Grâce au travail de mémoire de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah, on connait désormais mieux les histoires de résistants et des survivants de cette infamie. Grâce aux procès et à la traque des nazis, on connait aussi l’histoire des bourreaux de cette période atroce mais on en sait peu sur leur famille : qui sont-ils ? Ont-ils suivi la trace de leurs parents en devenant des néo-nazis convaincus ou ont-ils au contraire condamné leurs actes et lutté contre le révisionnisme ? Comme on pouvait s’en douter, il y a des deux.

1. Hitler aurait eu un enfant caché

Dans les années 70, un homme appelé Jean-Marie Loret est persuadé être le fils d’Hitler. Il est français, il est né en 1918 et n’a jamais connu son père que sa mère aurait rencontré à 16 ans. C’était un soldat allemand dans un village du Nord de la France qui aimait beaucoup dessiner (ça nous rappelle quelque chose).

Juste avant de mourir, la mère de Jean-Marie révèle à son fils l’identité de son père. Jean-Marie commence des recherches et trouve des lettres signées « Adolf Hitler » dans le grenier pendant qu’un portrait de sa mère est retrouvé en Allemagne. Jean-Marie découvre aussi que sa mère recevait des enveloppes remplies d’argent de la part de la Wehrmacht pendant l’Occupation. D’après des analyses ADN réalisées des années plus tard, Hitler ne serait pas le père de cet homme même s’il a bien fréquenté sa mère.

2. Gudrun Burwitz, la fille de Himmler

Gudrun Himmler est la fille de Heinrich Himmler, un des principaux responsables des crimes contre l’humanité de la Seconde Guerre Mondiale. Contrairement à d’autres enfants de dignitaires nazis qui ont souhaité cacher leur ascendance, Gudrun était très fière de son père. Petite, elle a visité le camp de Dachau avec son père et dinait régulièrement avec Hitler qu’elle appréciait beaucoup.

En grandissant, Gudrun devient amie avec des néo-nazis. Elle se marie avec l’un d’entre eux et co-fonde une association, Stille Hilfe, qui vient en aide aux criminels de guerre nazis. C’est probablement grâce à cette association que Josef Mengele et d’autres dignitaires nazis ont pu être exfiltrés en Amérique latine après la guerre.

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3. Edda Göring, la fille d'un des responsables de la Gestapo

Edda Göring est la fille de Hermann Göring, chef de la Gestapo avant Himmler et ministre de l’Aviation nazie. Née en 1938, elle n’a que peu connu son père mais il a eu un impact majeur sur sa vie. Sa naissance a été célébrée dans tout le pays sous le Troisième Reich et Hitler était son parrain. Après la guerre et la mort de son père, Edda reste très amie avec des proches de dignitaires nazis ce qui est très mal vu. Adulte, elle organise même des événements mondains avec des conférences dédiées à Hitler et au nazisme.

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4. Albert Speer, le fils du ministre du Troisième Reich

Albert Speer est le fils de l’architecte et officiel du parti nazi du même nom. Contrairement aux enfants de dignitaires nazis qui faisaient prospérer leur héritage nazi, Albert Speer Jr a tenté toute sa vie de s’émanciper de l’image de son père et était horrifié par la contribution de ce dernier au régime nazi. Il a dit à plusieurs reprises que son père n’était pas présent dans son enfance et ne s’occupait jamais de lui mais qu’il le respectait néanmoins pour son talent en tant qu’architecte.

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5. Wolf Rüdiger Hess, le fils d'un grand ami d'Hitler

Rudolf Hess était une personnalité majeure du Troisième Reich jusqu’en 1941 et un grand ami d’Hitler. Il a participé au putsch de Munich, a aidé Hitler à écrire Mein Kampf en prison et a participé à l’écriture des lois antisémites de Nuremberg.

Son fils Wolf Rüdiger Hess, qui avait Hitler pour parrain, l’a toujours beaucoup aimé. Après l’incarcération de Rudolf Hess suite au procès de Nuremberg, son fils ira le voir plus de 100 fois jusqu’à sa mort. Wolf Rüdiger a toujours été persuadé que son père ne s’est pas suicidé en prison mais qu’il a été assassiné par les autorités britanniques ; il a même fondé une société et publié un livre pour défendre son image.

