Avant toute chose, et comme sur une bonne copie scolaire (ma phobie), commençons par définir les termes du sujet. Enfin, le terme. Je ne vais pas non plus vous expliquer ce qu’est une question, une réponse et un top, les gars. La confession représente l’un des sept sacrements reconnus par l’Église catholique et les Églises orthodoxes, au côté du baptême, de la confirmation, de la communion, de l’ordination, du mariage et de l’onction des malades. Elle permet au chrétien de recevoir le pardon de Dieu en reconnaissant ses péchés. Voilà. C’est très flou et vous vous posez plein de questions à ce sujet ? On est là pour y répondre !

1. Est-ce que le prête doit nous balancer en cas de crime ?

Incroyable mais vrai : en 2022, cette question est toujours un sujet de débat. Oui, oui. En gros, il n’y a pas vraiment d’obligation à ce sujet. Dans le cadre de la confession, l’Église s’appuie sur le droit canonique. Dans ce texte, il est précisé que « Le secret sacramentel est inviolable « , puis « Il est absolument interdit au confesseur de trahir en quoi que ce soit un pénitent, par des paroles ou d’une autre manière. » (canon 983). Selon le canon 1388, aucune exception n’est tolérée. Un prêtre qui outrepasse cette loi risque l’excommunication. AMAZING. Même si certains comparent « secret confessionnel » et « secret professionnel », le métier de « prêtre » n’apparaît pas clairement dans la loi, contrairement aux avocats et aux médecins. Les exceptions énoncées dans le cadre du secret professionnel ne peuvent donc pas leur être imputés. Après les diverses révélations de pédocriminalité au sein même de l’Église, la loi pourrait bien finir par évoluer vers une obligation de dénonciation… Et quand on sait qu’il faut remonter à 1891, avant même la séparation de l’Église et de l’État, pour trouver une loi française sur le secret de confession, bah… On se dit qu’il serait peut-être temps de faire un truc, ouais !

Un prêtre qui apprend l’existence d’un crime lors d’une confession reste-t-il soumis au secret?

Posted by Le Parisien on Thursday, October 7, 2021

2. Comment ça se passe, exactement ?

Il s’agit d’un dialogue entre le prêtre et le pratiquant. Au cours de cette discussion, le « pêcheur » avoue ses pêchés et demande pardon à Dieu. Le prêtre fait alors un petit discours sur l’amour, le pardon et sur le fait de reconnaître ses faiblesses. Le croyant, lui, exprime ses regrets/remords d’avoir mal agit. Le prêtre octroie alors l’absolution (normalement), et le chrétien peut rentrer chez lui, tout pardonné.

3. C'est quoi l'"absolution" ?

Une fois les péchés confessés, le prêtre accorde (généralement) le pardon au croyant, et « rétablit la communion et la charité avec Dieu ». Dans de rares cas, si la personne ne regrette pas ses actes ou refuse de s’engager à éviter de reproduire les mêmes erreurs, le prêtre peut refuser de donner le sacrement.

4. La question de l'homosexualité est-elle toujours un motif de confession ?

Et là, on se dit que non, que fort heureusement, les mentalités ont changé et qu’être homosexuel n’est, depuis longtemps, plus considéré comme un péché par l’Église catholique… Eh bien si. Malheureusement, si. Aux yeux des catholiques (les plus extrêmes, ne mettons pas tout le monde dans le même panier, voulez-vous), cela reste un péché. On peut se consoler un peu en se disant que de plus en plus de prêtres et de croyants abandonnent l’approche pécheresse de l’orientation sexuelle, mais ce n’est pas encore le cas de tous… Petite question, pour la vieille école fermée d’esprit : saviez-vous que Michel Ange, peintre du plafond de la chapelle Sixtine, aimait les hommes ? Ça va, votre petit cœur fonctionne toujours ?

