N’en jetez plus ! Le plastique est partout, jusqu’à envahir la surface et les fonds des océans. Une pollution qui nourrit notre schizophrénie de consommateur tiraillé par ses aspirations écologiques. Voici donc dix trucs à savoir sur les déchets plastiques dans l’océan. Et franchement, le plastique c’est pas fantastique.

1. Un 7ème continent plastique grand comme 3 fois la France

Par la force des courants marins, la plupart des déchets rejetés en mer finissent leur course au « beau » milieu de l’océan, formant notamment dans le Pacifique un 7ème continent d’environ 3,5 millions de km², soit l’équivalent de 3 fois la France ou 1/3 de l’Europe ! Et encore, il existe 4 autres décharges plastiques dans les océans de la planète.

2. 120 tonnes de déchets finissent à la mer chaque minute

La mer c’est dégueulasse, les poissons baisent dedans… et les humains s’en servent comme décharge sauvage ! Les scientifiques estiment que chaque minute dans le monde, ce sont entre 80 et 120 tonnes de déchets qui sont balancés en mer… notamment charriées par le courant des fleuves.

3. La Méditerranée parmi les plus polluées de la planète

Avec environ 700 tonnes de déchets déversées chaque jour en mer, la Méditerranée serait une des régions les plus impactées par la pollution plastique sous-marine. La concentration en micro-plastique dans l’eau serait d’ailleurs à certains endroits aussi élevée que celle relevée dans le 7ème continent (voir point n°1). La faute aux villes côtières et leurs décharges à ciel ouvert, qui peinent souvent à gérer les déchets engendrés par l’afflux touristique, mais aussi par les navires marchands qui représentent 30 % du trafic maritime mondial. Si on ajoute à cela le fait que la Méditerranée est une mer semi-fermée, on se retrouve avec une belle décharge sauvage sur les bras… Du beau boulot !

Oh wow ?

Posted by Topito Voyage on Sunday, June 9, 2019

4. Un iceberg de déchets

Comme ces gigantesques glaçons flottants, la pollution plastique visible en surface n’est malheureusement pas la seule à emmerder les poissons et tout l’eco-système subaquatique. En effet, les plus gros déchets plastique gisent bien planqués au fond des océans, loin de la vue et donc de l’indignation générale.

5. Plus de 100 ans pour qu’un déchet plastiques se dégrade complètement en mer

Il y a encore quelques années, retrouver une bouteille à la mer avec un message à l’intérieur avait quelque chose d’exotique… Aujourd’hui, beaucoup moins ! Surtout quand celle-ci est en plastique avec écrit dessus Fanta, Nivea protection 40 ou Cubi la Villageoise ! Il faut ainsi en moyenne 400 ans pour qu’une bouteille plastique se bio-dégrade totalement, et encore… les micro-plastiques libérés lors du processus de dégradation naturelle peuvent mettre jusqu’à 500 ans supplémentaires pour disparaître.

6. Chaque année, 1,4 millions d’oiseaux et 14 000 mammifères meurent par ingestion de plastique

Le plastique est devenu la mal bouffe de la faune océanique ! Les tortues, les lions de mer, les baleines, les phoques et autres oiseaux marins se goinfrent sans le savoir de particules plastiques qui finissent par leur bousiller les entrailles, quand ces derniers ne les étranglent pas ou n’entravent pas leurs voies respiratoires. Ce sont ainsi 29 kg de déchets plastique qui ont été retrouvés dans l’estomac d’un cachalot échoué en 2018 sur une plage espagnole !

7. Les micro-plastiques en mer sont des éponges à polluants et à bactéries

Les amas de déchets plastiques qui flottent à la surface des océans forment des radeaux sur lesquels des micro-organismes pathogènes tels que virus, bactéries, produits chimiques et engrais présents dans l’eau de mer viennent se fixer. Quand les poissons, les oiseaux et autres mammifères marins en avalent plus tard à l’insu de leur plein gré, ils s’empoisonnent ainsi copieusement !

8. 11 000 microparticules plastique ingérées chaque année par personne

Une étude publiée en 2017 par l’université de Gand en Belgique, a révélé que les consommateurs de produits marins ingéraient jusqu’à 11 000 microparticules de plastique chaque année. Un peu comme si ces derniers bouffaient leur poisson avec l’emballage !

9. Non, la pollution plastique des océans de la planète ne provient pas seulement de 10 fleuves

Un article posté en 2017 sur la page Facebook du magazine National Geographic indiquait que 90 % de la pollution plastique des océans provenaient de 10 fleuves asiatiques et africains. De quoi déculpabiliser en se disant que ce n’était donc pas de notre faute et qu’en bons Français, on pouvait continuer à polluer tranquillement. Sauf que le National Geographic (repris encore aujourd’hui sur wikipédia) a mal interprété l’étude scientifique dont l’info est censée être extraite. Comme l’explique le site AFP Factuel, il fallait en réalité comprendre que 88 à 95 % de la pollution plastique apportée par les fleuves jusque dans les océans était due à ces 10 fleuves asiatiques et africains (huit en Asie, deux en Afrique). D’autres sources de pollutions plastiques (transports maritimes, villes côtières, pêche…) participent en effet à la présence de déchets plastiques en mer.

Le plastique, c’est dramatique !