6. Harald Quandt, le beau-fils de Joseph Goebbels

Quand Magda Quandt épouse Joseph Goebbels, un des plus puissants dirigeants du régime nazi, elle a déjà un fils de sa précédente union ; il s’appelle Harald Quandt et n’a que 10 ans. Rapidement, Harald s’attache à son beau-père : il l’accompagne même à des manifestations du NSDAP.

Adulte, il sert dans l’armée de l’air nazie et est le seul membre de la « famille Goebbels » à survivre à la guerre puisqu’en 1945, Magda et Joseph Goebbels empoisonnent leurs six jeunes enfants avant de se donner la mort. Libéré deux ans après la fin de la guerre, Harald reprend l’entreprise de son père, un riche industriel allemand, et devient un des hommes les plus riches d’Allemagne de l’Ouest.

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7. Niklas Frank, le fils du "bourreau de Pologne"

Niklas Frank est le fils de Hans Frank (un haut dignitaire nazi désigné gouverneur général de Pologne) et 76 ans après la mort de son père, sa rage ne s’est pas calmée. Niklas n’avait que 7 ans quand son père a été exécuté mais il se rendait déjà compte que son père avait fait des choses abominables. Il voyait les photos des corps dans les camps en une de journaux mais quand il est allé voir son père pour la dernière fois en prison, ce dernier n’avait aucun regret.

Journaliste et historien amateur, Niklas Frank a passé sa vie entière à haïr son père mais aussi et surtout à lutter contre le nazisme en apportant des preuves irréfutables des crimes commis.

8. Rainer Höss, le petit-fils du commandant des camps de la mort

Rudolf Höss était le commandant des camps d’Auschwitz-Birkenau. Il habitait dans une grande maison avec jardin juste à côté des camps avec sa femme, ses cinq enfants et deux employés de maison. Plusieurs de ses enfants, dont la mannequin Brigitte Höss, ont minimisé les actes abominables de leur père et sont restés fidèles à l’idéologie nazie mais ce n’est pas le cas d’un de ses petits-enfants.

Rainer Höss est le petit-fils du commandant des camps de la mort et quand il l’a appris, vers 16 ans, il a coupé les ponts avec toute sa famille. Depuis, il lutte pour la dénazification de l’Allemagne et pour la mémoire des victimes et des survivants de l’Holocauste. Rainer Höss a rencontré des anciens déportés et l’une d’entre eux est devenue sa grand-mère adoptive pour donner à cet homme « l’amour d’une famille qu’il n’a jamais eue ».

9. Rolf Mengele, le fils de "l'ange de la mort"

Josef Mengele était le « médecin » du camp d’Auschwitz où il participait à la sélection des déportés et réalisait des expérimentations abominables sur des prisonniers. Après la guerre, il a fui en Amérique du Sud où il a vécu jusqu’à sa mort sans jamais avoir été jugé pour ses actes.

Son fils, Rolf Mengele, aurait pu dénoncer son père mais a préféré garder le silence. Il lui a rendu visite secrètement dans sa maison de São Paulo et n’a décelé aucun regret chez lui. Il méprisait son père sans vraiment le haïr et a refusé d’aider à son arrestation. Rolf Mengele a fini par changer de nom et a coupé les ponts avec sa famille néo-nazie pour protéger ses enfants.

10. Martin Bormann junior, le fils du secrétaire d'Adolf Hitler

Martin Bormann Jr est le fils du secrétaire d’Hitler et le premier filleul de ce dernier. Il a grandi relativement isolé dans le domaine d’Hitler avec sa famille anticléricale. À la fin de la guerre, Martin a 15 ans et il est recueilli sous un autre nom par des paysans chrétiens qui l’élèvent comme leur fils ; il est tellement touché par cet acte de bonté chrétienne qu’il deviendra prêtre.

Martin Bormann junior participe aux mémoires de l’Holocauste en racontant ce qu’il a vu dans son enfance, notamment l’ignoble « cabinet de curiosités » d’Himmler. Pourtant, il a toujours distingué son père aimant du criminel de guerre, dont il condamne les actes, qu’il était.

Sources : Le Point (1) (2) – Wikipedia (1) (2) (3)(4)Ouest-FranceLe Journal du dimanche