Si chez Topito on aime bien vous faire rire tout en vous livrant des informations utiles ou insolites, on déborde parfois un peu sur des sujets plus sérieux, comme le réchauffement climatique, sans pour autant considérer notre travail comme du journalisme mais parce que ces sujets nous tiennent à coeur. C’est pour ça qu’aujourd’hui on souhaite vous parler de la situation actuelle de Madagascar qui est tout bonnement catastrophique. Pour bien comprendre ce qui se passe là-bas et pourquoi c’est alarmant on va essayer de voir ensemble les points clés de cette affaire, en tentant de vulgariser un peu tout ça.

1. Un pays déjà touché par une pollution alarmante

Si Madagascar n’est pas l’un des pays les plus pollueurs du monde il arrive quand même à la 39ème place des pays les plus pollués en 2020. Fin 2020, les scientifiques pointent du doigt la situation de la pollution à Madagascar, au niveau de l’air mais également des sols, appuyant sur le fait qu’un décès sur cinq de la population de l’île est inhérent à son climat.

2. Des moyens insuffisants pour enrayer la pollution des sols

À partir de 2016 on a étudié la situation des sols de l’île, ce qui a mis en relief des résultats alarmants : la présence de métaux lourds dans les eaux et la faune aquatique provoqués en partie par les activités industrielles ainsi que le manque de moyens pour traiter la pollution et la destruction des déchets. Il n’existe sur l’île aucun traitement des eaux usées, celles-ci se rejettent dans le marais central qui est utilisé pour la culture des rizières. Il résulte alors une contamination des ressources produites (plomb présent dans le poisson, riziculture toxique et amoindrie) présente une source de toxicité pour les locaux et une détérioration rapide de la faune et de la flore.

3. La pollution de l'air qui grimpe en flèche

Lors de cette même étude sur la pollution de l’île, on a tenté de mesurer la qualité de l’air dont les résultats n’ont rien de rassurants. D’après ce calcul, lors d’une journée « normale », l’air est déjà quatre fois plus pollué que les normes établies par l’OMS. Mais les jours où la circulation est plus dense dans la capitale ces taux peuvent être jusqu’à 15 fois supérieurs (comme les jours de marché par exemple), ce qui devient critique aussi bien pour les habitants que pour la faune et la flore.

4. La sécheresse qui continue d'augmenter

Si la pollution des sols est déjà bien présente, c’est la sécheresse qui frappe plus récemment l’île qui provoque la situation d’aujourd’hui : les récoltes de cette année ont été drastiquement réduites. Les pluies devenant de plus en plus rares au fil des années alors que la déforestation s’intensifiait, la situation a atteint en 2021 un point critique où presque rien de viable n’a été cultivé au sud de l’île. La cause de cette sécheresse et de l’absence des pluies n’est cependant pas provoquée uniquement par la population de Madagascar, les scientifiques sont formels sur ce point : il s’agit d’une cause directe du réchauffement climatique, le monde entier est responsable.

5. La famine à grande échelle

Avec les cultures majoritairement ravagées par la sécheresse, la famine a rapidement gagné l’île sur la partie sud, la plus touchée par l’aridité. On compte alors près d’un million de personnes souffrant de la famine à Madagascar dont un nombre important d’enfants. La situation continue d’augmenter exponentiellement et de nombreux habitants s’exilent vers le nord de l’île en abandonnant leurs terres.

6. Des records de malnutrition infantile

De nombreux habitants se nourrissent de criquets, de lanières de cuir et de peaux d’animaux bouillies ou encore de feuilles de cactus, ce qui en plus d’être indigeste peut faire développer de solides carences puisqu’on ne trouve rien en terme de valeur nutritive à la plupart de ces aliments. Chez les enfants, le taux de malnutrition a tout simplement doublé en quatre mois : on compte désormais 16,5% d’enfants de moins de cinq ans concernés.

7. Le premier pays de l'histoire à être victime de "famine causée par le réchauffement climatique"

Le terme pour désigner la situation du pays a été utilisé pour la première fois selon l’ONU et il s’agit de « famine climatique ». Ce qui se passe à Madagascar incrimine la pollution mondiale et le réchauffement climatique que cela provoque. Si la partie du sud du pays avait déjà historiquement été victime de la sécheresse à de nombreuses reprises, le réchauffement climatique a forcément augmenté ce facteur. Le directeur du programme alimentaire mondial des Nations Unies David Beasley pointait du doigt en 2020 : « C’est une région du monde qui n’a en rien contribué au changement climatique, mais maintenant, ce sont eux qui en paient le prix. »

8. Le Covid-19 et la peste en plus de ces catastrophes

Malheureusement la famine et la sécheresse ne sont pas les seules catastrophes qui touchent le pays puisque comme ailleurs dans le monde le Covid-19 sévit et oblige Madagascar à bloquer ses frontières pour empêcher l’arrivée du variant. D’autre part, l’épidémie de peste qui revient chaque année préoccupe aussi, la multiplication des fléaux touchant l’île pouvant provoquer une situation encore plus catastrophique qu’elle ne l’est déjà.

9. Vers un exode de la population ?

Si une partie de la population touchée par la famine au sud de l’île déserte déjà ses terres pour se réfugier au nord ou à des endroits où la sécheresse ne frappe pas encore, il est probable que si la situation ne s’améliore pas dans les années à venir, de nombreux autres pays seront touchés par des problèmes similaires. Si aujourd’hui la migration de population touche souvent des personnes fuyant la guerre, une nouvelle forme migratoire pourrait devenir monnaie courante : celle des réfugiés climatiques.

10. Des associations qui s'unissent pour réagir

Pour le moment, aucun réel plan d’aide n’a été décidé par les autres pays pour tenter d’endiguer la situation. Des oeuvres et associations caritatives ont cependant décidé de s’unir en lançant le mouvement « Agir pour Mada » (pour lequel vous pouvez donner ici) afin de payer à la population des colis de nourriture et de vivres. Ces dons sont déductibles d’impôts et sont extrêmement importants pour cette population, victime collatérale du réchauffement climatique.