On aime les escrocs doués parce qu’ils sont intelligents et qu’ils nous donnent l’impression que n’importe qui est capable de niquer le système. Mais dès qu’on parle d’escrocs, on a tendance à ne parler que de mecs, alors qu’il y a toujours eu de grandes arnaqueuses capables de mettre au point de bonnes grosses arnaques. En voilà 7 qui méritent d’être connues. Même si elles ont fait des trucs terribles et honteux à leurs semblables, elles l’ont fait avec beaucoup d’audace, et ça c’est beau.

1. Elizabeth Holmes

Elizabeth Holmes a été condamnée début janvier 2022 pour avoir mis en place la plus grande escroquerie de la Silicon Valley. Et si vous voulez mon avis, c’était bien mérité. À l’âge de 19 ans, elle avait fondé la société Theranos qui promettait de réaliser des tests sanguins complets à bas prix grâce à une technologie révolutionnaire. Son idée a plu et ça lui a permis de lever plus de 700 millions de dollars de la part d’investisseurs. Problème : la technologie « révolutionnaire » n’a jamais réellement fonctionné et Theranos faisait sous-traiter les analyses par d’autres labos. En plus de ça, l’entreprise a manipulé les résultats de certains tests pour qu’ils apparaissent plus cohérents. Ce petit manège n’a duré qu’un temps, et les dirigeants de Theranos ont fini devant le juge puis Elizabeth Holmes a été condamnée pour escroquerie envers les investisseurs.

Crédits photo (CC BY 2.0) : Photo by Max Morse for TechCrunch TechCrunch

2. Anna Sorokin

Le 11 février 2022, Netflix sortira « Inventing Anna », une série basée sur l’histoire d’Anna Sorokin, une des plus grandes arnaqueuses du 21e siècle. L’histoire d’Anna Sorokin, c’est celle d’une fille de famille russe exilée en Allemagne qui a voulu changer d’identité et de mode de vie. En 2013, Anna a 23 ans et arrive à Paris pour un stage dans un magazine de mode. Elle en profite pour changer son nom en Anna Delvey et pour s’inventer une nationalité allemande. À partir de là, elle va dans toutes les soirées huppées, se fait un réseau et part à New-York. Sur place, elle étoffe sa fausse identité et se fait passer pour une riche héritière, participe à toutes les grosses soirées en se faisant toujours inviter par des gens (vraiment) riches qu’elle promet de rembourser. À ça, elle ajoute un faux projet de galerie d’art contemporain pour lequel elle arrive à emprunter des dizaines de milliers de dollars. Bien sûr, elle dépense tout en hôtels et en soirées et finit par se faire gauler en 2017. Pendant son procès, Anna a continué son petit jeu des apparences en payant une styliste pour l’habiller avec des fringues de luxe, ce qui ne l’a pas empêchée d’être condamnée à 4 ans de prison et 250.000 dollars de remboursement aux victimes. Mais Anna n’est pas bête, alors elle a bien négocié les droits de son histoire avec Netflix, ce qui lui a permis de bien s’y retrouver niveau thunes. Je sais pas pour vous, mais j’ai bien hâte de voir la série pour avoir tous les détails de l’affaire.

3. Tania Head la survivante

Le 11 septembre 2001, deux avions se crashent dans les Tours Jumelles du World Trade Center. Peu de temps après, les victimes survivantes se réunissent dans des groupes de soutien. Tania Head fait partie de ceux-là. Elle deviendra même présidente d’un des groupes et multipliera les apparitions dans les médias pour témoigner et raconter son histoire, ou posera aux côtés du maire de New York pour l’inauguration du Tribute WTC Visitor Center en 2005. Mais si je vous parle de Tania Head ici, vous vous doutez bien qu’il y a un hic. Le hic, c’est que Tania Head n’a jamais fait partie des victimes du 11 septembre. Pire encore, elle n’était même pas aux Etats-Unis au moment du drame mais à Barcelone. Peu à peu les éléments de ses témoignages ont commencé à sonner faux, des détails ne collaient pas, et Tania a fini par se faire démasquer en 2007 par un journal barcelonais qui a pu prouver qu’elle était en cours à Barcelone pendant les attentats. Après ça, Tania Head a fait croire qu’elle s’était suicidé, ce qui était encore faux. J’espère qu’elle a trouvé un bon psy depuis.