5. Est-ce que c'est toujours dans un confessionnal ?

Plus maintenant ! Si par le passé, le confessionnal était l’unique lieu de confession, les choses sont moins strictes aujourd’hui. Le sacrement peut être reçu dans une Église, dans une pièce paroissiale, un bureau, à domicile ou même en pleine nature, pendant des rassemblements religieux.

Crédits photo (Creative Commons) : Rama

6. D'ailleurs, ça sert à quoi ce truc ?

Aujourd’hui, du coup, ça ne sert plus à grand-chose… Au XVIe siècle, en revanche, c’est LA nouveauté qui permet de garantir l’anonymat du pécheur. Le confessionnal a été inventé et introduit dans les églises au moment de la Contre-réforme (ou réforme Catholique, en réponse à la réforme luthérienne). Afin de réaffirmer les dogmes catholiques, rassurer et rassembler les croyants, l’Église organise un concile : le concile de Trente (1547 à 1563). Au cours de ce dernier, en 1551, l’institution organise une session sur le sacrement de Pénitence et rend obligatoire l’action de confesser tous les péchés mortels avant la communion. Au même moment apparaissent les premiers confessionnaux. L’acte de confession, lui, est bien plus ancien : il se pratique dans l’Eglise catholique depuis le IIIe siècle.

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7. Qui est-ce qui a le droit de confesser un croyant ?

Seuls les prêtres, de par leur ordination et par l’autorité de l’Église, reçoivent la faculté de pardonner les péchés au nom du Christ. Un élément à ajouter sur son CV, sans aucun doute.

8. Est-ce qu'il faut être baptisé pour pouvoir le faire ?

Absolument. C’est même, comme pour tous les autres sacrements, la toute première condition pour pouvoir y recourir ! Pas de baptême, pas de confession.

Crédits photo (Domaine Public) : Pietro Antonio Novelli (1729–1804)

9. Combien de Français se confessent tous les ans ?

Selon cet article du Monde, il est « impossible de disposer de chiffres précis sur cette pratique ». En revanche, le taux de confession serait bien inférieur au taux de pratique dominicale. Selon une enquête Ipsos de 2017, 1,8% des Français, seulement, se rendent à la messe tous les dimanches. 5% au moins une fois par mois. De fait, on peut facilement en déduire que très peu de Français confient régulièrement leurs péchés à un prêtre, dans l’attente du pardon.

10. Est-ce que c'est un truc uniquement catho, ou les protestants le font aussi ?

La confession des péchés est commune aux chrétiens. En revanche, Catholiques et Protestants la manifestent différemment. Pour les réformateurs, Luther et Calvin, la pénitence est utile. En revanche, ils ne la jugent en aucun cas obligatoire, telle qu’elle l’a été définie dans le concile catholique de Latran IV en 1215. Pour eux, la confession n’est bénéfique que si elle est libre. On entend souvent que les « protestants ne se confessent pas » : c’est faux. En revanche, ils le font bien moins que chez les catholiques. De plus, dans la branche protestante, le monopole du clergé sur les sacrements est remis en cause : le pasteur n’est pas plus habilité qu’un autre croyant à administrer le pardon. (Source.)

Cette pratique, qui n’a pas toujours existé dans l’Eglise catholique, s’est invitée dans le débat public depuis que mardi 12 octobre, le ministre de l’intérieur en France, Gérald Darmanin, a nuancé son secret.

Posted by Le Monde on Sunday, October 17, 2021

11. Et dans les autres monothéismes, la confession, ça existe ?

Dans le Judaïsme comme dans l’Islam, il n’existe pas d’intermédiaire entre Dieu et le croyant lors de la confession des péchés. Du côté du judaïsme, la confession est individuelle, et se fait pendant la fête de Kippour. Dans l’Islam, on se confesse uniquement devant Dieu, personne ne pouvant absoudre à sa place.

Puisqu’on est dans le thème, vous saviez que la formation pour devenir prêtre est longue de 6 ans (oui oui) et que le Pape peut partir en vacances ?