Vous avez probablement remarqué, depuis plusieurs années, la présence d’un petit logo sur les produits alimentaires que vous achetez en supermarché. Un logo avec des lettres qui vont de A à E, du vert au rouge, et qui a tout l’air d’être un système de notation. Eh bien c’est le Nutri-score. Et même si l’on comprend assez vite où le truc veut en venir, on ne sait pas concrètement à quoi ça correspond. C’est pour ça qu’on vous a préparé un petit top histoire de voir comment le Nutri-score marche, s’il est fiable, et s’il faut vraiment le respecter à la lettre pour éviter de prendre 12 kilos par an. Le Nutri-score n’aura bientôt plus de secrets pour vous, bande de petits veinards.

1. C'est quoi le Nutri-score ?

Le Nutri-score, c’est un système de notation en cinq niveaux, de A à E, censé donner une indication sur la valeur nutritionnelle des produits alimentaires. En gros, si l’étiquette indique « A », c’est que le produit a une bonne valeur nutritionnelle, et si elle est marquée d’un « E », c’est qu’avaler une bouchée de ce produit équivaut à un aller simple pour la morgue. Non, quand même pas, mais ça veut dire que le produit n’est pas ultra bon pour la santé, parce qu’il est trop calorique, trop gras, trop sucré ou trop salé.

Bref, le Nutri-score permet de comparer d’un simple coup d’œil les aliments d’un même type (genre un jambon d’une marque 1 avec un jambon d’une marque 2) et c’est hyper pratique.

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2. Comment on calcule le Nutri-score d'un produit ?

Concrètement, on prend 100 grammes ou 100 mL du produit testé, on calcule sa teneur en nutriments à favoriser (fibres, protéines, etc.) et sa teneur en nutriments à limiter (apport calorique, sucre, sel et gras). Puis on fait une moyenne de tout ça, ce qui donne un score plus ou moins favorable. Il y a un vrai calcul derrière chaque lettre. C’est pas fait au doigt mouillé quoi.

3. C'est obligatoire d'afficher le Nutri-score sur les produits ?

Eh bien non ! Tout ça se fait sur la base du volontariat, et vous vous doutez bien de ce que ça implique : les marques qui ne vendent que des produits mauvais pour la santé ne se prêtent pas trop au jeu, histoire d’éviter de se tirer une balle dans le pied. Quand tu vends de la bouffe ou de la boisson de merde, t’as pas envie d’ajouter une étiquette dessus pour préciser à tout le monde que c’est de la merde. C’est logique.

4. Faut toujours acheter des produits au Nutri-score A du coup ?

Non, calmez-vous un peu. Si les produits mieux notés sont à favoriser, c’est pas non plus une invitation à tomber dans l’orthorexie et à vouloir ne manger que des produits parfaitement sains. Le corps a aussi besoin de certains nutriments qui paraissent un peu moins « sains », genre des matières grasses, qui sont essentielles à son fonctionnement. Quand vous achetez du beurre, vous savez bien que c’est gras, et c’est pas parce qu’on fout un Nutri-score E sur son emballage que vous allez arrêter d’en acheter, si ? Ben voilà, y’a pas de quoi devenir des maniaques du Nutri-score. Ça serait un coup à avoir des carences et à se retrouver en plus mauvaise santé que vous ne l’étiez avant.

5. Mais les produits marqués d'un A sont quand même bons, pas vrai ?

Eh bieeeeen pas forcément. Le système est loin d’être parfait en vérité. Un produit catégorisé A peut quand même contenir des ingrédients mauvais pour la santé qui sont tout simplement compensés par une bonne valeur nutritionnelle. Et puis ça ne nous dit pas non plus si le produit est ultra-transformé ou s’il a été conçu dans de bonnes conditions, etc. En bref, il ne faut pas prendre le Nutri-score comme le guide ultime pour faire ses courses. C’est juste UN moyen de comparaison comme il en existe d’autres, parfois plus fiables.