4. La fausse princesse aux bouillons cubes

En 2019, deux femmes se font passer pour une princesse des Emirats Arabes Unis et sa servante dans la bijouterie Hermel à Paris. La fausse princesse prétend vouloir acheter plusieurs bijoux à la vendeuse et les fait placer dans un écrin en annonçant que son mari se chargera du virement. Le faux prince passe alors plusieurs coups de fil à la vendeuse pour détourner son attention, pendant que la fausse princesse remplace l’écrin rempli de bijoux par un autre rempli de bouillons cubes Maggi. Oui oui, vraiment. Résultat, la vendeuse, qui ne re-vérifie pas le contenu de l’écrin, n’y voit que du feu et la bijouterie se retrouve délestée d’1,3 millions d’euros de bijoux. Finalement, les arnaqueuses et leur complice se sont fait choper par la police, mais il faut avouer que c’était du génie.

5. Laura Albert aka Jeremiah Terminator LeRoy

En 2000, un bouquin intitulé Sarah, écrit par un mystérieux JT LeRoy, cartonne. Le livre est une autobiographie qui retrace l’histoire de Jeremiah T. LeRoy, jeune garçon séropositif, héroïnomane, travesti et prostitué, ayant grandi avec des parents abusifs. Forcément, une histoire comme ça, ça a beaucoup fait parler. Le petit souci, c’est que JT LeRoy n’existait pas et que la véritable autrice du livre était Laura Albert, une opératrice de téléphone rose un brin mythomane. Et cette chère Laura a commencé à se faire avoir à son propre jeu puisque, JT LeRoy devenu célèbre, tout le monde a demandé à voir l’auteur en vrai. Elle a alors demandé à sa belle-sœur Savannah Knoop, au physique androgine, de jouer son rôle dans les médias et de prétendre être en train de faire une transition physique pour avoir un corps de femme. La supercherie a duré un temps, puis le New York Times a révélé le pot-aux-roses au monde entier. Ça a été la chute pour Laura Albert, devenue une pestiférée. Un peu moins dur pour Savannah Knoop qui a publié ses mémoires et écrit le scénario du film Jeremiah Terminator LeRoy. Certains retombent mieux sur leurs pattes que d’autres.

Crédits photo (CC BY-SA 4.0) : Kelly Lee Barrett

6. Rose Marks et sa boule de cristal

Au début des années 2010, Rose Marks a été condamnée pour avoir soutiré au moins 25 millions de dollars à ses victimes. Son truc, à cette dame d’une soixantaine d’années ? La voyance. Elle choisissait des personnes désespérées et leur faisait croire que leurs problèmes se résoudraient s’ils lui envoyaient de grosses sommes d’argent. Et elle était douée : l’une des victimes est quand même allée jusqu’à lui filer 17 millions. Si jamais un client voulait récupérer son argent parce que ses prédictions ne s’étaient pas réalisées, elle lui sortait que son argent avait brûlé dans les attentats du 11 septembre 2001 ou que seul l’Archange Michel savait où il était. Bref, la meuf ne manquait pas d’audace. En tout cas, sa petite affaire lui a fait prendre 10 ans derrière les barreaux. Elle aurait peut-être dû se calmer sur les sommes demandées aux clients.

7. Jeanne de Valois et l'affaire du collier de la reine

Née en 1756, Jeanne de Valois était fille d’un père soldat et d’une mère qui se prostituait. Le père était d’ascendance noble lointaine, mais la famille était hyper pauvre. Devenue adulte, Jeanne a épousé un mec de la petite noblesse, mais toujours trop pauvre pour subvenir à ses besoins. Tant pis, Jeanne décide de prendre son destin en main. Vers 1783, elle se pointe à Versailles et réussit à se faire présenter comme une vraie noble, puis devient pote avec un cardinal qui galérait à rentrer dans les grâces de Marie-Antoinette. Là, Jeanne de Valois découvre un moyen de se faire du fric (attention, c’est un peu compliqué). En gros, un bijoutier voulait vendre un collier hyper cher à Louis XVI, mais le roi ne voulait pas car il le trouvait trop cher, surtout que le pays était dans une mauvaise situation financière. Jeanne de Valois a alors fait une fausse lettre signée Marie-Antoinette qui disait au bijoutier qu’elle allait quand même acheter le collier malgré la réponse négative du roi. Puis elle a fait une autre fausse lettre, toujours signée Marie-Antoinette, pour demander au cardinal d’avancer le fric s’il voulait rentrer dans ses grâces. Le cardinal a accepté, et Jeanne lui a arrangé un rendez-vous avec un sosie de Marie-Antoinette à qui il a filé le fric sans se rendre compte de rien. C’est dingue, mais ça a marché. Bon, après, Jeanne de Valois a été arrêtée, on l’a marquée du V de « voleuse » au fer rouge, et on l’a emprisonnée. Mais, quand même, c’était malin.

Crédits photo (Domaine Public) : Élisabeth Louise Vigée Le Brun

Si vous voulez à votre tour devenirs des escrocs, voilà quelques systèmes d’arnaque célèbres qui marchent toujours bien.