N’importe quel parent ayant déjà eu un de ses enfants en crèche ou en collectivité a déjà dit : « j’aimerais trop être une petite souris pour voir ce qu’ils font la journée« . C’est normal, tous les parents sont comme ça (et encore plus les parents énervants de la crèche). Hé bien, aujourd’hui vous allez pouvoir le découvrir. Après 10 années en tant qu’éducateur de jeunes enfants en crèche, je pense avoir un bon petit aperçu de ce qu’il se passe quand vous n’êtes pas là ! Et il s’en passe !

Crédits photo : Topito

1. On connait toute votre vie dès 8H

Vous le savez, dès que vous arrivez : c’est le moment des transmissions. Il a mangé ci, il a vu son cousin, il a voulu choisir lui même ses chaussettes. Entre ce que vous nous dites en arrivant et les infos exclusives de vos enfants (« Maman elle a pris l’apéro« ), ca va vite. Surtout qu’à l’arrivée de chaque nouvelle pro sur la structure, on refait votre biographie.

Vous n’avez plus aucun secret pour nous.

2. On adore parler de vous

Mais ce qui passionne encore plus les équipes : c’est vous.

Si vous avez changé de coupe, si vous avez un manteau en fourrure, si vous êtes mal réveillé ou si quoique ce soit sort de l’ordinaire : tout le monde le saura. Les équipes parlent beaucoup (surtout Martine, la gentille dame un peu vieille que vous aimez bien), et même quand c’est déconseillé. « Dites donc, vous avez vu la mère de Lilou ? Ca se voit qu’elle a fait la fête hier »

Alors faites gaffe, car les réputations sont tenaces.

3. Y'a des réunions pendant les siestes

Vous vous dites qu’on a surement de la chance d’avoir rien à faire pendant les siestes des enfants ?

Hé bien c’est faux, c’est probablement la période la plus productive. On organise des réunions pédagogiques, des réunions avec la psychologue (Martine n’aime pas ça car il faut parler de soi), on prépare les activités, on fait son bilan annuel avec la directrice. C’est le seul moment de la journée un peu calme, alors croyez bien qu’il est rentabilisé comme JAMAIS.

 

4. Bon et puis des fois on pionce

C’est surement la question qui revient le plus : « mais vous avez le droit de dormir pendant la sieste ? »

Officiellement : NON. On doit surveiller les enfants donc on n’a pas le droit. On prend un livre, on bricole dans le calme mais ohlala non, on ne dort pas.

Officieusement : 30°C dans une petite pièce avec 15 enfants qui ronfle, je peux vous dire que vous tenez 10 minutes avant de sombrer. Mais rassurez vous, on ne dort pas vraiment. On se repose juste un peu les yeux quoi. Sauf Martine. Martine ouais, elle dort vraiment.

5. On se plaint tout le temps

Les remplacements qui n’arrivent pas, les heures supplémentaires non payées, la fatigue liée au ménage à faire le soir, les horaires compliqués, les salaires dérisoires, le manque de considération du grand public, la manutention (ranger les lits, les jouets, les chaises, porter les enfants), le nombre d’enfants qui augmente chaque année. Travailler en crèche, c’est dur. C’est fantastique, mais c’est dur. Et la plupart du temps, les équipes se plaignent. Légitimement.

Mais c’est surement le sujet qui revient le plus en salle de pause. Ca et le nouveau sac à main de la mère de Lilou.

6. Mais on rigole bien

Est ce qu’on rigole quand un enfant se casse la gueule ?

Oui. Evidemment. Surtout Martine.

Autant vous dire qu’entre les chutes et les réflexions des enfants, on passe quand même la majeure partie du temps à se marrer.

7. On a toujours un chouchou

HAAAAAAN.

Bah oui, bien sûr. Alors attention : ca ne se voit pas et ça ne doit pas se voir. Aucun traitement de faveur, aucune différence avec la prise en charge des autres enfants. Enfin, normalement.

Mais on a FORCEMENT un enfant qu’on apprécie un peu plus que les autres car il est drôle, gentil, malin, speed ou juste très con, ça arrive aussi.

8. On a nos sources

Vous vous demandez comment on trouve autant d’idées d’activités ?

Pinterest.

Dans 90% des cas. Parfois adapté pour les enfants, bien sûr. Mais Pinterest.

9. On peut changer une couche en 10 secondes

Officiellement : le change d’un enfant est un moment de complicité, d’interaction. Il faut prendre le temps, c’est un temps important pour l’enfant.

Officieusement : oui oui allez hop, tchak tchak, au suivant

Et par pitié, arrêtez avec les salopettes. On veut des trucs pratiques qui se clipsent là, c’est pas la fashion week ici.

10. Oui, on joue à la poupée

Si la plupart du temps, on ne fait qu’observer les enfants et garantir une présence rassurante et épanouissante; souvent : on joue. Pour s’occuper déjà, et pour créer du lien, ensuite. Certaines activités manuelles (peinture, patouille, dessin etc etc) nécessitent une présence adulte mais on passe aussi la majeure partie du temps à rhabiller les poupées, à faire des tours en lego, à essayer de jouer « 13 organisés » avec un tam tam, à faire un circuit de train qui défonce.

Et même des fois, quand Kylian casse notre tour : on est tristes.

Parce qu’on est aussi et surtout de grands enfants, nous aussi.