6. Ça existe depuis quand

Le projet date de 2014, mais il n’a été adopté qu’en 2016 en France. Après, il a fallu encore quelques années pour que les marques acceptent de se prêter au jeu. Comme on l’a dit, certaines refusent toujours d’afficher leur Nutri-score, mais, dans l’ensemble, le truc a plutôt bien pris.

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7. D'autres pays ont le même système ?

Exactement – merci d’avoir posé la question : la Belgique, l’Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Suisse et l’Espagne ont aussi adopté le Nutri-score et tentent de le populariser dans toute l’Europe. Seulement, certains pays, comme l’Italie, la Grèce ou la Roumanie, s’y opposent et préfèrent adapter un autre type de score (pourtant beaucoup moins pratique pour comparer les produits). A priori, ça ne devrait pas provoquer une nouvelle Guerre mondiale non plus, mais c’est dommage.

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8. Il existe quoi comme alternative cool au Nutri-score ?

Il existe d’autres types de scores qui sont complémentaires au Nutri-score. Parce qu’on l’a dit, le Nutri-score ne fait QUE montrer la valeur nutritionnelle des aliments. Pour compléter, on a ça :

– Le NOVA Score, qui note de 1 à 4 les aliments en fonction de leur transformation. Si l’aliment est ultra-transformé, sa note sera plus proche de 4, et si, au contraire, il est assez naturel, sa note sera plus proche de 1.

– L’Eco-Score, qui note de A à E l’impact des produits alimentaires sur l’environnement. Pratique pour savoir si ce que vous mangez est écolo ou pas.

– Ensuite, on a aussi l’application Yuka qui donne un score sur 100 en fonction de la qualité nutritionnelle et de la présence d’additifs. C’est plus élaboré et plus complet que le Nutri-Score, mais forcément un peu moins pratique puisqu’il faut scanner chaque produit avec le téléphone.

Après, vous pouvez aussi aller sur le site Openfoodfacts qui rassemble plein d’infos, dont le Nutri-Score, le NOVA Score, et l’Eco-Score. Il paie pas de mine, mais il est indépendant et assez complet.

9. C'est quoi le risque avec tous ces scores, là ?

Même si ça part d’une bonne intention, le premier risque de tous ces systèmes de notation c’est de tomber dans l’orthorexie (une obsession à avoir une alimentation saine) qui gâche la vie de pas mal de gens et peut conduire à d’autres troubles alimentaires. Le deuxième risque, c’est de passer 50 ans à faire ses courses en voulant tout comparer tout le temps, et de ne plus prendre aucun plaisir à s’alimenter. C’est con d’en arriver là quand même puisque l’objectif de départ était d’avoir une meilleure vie.

10. Du coup, il faut faire comment pour pas tomber dans la surenchère ?

Pour ça, y’a deux solutions (bon, y’en a sûrement plus, mais on vous en propose deux assez simples) :

– Prendre les scores juste pour ce qu’ils sont : des moyens de comparer de temps en temps, par exemple quand on hésite entre la boîte de céréales d’une marque A et la boîte de céréales d’une marque B. Si on peut choisir la mieux notée, autant le faire, mais ça ne doit pas devenir une obsession non plus.

– Cuisiner ses plats soi-même, de préférence avec des produits bio. Ça évite de se poser tout un tas de question, et ça évite aussi de manger des produits trop transformés qui sont généralement mauvais pour la santé. Alors oui le bio c’est un peu plus cher, mais préparer ses repas soi-même c’est beaucoup moins cher, donc ça compense.

Voilà, maintenant vous savez à peu près tout, et si vous voulez approfondir, il y a aussi plein de trucs à savoir sur les aliments bio dans ce lien. Comme ça vous serez hyper calés en nutrition et vous pourrez donner des leçons de vie à vos amis qui, après, en auront marre de vous.