Débarquer à Paris, c’est tout un monde. Tu découvres tellement de trucs que tu ne soupçonnais même pas, genre… Les 12445440 lignes de métro, les couloirs de 15 km, l’aptitude des gens à faire la tronche du matin au soir, et surtout : leur capacité à te faire remarquer que « olalalala-haaan, t’as un accent prononcé quand même-haaaan ». Bah oui, je sais oui. J’en suis fière, même si ça a quand même quelques gros désavantages…

1. Tout le monde rigole quand tu parles

Fermez-la, en fait. Est-ce que je rigole, moi, quand vous foutez des anglicismes dans chacune de vos phrases pour avoir l’air branché-haaaan ??? Bon, ok… Ouais, je rigole ptetre un peu, quand même. J’avouuuue.

2. Tout le monde essaie de t'imiter, mais c'est mal fait

« Ah ouais tu viens tu Sud ? Ah putAING. CON. Chocolatine. Ça va les copainGGGs ? ». C’est toi qui vas aller moinSSSS bien si tu continues, Jean-Edouard De-la-rue-du-bout-de-la-Seine.

3. Tu ne peux pas cacher d'où tu viens, finito le mystère

Ton accent, tu l’aimes, tu ne veux surtout pas le perdre, et tu as bien raison. Le seul petit truc relou, c’est qu’il ne te laisse jamais passer incognito. Tu as à peine le temps de dire « bonjour », que quinze personnes te sautes dessus pour te dire « Hanlalalaaaa mais tu ne viens pas d’ici toi-haaan ».

4. Tu ne sais jamais s'il faut mettre un "g" après un "in"

Autant pour « main », « pain » et « Boursin », je sais que c’est non. Par contre, j’hésite toujours pour « cousin(g?) », « coussin(g) » et « poussing(?) ». Vous n’auriez pas un petit mnémotechnique pour m’aider ? S’il vous plait, les copaings ?

5. On écoute ton accent, mais absolument pas ce que tu dis

Tu t’en rends rapidement compte quand tu te mets à parler de la disparition de ton chat, et que le mec en face continue à rire en balançant des « Ah ouais ? Mais trop mignooooon, hihi ».

6. Les gens te font répéter 100 fois les mots

D’ailleurs, depuis que tu es à Paris, tu as arrêté d’accepter de te faire des cartes de fidélité. Juste pour éviter l’étape « numéro de téléphone ». 06 40 50… Oui, quarante… Ah, pardon… QuarOOOOONte. CinquOOOOOONNNNte.

Crédits photo : MateuilB

7. Du coup, tu pinces ta bouche pour te faire comprendre

Technique pour les sudistes qui veulent un peu atténuer leur accent (ne faites pas ça) : parlez avec la bouche en cul-de-poule. Vous aurez l’air ridicule, mais un peu plus parisien. Autre petit tips : remplacez les « in » par des « un », les « an » par des « on » et les « au » par des « ô ». Essayez. « Les incendies ravagent la France, de haut en bas », là, vous parlez toulousain. « Les uncendies ravagent la Fronce, de ôte en bas », ce n’est pas français, mais oralement, c’est parisien.

8. Tu n'es pas embauché dans des jobs qui nécessitent de parler en public

Sauf si c’est pour Radio Cigale, of couuuuurse.

9. Dès que tu sors une expression, on te demande ce que ça veut dire

Alors que franchement, quand on contextualise, ça vaaaaaa. Ça se comprend. Si je viens de me foutre du sirop sur les mains et que je dis « ça pègue », vous comprenez que « ça colle », non ? Faite un effort, et appréciez les belles métaphores de notre langage régional, siouplait.

10. Tu gardes ton accent même quand tu parles anglais

Et good mornING everybody tout le monde !

11. Il y a clairement des accents qui sont appréciés, et d'autres que tout le monde déteste

Non parce que je défends le Sud contre vents et marrées depuis tout à l’heure, mais c’est vrai que si tu viens du Nord, bah… Désolée, mais tu mérites un peu ton sort, non ? Fin j’dis ça, j’sais po moé.

On parle de l’accent du Sud, mais n’allez pas vous méprendre, on défend bien le Sud-Ouest, hein. Je préfère préciser, parce que je vous rappelle que le Sud Ouest défonce quand même largement le Sud Est.