Les taupes sont aux équipes de foot en crise, ce que le pangolin est à la pandémie de Covid-19 : un bouc émissaire tout trouvé que l’on offre en pâture à la foule en quête de justice. Sauf qu’en réalité, personne n’est réellement sûr de leur culpabilité, voire dans le cas du football, de leur simple existence.

1. Vahid Halilhodzic, premier chasseur de taupe du PSG en 2004

Deux jours seulement après le triplé de Semak qui élimina le PSG en Ligue des Champions, une réunion de crise eut lieu au camp des Loges entre les joueurs parisiens et l’entraîneur bosniaque. L’effectif reprochait entre-autre au coach son manque de communication, des consignes trop défensives et des mises au vert aussi fréquentes qu’inutiles. Bref, ça puait le conflit, même si Halilhodzic nia face aux médias l’existence de toute tension au sein du vestiaire. Du moins, jusqu’à ce que la taupe entra en jeu révélant à la presse le contenu des discussions entre les deux camps, concluant que le vestiaire parisien souhaitait le départ de l’entraîneur.

Évidemment, une fois l’information sortie, les joueurs retournèrent leur maillot et exigèrent de rencontrer les journalistes complices afin d’identifier le traître. En vain, puisque à la différence de la taupe, coach Vahid ne passera pas l’hiver.

Crédits photo (CC BY-SA 3.0) : Clément Bucco-Lechat

2. La taupe de Knysna lors de la Coupe du Monde 2010

Plus balaise que le dahu, le Yeti, la dame blanche et le monstre du Loch Ness réunis, la taupe tricolore a réussi à elle-seule pendant la Coupe du Monde 2010, à retourner le cerveau du vestiaire des Bleus. Responsable des fuites à la presse des insultes proférées par Anelka à l’encontre du Sélectionneur Domenech, la taupe a provoqué une grève, une mutinerie et une élimination honteuse dès le premier tour de la compétition. Une commission d’enquête de la FFF fut même lancée à ses trousses sans jamais réussir à lui mettre le grappin dessus. Certains l’auraient paraît-il vu récemment du côté de la Loire-Atlantique.

3. Le retour de la taupe lors de l’Euro 2012

Deux ans après Knysna, la taupe de l’Equipe de France continuait de creuser tout en faisant remonter à la surface les tensions du vestiaire tricolore : insultes de Nasri à l’encontre de journalistes, caca nerveux de Yann M’Vila au moment de son remplacement par Giroud face à l’Espagne, prise de bec entre Lloris et Jeremy Menez… La taupe aura au moins eu le mériter de faire taire la génération 87, aussi talentueuse qu’insupportable.

4. La taupe allemande (toujours) lors de l’Euro 2012

Moins délétère et surtout moins vénère que sa cousine française, la taupe germanique s’est amusée pendant toute la compétition à balancer avant chaque rencontre les compos de la Mannschaft aux médias. Des fuites dénoncées par Joachim Löw qui s’arrachait ses (faux) cheveux à chaque révélation au point de menacer de représailles ses joueurs ainsi que la presse. Un détail de l’histoire qui n’empêcha pas l’équipe allemande d’atteindre la demi-finale, et de se faire éliminer par l’Italie (1-2).

5. La taupe de l’OL lors du confinement d’avril 2020

Le problème avec les taupes, c’est qu’elles aiment particulièrement déterrer tout ce qui pue. Comme par exemple, des négociations difficiles sur une éventuelle baisse des salaires des joueurs lyonnais au début de la crise du coronavirus. c’est le défenseur brésilien Rafael qui dégaina le premier sur instagram, avant que JM Aulas ne désamorce la situation en révélant lui-même la nature des négociations en cours… Négociations qui n’ont jamais abouti. Comme quoi, pour la plupart des joueurs, l’amour du maillot ne pèse pas lourd face à la passion pour l’argent.

