Même si une partie d’entre nous voudrait annuler les JO 2020, il faut avouer qu’on prend pas mal de plaisir à mater les épreuves cette année. Parce que, heureusement, il n’y a toujours pas de GROS scandale cette année, si on exclut un ou deux matches volés à la France en boxe. On ne peut pas en dire autant d’autres éditions où certaines affaires ont foutu la honte à toute la communauté du sport.

1. Les sportifs de la RDA dopés

De 1949 à 1990, l’Allemagne a été coupée en deux pour des raisons que vous avez déjà étudiées en cours, et la partie Est, appelée la République Démocratique Allemande, était sous l’influence de l’URSS. Cette RDA, elle a participé à plusieurs éditions des JO et a raflé un nombre incroyable de médailles, notamment dans les années 70-80. Et quand on dit « incroyable », en fait on veut plus ou moins dire « impossible ». Les sportifs de la RDA accomplissaient des performances de dingue, et ce pour une bonne raison : ils étaient tous dopés. Beaucoup ont témoigné après la chute du mur de Berlin et ont expliqué qu’on leur filait des tas de comprimés pour booster leurs perfs. Pas mal d’entre eux ont aujourd’hui des gros soucis de santé s’ils ne sont pas tout simplement morts prématurément à cause de la volonté de leur pays de montrer sa toute puissance. C’est pas ça l’esprit des JO bordel.

"On nous donnait parfois 20 comprimés"

Posted by Franceinfo on Saturday, November 9, 2019

2. Le 100 mètres aux Jeux de Séoul de 1988

Si aujourd’hui on retient surtout les 100 mètres d’Usain Bolt, en 1988 c’est un autre 100 mètres qui avait marqué les esprit. A l’époque, le Canadien Ben Johnson avait remporté l’épreuve devant l’Américain Carl Lewis et le Britannique Linford Christie. Seulement, contrôlé positif au dopage, il avait été disqualifié. Pour sa défense, il avait expliqué que ce n’était pas de la triche puisque tout le monde était dopé. Pas génial comme défense me direz-vous, sauf qu’il n’avait pas tort : Carl Lewis, finalement médaillé d’or, avait déjà été testé positif pendant les essais olympiques la même année, et Linford Christie, médaillé d’argent, a été testé positif à la pseudoéphédrine, un stimulant, même s’il a miraculeusement évité la suspension. Au final, 6 des 8 finalistes ont été contrôlés positifs à des produits interdits. Les gars étaient vraiment tous dopés en fait.

3. Le dopage russe

Au début des années 2010, de forts soupçons à propos de dopage dans les équipes sportives russes ont commencé à agiter les instances des JO. Des employés de l’agence antidopage russe ont mené l’enquête et ont réussi à enregistrer des conversations entre des athlètes et leur staff qui confirmaient l’existence d’un système de dopage. Tout ça a permis de mettre fin à cette vaste magouille, et une quarantaine de médailles ont été retirées à la Russie, qui n’a pas le droit de concourir cette année aux JO de Tokyo. C’est pour cette raison que les athlètes russes se présentent sous les couleurs du « Comité Olympique Russe » cette année. Ils ont contourné la punition qui n’a, du coup, pas servi à grand chose.

4. L'épée d'Onishchenko

Aux Jeux olympiques de Montréal de 1976, l’Ukrainien Boris Onishchenko était favori pour le pentathlon, qui, comme son nom l’indique, regroupe 5 épreuves dont une d’escrime. C’est cette épreuve d’escrime qui a attiré l’attention sur lui. Et pour cause : au cours d’un duel contre l’équipe britannique, ses adversaires ont remarqué qu’il avait marqué un point sans que son épée ait touché le joueur en face. Bizarre. L’équipement d’Onishchenko a donc été contrôlé, et on a découvert qu’il avait un bouton sur son épée lui permettant d’indiquer qu’il avait touché l’adversaire même quand ce n’était pas le cas. Onishchenko a été exclu, et tout ça est plutôt con puisqu’il était favori de l’épreuve d’escrime et qu’il n’avait même pas besoin de tricher pour gagner.

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5. Les JO de 1936 à Berlin

On ne vous l’apprend pas, Hitler était quelqu’un de fort peu recommandable, alors qu’est-ce que le Comité Olympique pouvait avoir comme idée de merde ? Oui, organiser les JO de 1936 à Berlin, 3 ans après l’arrivée au pouvoir d’Hitler, qui a évidemment utilisé cet événement pour faire la propagande de l’Allemagne nazie. Il a donc écarté les athlètes juifs des équipes allemandes, n’a pas invité certains pays ennemis, a refusé de participer aux cérémonies des sports qui n’avaient pas été remportés par des Allemands, a encouragé la triche (un cycliste allemand a remporté la médaille d’or alors qu’il avait fait une faute éliminatoire) et a aussi favorisé ses alliés comme l’Autriche. Cette édition est tout simplement la pire de l’histoire des Jeux, mais on ne pouvait pas s’attendre à mieux de la part d’un mec avec une moustache aussi moche.

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6. Quand Tonya Harding a tenté de faire éliminer sa rivale

Ça s’est passé peu avant les JO d’hiver de Lillehammer de 1994. En janvier de cette année là, la patineuse artistique Nancy Kerrigan est agressée par un homme qui la blesse au genou avec une barre de fer. On finit par retrouver l’agresseur qui n’est autre que l’agent de Tonya Harding, la patineuse et grande rivale de Nancy Kerrigan. Finalement, Kerrigan sera apte à participer aux JO et remportera la médaille d’argent. Tonya Harding, elle, ne finira que 8eme puis se fera virer de la fédération américaine au passage. Elle sera aussi condamnée à payer 160000 dollars d’amende et à faire 500 heures de travaux d’intérêt général. Moralité : passez plutôt du temps à vous entraîner plutôt qu’à tenter de déglinguer vos adversaires.

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7. L'amitié franco-russe à Salt Lake City en 2002

Les JO de Salt Lake City sont déjà un scandale en soi puisque la ville a acquis le droit d’accueillir les jeux grâce à la corruption, mais c’est une autre histoire qui nous intéresse. Cette histoire, c’est celle de l’épreuve de patinage artistique en couple de cette année-là. Lors de la finale, les Russes l’ont emporté devant le Canada alors qu’il était évident, pour les spécialistes, que le couple canadien avait été meilleur que ses adversaires. Alors pourquoi les Russes ont gagné ? On l’a appris par la suite grâce à la juge française, Marie-Reine Le Gougne, qui a révélé qu’un arrangement avait eu lieu entre les Français et les Russes pour s’échanger des bonnes notes et faire gonfler leurs scores respectifs. C’est pas très charitable ce genre de méthode.

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8. La victoire de Néron en 67

Finissons sur les JO toujours, mais les JO à l’ancienne. Genre vraiment à l’ancienne. Ceux de 67 après J.C. A l’époque, Néron était empereur de Rome, et il avait corrompu les organisateurs des Jeux Olympiques pour participer à la course de char et rajouter une épreuve de chant parce qu’il kiffait chanter. Pendant la course, Néron a chuté de son char, mais il a quand même été nommé vainqueur en échange de la coquette somme d’1 million de sesterces. Difficile de faire plus scandaleux. Tiens, d’ailleurs Néron fait partie du top des empereurs romains les plus scandaleux, c’est fou ça.

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Après on ne va pas trop faire la morale, on a déjà TOUS triché. Oui, même vous.