait acquérir et d’être remboursé en plusieurs fois. Le cardinal accepte, croyant prêter de l’argent à Marie-Antoinette, mais le jour de la transaction, Jeanne de Valois fait venir une prostituée sosie de la reine. Le cardinal n’y voit que du feu, file le collier d’une valeur de 1,6 millions de livres à la prostituée, et se fait donc escroquer sans le savoir.

Les conséquences : Les remboursements ne venant pas, le cardinal et le joailler finissent par aller se plaindre à la (vraie) reine qui leur apprend qu’elle n’a jamais envoyé de lettres et n’a jamais voulu acheter le collier. Gros coup de massue. Le cardinal est envoyé en prison à la Bastille, mais la cour le prend très mal et critique Marie-Antoinette, jugée beaucoup trop sévère. C’est le scandale. Le cardinal sera finalement jugé par le Parlement qui l’acquittera, et c’est Marie-Antoinette qui perdra le plus dans cette histoire puisque tout le monde trouvera ridicule le fait qu’on ait pu usurper son identité aussi facilement. En plus, alors qu’elle n’avait rien fait, l’opinion populaire l’associera malgré elle à cette histoire d’escroquerie. Humiliation totale. Certains disent encore aujourd’hui que cette affaire pourrait avoir une mince responsabilité dans le déclenchement de la Révolution Française. C’est fou.

Crédits photo (Domaine Public) : D’après Jean-Baptiste André Gautier-Dagoty

4. Le Parc aux Cerfs de Louis XV

Ce qu’on appelle le « parc aux cerfs » est une partie du château de Versailles construite à l’emplacement d’un ancien parc servant à la chasse. Dans cet endroit du château, le roi Louis XV avait pour habitude de rencontrer des jeunes filles pour des parties de jambes en l’air. Sa maîtresse principale, Mme de Pompadour, était parfaitement au courant et fournissait elle-même les jeunes filles. Bref, c’est elle qui arrangeait les rendez-vous discrets, et tout allait bien comme ça.

Seulement, l’opinion publique commence à critiquer ces rendez-vous. Parce que même s’il était accepté que le roi ait des aventures, le côté « secret » du Parc aux cerfs a fini par alimenter tous les fantasmes. On disait que de TRÈS jeunes filles étaient arrachées à leurs familles pour satisfaire les « passions immondes » du roi. En réalité, il s’agissait de jeunes bourgeoises de plus de 13 ans (ouais, à l’époque 13 ans c’était ok) qui étaient souvent ravies de pouvoir coucher avec le roi parce qu’elles en tiraient certains bénéfices, dont un bon paquet de thunes. Mais, pour les gens, le roi était juste un gros dégueulasse qui préférait baiser que de s’intéresser aux vraies affaires royales, et ça a pas mal entaché sa crédibilité.

Crédits photo (Domaine Public) : Armand-Vincent de Montpetit

5. L'affaire des poisons

Le prochain scandale, c’est un scandale à la cour de Louis XIV. La classe. En gros, entre 1678 et 1682, à Versailles et à Paris, il y a eu des histoires de sorcellerie et d’empoisonnements dans la noblesse. Tout le monde commençait à paniquer, alors le roi a dû prendre des dispositions comme l’interdiction de la sorcellerie et la mise en place d’une vraie chasse aux empoisonneurs. Ça s’est terminé avec plusieurs condamnations, comme celle de la marquise de Brinvilliers qui avait empoisonné sa famille pour s’octroyer l’héritage, ou celle de Jean Hamelin, un valet soupçonné d’avoir tenté d’empoisonner le roi lui-même. Au final, une trentaine d’exécutions et une trentaine de condamnations à l’exil ont eu lieu avant que le scandale ne s’éteigne enfin. On doit pas être hyper serein quand on ne sait jamais si la prochaine gorgée sera la dernière.

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6. Les soupers de Philippe d'Orleans

Celui qui a assuré le rôle de régent jusqu’à la majorité de Louis XV a eu sa part de scandale. Philippe d’Orleans préférait vivre au Palais-Royal plutôt qu’à Versailles, et il y organisait régulièrement des « soupers » secrets qui finissaient en orgie. Comme souvent lorsque les choses se passent en secret, les rumeurs circulaient énormément sur ce qui se déroulait à l’intérieur du Palais-Royal, et tout le monde prêtait au Régent les pires actes de débauche, dont une relation incestueuse avec sa propre fille aînée. Un pamphlet de l’époque disait même : « Et ce prince admirable passe ses nuits à table, En se noyant de vin auprès de sa putain. » Bref, le gars avait gagné une sale réputation pas forcément méritée.

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7. La folie de Charles VI

Celui qu’on appelait le « Bien aimé » a fini par gagner le surnom du « Fou » parce qu’il avait, effectivement de graves soucis psychologiques (probablement d’ordre schizophrénique). En 1392, la chose est devenue impossible à nier quand Charles, âgé seulement de 24 ans, a été pris d’un accès de folie et s’est attaqué à ses propres hommes, en zigouillant quatre, ainsi qu’à son frère qui a heureusement réussi à se protéger. Après ça, il a alterné entre les périodes de lucidités et les crises de folie, de plus en plus difficiles à cacher à la cour. Pourtant, malgré ça, Charles VI est toujours resté roi, ce qui a fait grincer pas mal de dents à l’époque.

Crédits photo (Domaine Public) : Jean Perréal