C’est assez rare d’être à l’aise avec la mort et c’est pour ça qu’on trouve les cimetières flippants et glauques. La mort nous fait peur et franchement ça se comprend un peu. Sans surprise, on n’est pas là pour vous apprendre ce qu’il y a après la mort. Par contre, on peut répondre aux questions que vous vous posez sur les cimetières, des lieux finalement plus apaisants que flippants.

1. Combien coûte une concession ? Et il se passe quoi si on arrête de payer ?

Le prix d’une concession change beaucoup selon l’endroit où l’on veut être enterré. Dans une ville comme Lyon, une concession de 2 m² coûte 1300€ pour 30 ans alors qu’à Lille, cela ne coûte que 400€. À Paris par contre, il faut compter près de 3000€.

On peut choisir de payer une concession pour 10 ans, 30 ans, 50 ans ou même à perpétuité mais quand la durée arrive à expiration, la famille doit renouveler l’achat. Si tous les membres de la famille sont d’accord pour abandonner la concession, il est possible de récupérer les restes des défunts pour les incinérer, les ré-inhumer ailleurs ou les placer dans un ossuaire communal.

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2. Est-ce qu'il y a des cimetières spécialement laïcs ou religieux ?

Depuis la fin du XIXème siècle, les cimetières sont devenus des lieux neutres : ils doivent respecter la religion de chacun sans en imposer une. Il est donc interdit d’ériger des signes religieux dans les espaces communs du cimetières ; même si on trouve encore des crucifix qui ont pu rester s’ils étaient considérés comme des monuments.

On parle parfois de « carré confessionnel » pour désigner un périmètre du cimetière où sont enterrées, selon leur volonté, des personnes d’une même confession. Cela a été autorisé suite aux demandes nombreuses de croyants mais il est interdit de délimiter ces « carrés » par un mur ou même un signe ; il s’agit juste d’un regroupement.

3. C'est quoi en vrai un feu follet ?

On a longtemps cru que les feux follets, ces lumières ayant l’apparence d’une flamme, étaient la manifestation d’âmes en peine qui erraient sur Terre. En vérité, l’explication est bien moins poétique. Dans un sol qui manque d’oxygène, la présence de méthane et de phosphore peut créer une émanation de gaz phosphorescent que l’on appelle un feu follet. On voit surtout ce phénomène dans les marais et les cimetières car il se crée à cause de la décomposition des plantes et des cadavres, qu’ils soient animaux ou humains.

Crédits photo (Domaine Public) : L’auteur n’a pas pu être identifié automatiquement. Il est supposé qu'il s'agit de : Tuohirulla (étant donné la revendication de droit d’auteur).

4. C'est bien payé comme métier gardien de cimetière ?

Le gardien de cimetière commence généralement en étant payé au SMIC mais son salaire peut évoluer avec le temps. Contrairement à certaines croyances, le gardien ne surveille pas le cimetière la nuit. Il effectue l’ouverture et la fermeture des lieux, assure la sécurité et veille au bon état du cimetière et à la gestion des concessions. Il est aussi présent lors des cérémonies d’inhumations. Parfois, les gardiens occupent une maison collée au cimetière pour pouvoir éviter les intrusions.

5. Est-ce qu'il existe des cimetières pour animaux ?

En France, il est interdit d’enterrer des cadavres d’animaux à moins de 35 mètres des habitations, des puits ou des sources d’eau. Officiellement, il n’est donc pas autorisé d’enterrer son hamster dans son jardin (on en apprend tous les jours). La plupart des maîtres de chiens ou de chats décédés optent pour la crémation mais il existe aussi des cimetières pour animaux un peu partout en France. Au cimetière pour animaux d’Asnières-sur-Seine, il y a même des tombes de chiens célèbres comme celle de Rintintin.

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6. C'est quoi exactement une profanation ?

Le terme juridique de « profanation » est apparu dans les années 1990 et va bien plus loin que la simple violation de sépulture. La profanation est une atteinte au respect de ce qui est sacré, c’est donc un acte dégradant pour le défunt, ses proches ou sa communauté. Les métiers funéraires sont aujourd’hui très réglementés pour respecter les lois : ouvrir une sépulture sans autorisation équivaut à une profanation et est punissable de deux ans de prison et 15 000 € d’amende.

7. Peut-on faire graver absolument ce qu'on veut sur son épitaphe ?

Sur une tombe, il faut obligatoirement inscrire le nom du défunt, ses dates de naissance et de mort ainsi que le numéro de l’emplacement. Il est évidemment possible d’ajouter un message personnel et certaines personnes choisissent un message drôle pour l’épitaphe. Malgré tout, on ne peut pas mettre tout ce qu’on veut ; le Code général des collectivités territoriales précise qu’il faut l’approbation du maire pour placer une inscription.

Moi, j’aimerais bien avoir le même message que Phoebe dans Friends sur ma tombe : « enterrée vivante ».

8. Peut-on enterrer deux personnes dans le même cercueil ?

En France, il est impossible d’inhumer deux personnes dans le même cercueil. Cette interdiction est liée à la loi de l’intégrité des corps ; on ne peut porter atteinte à l’intégrité d’un cadavre et enterrer deux corps provoquerait un mélange lors de la décomposition. Il n’existe que deux exceptions à cette règle : on peut enterrer ensemble des jumeaux nés sans vie ou morts juste après l’accouchement mais aussi une mère et son enfant si les deux sont décédés pendant ou juste après l’accouchement. C’est chelou, mais c’est la loi.

9. Est-ce qu'il faut forcément être connu pour être enterré au Père-Lachaise ?

Officiellement, n’importe quel Parisien peut se faire enterrer parmi les stars du Père-Lachaise puisque c’est un cimetière public, comme tous les cimetières de France ; il faut juste avoir vécu à Paris et y être mort ou posséder une place dans un caveau familial. Le problème, c’est que le cimetière affiche complet, on ne peut donc plus réserver de place. L’achat d’une concession est uniquement possible au moment de la mort et il n’existe pas de file d’attente, il faut donc mourir pile au moment où une concession se libère. Ou faire partie d’une famille riche qui paye pour un caveau depuis très très longtemps.

10. Comment ça se fait qu'il y ait de la place pour tout le monde ?

En fait, il n’y a pas de place pour tout le monde. Déjà, l’incinération est de plus en plus privilégiée : 36% des obsèques étaient des crémations en 2016 et 59% des Français disent souhaiter une incinération à leur décès, d’après la société BVA. En plus de cela, la plupart des concessions ne sont pas payées à perpétuité et les restes sont récupérés pour faire de la place pour les suivants.

Si les cimetières te font toujours aussi peur après la lecture de ce top, tu peux te renseigner sur les cimetières insolites autour du monde qui sont beaucoup moins mornes que ceux qu’on peut trouver par chez nous.

Sources : AFPOuest-FranceLa Gazette des CommunesAssurance ObsèquesTestamentDans nos coeurs