Même pour un acteur qui a de la bouteille, pleurer sur commande c’est pas facile. Chacun a ses petites techniques, mais parfois, il faut un petit coup de pouce pour bien chialer et que ça paraisse vrai à l’écran. C’est pour ça que certains réalisateurs emploient des astuces pour faire pleurer leurs acteurs. Sauf que parfois, ça va un peu trop loin, et on est quand même à la limite du sadisme.

1. Les acteurs du <em>Projet Blair Witch</em> ont vraiment été livrés à eux-mêmes dans les bois

Pour ceux qui n’ont jamais vu le film, en gros, il met en scène trois potes cinéastes partis en forêt pour faire un docu sur la sorcellerie. Ils se perdent, sont attaqués par des forces surnaturelles, et ne sont jamais retrouvés. Pour rendre le truc le plus réaliste possible, il fallait que les acteurs soient réellement paniqués. Pour ça, Daniel Myrick et Eduardo Sánchez, les réalisateurs, ont laissé les trois comédiens plusieurs jours dans la forêt, en rationnant leur nourriture et en les effrayant régulièrement pour qu’ils soient toujours dans un état proche de la crise de nerf. On peut dire que ça a marché, mais ça reste quand même très violent comme façon de faire les choses.

2. Francis Ford Coppola a réussi à faire péter les plombs à Martin Sheen dans <em>Apocalypse Now</em>

Dans le film qui met en scène la Guerre du Vietnam dans ce qu’elle a de plus dégueulasse, il y a une scène, une des premières, dans laquelle Martin Sheen est cloîtré dans sa chambre d’hôtel de Saigon, complètement bourré et proche de la folie. Francis Fort Coppola a vraiment fait boire Martin Sheen pour cette scène et l’a insulté pas mal de fois pour le faire craquer. L’acteur était ivre mort, s’est réellement blessé avec son miroir a fini par pleurer comme on peut le voir dans le film. On est pile entre le réel et la fiction.

3. Mel Gibson a insulté Gaby Hoffman alors qu'elle n'avait que 11 ans dans <em>L'Homme sans visage</em>

Pour son premier long-métrage, Mel Gibson était déjà le réalisateur problématique que l’on connaît, celui qui fout la misère à tout le monde. A l’époque, il se permettait déjà d’insulter ses équipes sans problème, et ce même avec les gosses. Du coup, quand Mel Gibson avait besoin d’une scène où l’actrice Gaby Hoffman, 11 ans, devait pleurer, il n’hésitait pas à lui crier dessus jusqu’à ce qu’elle craque. Ça fait quand même un peu peur.

Crédits photo (CC BY-SA 2.0) : Mingle Media TV

4. Coppola (encore) en a fait baver à Winona Ryder pour qu'elle pleure dans <em>Dracula</em>

Dans son film sur le vampire, Coppola avait besoin d’une scène dans laquelle Winona Ryder devait pleurer, ce qu’elle n’arrivait pas à faire. Frustré, il a demandé à Keanu Reeves, qui jouait avec Winona, de l’insulter. Le réalisateur s’y est mis lui aussi, jusqu’à ce que Winona pleure littéralement. Après ça, il lui a fait tourner 8 fois la même scène avant d’être satisfait et de s’excuser auprès de l’actrice. Fallait être bien accroché pour jouer dans un film de Coppola.

5. Sur le tournage de <em>Stand By Me</em>, Rob Reiner a fait pleurer deux enfants acteurs

Dans la scène où les enfants sont poursuivis par un train (on vous la met juste en dessous), Wil Wheaton et Jerry O’Connell sont tout proches de se faire écraser et pleurent en même temps qu’ils courent. Pour en arriver à ce résultat plutôt réaliste, Rob Reiner a dû rabaisser les deux jeunes acteurs en leur disant qu’ils étaient mauvais et qu’ils n’arriveraient jamais à rien. Ça a marché, c’est sûr, mais on plaint quand même les deux gosses.

6. Joshua Logan a fait mal à Kim Novak pour qu'elle pleure dans Picnic

Bon là on repart loin, en 1956, pour une histoire de tournage assez originale. L’actrice Kim Novak était elle-même frustrée de ne pas réussir à pleurer pour une de ses scènes. Du coup, elle a demandé à Joshua Logan de la pincer très fort pour qu’elle pleure de douleur et que son jeu soit convaincant. Ça a marché, mais les maquilleurs ont dû camoufler toutes les traces de pincements sur ses bras et les bleus qui sont apparus par la suite. Décidément, c’est pas facile de jouer la comédie.

7. Hitchcock a joué avec les phobies de Tippi Hedren

C’est probablement l’exemple le plus connu de cette liste mais aussi l’un des plus pervers. Dans Les Oiseaux, il se trouve que l’actrice Tippi Hedren avait vraiment la phobie de ces bestioles volantes. Pour la pousser à bout et la faire pleurer de panique, Albert Hitchcock a jeté des corbeaux sur elle et l’a même attachée à des vrais oiseaux. A ça, il faut ajouter le harcèlement sexuel qu’il lui a fait subir. Le mec était très loin d’être un saint.

8. Stanley Kubrick a fait jouer 127 fois la même prise à Shelley Duvall dans <em>Shining</em>

Le tournage de Shining a été long et éprouvant pour l’actrice, et la scène où elle devait tenir Jack Nicholson a distance avec une batte de baseball en est le meilleur exemple. Pour que Shelley Duvall aille jusque dans ses retranchements, Kubrick lui a demandé de rejouer la scène encore et encore, sans jamais lui donner d’explication. A l’époque, Duvall était déjà un peu instable sur le plan psychologique, et aujourd’hui elle est dans un état de fragilité psychique très avancé. Le tournage a peut-être participé à la fragiliser un peu plus.

On a du mal à imaginer Dany Boon faire la même chose.

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Sources : Huffpost, Looper, Ranker, Allociné.