6. Jérôme Rothen accusé d’être la taupe du PSG

« Au PSG, la taupe, c’est Jérôme Rothen ! C’est un peureux, un non-joueur, il dribble en reculant. » L’accusation vient de l’éphémère conseiller sportif du PSG lors de la saison 2007-2008, Michel Moulin, aujourd’hui candidat à la présidence de la FFF. Ce dernier l’accusa de balancer au journal l’Équipe tout ce qui se passait à l’époque au sein du vestiaire parisien, en échange de bonnes notes lors des comptes-rendus de match. Accusation dont le joueur, aujourd’hui consultant sur RMC, s’est toujours défendu, précisant même le peu de scrupules de certains de ses futurs collègues journalistes à balancer des informations dites confidentielles : « Il y en a un à RMC, il le sait. Je lui parle de mon avenir, une heure après il y a une page entière publiée. Ce mec là, pendant 3 ans on ne s’est pas parlé. Cela s’est réglé après parce qu’on bosse ensemble. J’ai une philosophie. »

Crédits photo (CC BY-SA 3.0) : Steeve foot

7. La taupe sauce bolognaise en Serie A

La scène se passe en décembre dernier à Bologne. Le coach Sinisa Mihajlovic annonce à ses joueurs la veille de la rencontre face à l’Inter Milan, qu’il va tenter une nouvelle tactique. L’info fuite et se retrouve dès le lendemain en une de toute la presse sportive. Interrogé en conférence de presse d’avant-match, l’entraîneur explique qu’il avait en réalité tout prévu : « J’ai fait exprès de tout changer pour voir si ça allait sortir et ça a été le cas aujourd’hui. Je suis en train d’enquêter, on était uniquement entre nous. Quand je vais trouver le responsable, ça va être son putain de problème. Sur les autres équipes, on ne sait jamais rien. Sur notre composition, tout le monde sait toujours tout. Je jure que si je le trouve… Je ne sais pas ce que je vais lui faire, mais je vais le trouver». Aux dernières nouvelles, la taupe court toujours.

8. La taupe "haut placée" de l’OM selon André Villas-Boas

Quelques jours avant de claquer la porte de l’OM, AVB reprochait à son board, et en particulier à une personne haut placée du club, de faire fuiter des informations à la presse. L’entraîneur portugais aurait ainsi découvert à la radio le transfert de Morgan Sanson à Aston Villa, sans que jamais sa direction ne lui en ait jamais parlé. Une taupe qui selon des rumeurs à Marseille remonterait jusqu’à Hugues Ouvrard, Directeur Général du club olympien, et fervent supporter… du PSG, selon d’anciens tweets remontés à la surface.

9. La taupe catalane du FC Barcelone débusquée par Ronald Koeman

« Quand on veut se débarrasser de son chien, on dit qu’il a la rage ». Un adage que connaît visiblement l’actuel entraîneur du FC Barcelone qui aurait accusé l’été dernier le jeune Riqui Puig d’être la taupe du vestiaire catalan afin de le pousser plus facilement vers la sortie. Un stratagème qui n’a pas fonctionné puisque le milieu de terrain blaugrana est toujours au club et vient même d’enchaîner deux titularisations consécutives en Liga, avec en ligne de mire, la promesse de disputer le 8ème de finale aller de Ligue des Champions face au PSG.

Crédits photo (CC BY-SA 3.0) : Richard Mulder

10. Iker Casillas : le "rat" madrilène

Régulièrement pointé du doigt par les médias comme étant le rat, équivalent de la taupe en Espagne, du vestiaire madrilène pendant le règne de José Mourinho, Iker Casillas a été accusé de tous les maux par ceux-là même qu’il était censé renseigner. Surtout que si des tensions existaient entre lui et le coach portugais, ce dernier ne l’aurait jamais suspecté d’être la balance du vestiaire. C’est en tout cas ce qui ressort de l’autobiographie de Jerzy Dudek, l’ancienne doublure de Casillas au Real, qui révèle que le Special One avait pointé plusieurs joueurs formés au club, dont le milieu de terrain Esteban Granero. Un suspect nettement moins vendeur pour la presse sportive espagnole qui préféra tirer sur une cible plus bankable.

Crédits photo (CC BY 2.0) : Gobierno de Chile