Sorte de Gaston Lagaffe du rap français, Koba souffre d’une malédiction bien spéciale : il dit ou fait au moins une énorme connerie à chaque apparition publique, sans s’en rendre compte. Si beaucoup estimaient que son attitude lui porterait préjudice, c’est curieusement devenu la signature du bonhomme, et ça lui a presque attiré de la sympathie tant il semble ne jamais rien contrôler. Et c’est vrai qu’en ces temps de promo ultra-formatée, voir un fou furieux comme ça, c’est gentiment dépaysant.

1. « C’est qui IAM ? »

Lors de l’émission Rap Jeu, programme façon jeu télé avec des rappeurs comme candidats, Koba a brillé lors de la dernière épreuve. Alors qu’on citait la liste des rappeurs qui ont gagné une Victoire de la musique, le nom d’IAM sort. Et là, masterclass du rappeur d’Evry qui demande tout naturellement à son coéquipier « c’est qui IAM ? ». Les heures les plus sombres de l’Histoire pour les puristes, tandis que d’autres ont apprécié le côté Zoolander de la scène.

2. « Rihanna elle est pétée »

Dans la même émission que juste au-dessus, le rappeur a été en désaccord profond avec tout le reste du casting sur un sujet bien précis : la beauté de Rihanna. Alors que tous s’accordaient à dire qu’on ne pouvait pas la trouver moche, Koba a spontanément objecté « ça c’est les goûts mon frérot, moi Rihanna je la trouve pétée ». Autant dire que tout le plateau, régie incluse, le regardait comme un type qui aurait essayé de prouver que la Terre est un triangle isocèle.

3. « PNL on dirait 2 frères »

En commentant des clips de rap pour GQ, Koba observe « Deux Frères » de PNL. Là on entre sur une sorte de sous-malédiction qui vient compléter la première : même quand il veut dire quelque chose de sensé, il lui arrive de se foirer dans les grandes largeurs. C’est un peu l’inverse de quelqu’un qui aurait le sens de la formule. Cette fois, en voulant complimenter l’effet de rajeunissement d’Ademo et N.O.S dans la vidéo et leur proximité pleine d’affection dans les images, il se retrouve à dire « on dirait deux frères carrément ». A noter que factuellement, ce n’est pas faux, on dirait effectivement deux frères. Bel effort.

4. Paintball sauvage

Un jour, Koba était particulièrement de bonne humeur, du coup il a fait ce que tout adulte responsable ferait à sa place : une partie de paintball dans son quartier. Il n’avait prévenu personne (ce serait trop simple) du coup les différentes vidéos le montrent surtout en train de courser des petits qui n’en demandaient pas tant, avant de les arroser en hurlant de rire.

5. le mystère de la groupie inconnue

Comme tous les rappeurs, Koba a parfois affaire à des groupies un peu trop enthousiastes. L’une d’elles a obtenu son numéro et l’a appelé pour lui proposer directement un rencard suivi d’un zizi-panpan si affinités. Léger souci : Koba ne la connaît pas, et se fait donc filmer en lui répondant avec la subtilité qui le caractérise « mais tu veux que j’te baise ? Je te connais pas toi… Hé attends tu veux pas baiser avec un de mes potes plutôt ? ». Il est partageur, on peut pas lui enlever ça.

6. « le confinement c’est mort »

Au début du confinement, il était très récalcitrant. Il s’est filmé dans sa voiture après les premières annonces et a affirmé que c’était impossible : « j’ai des morceaux à enregistrer, je dois aller au studio moi, il croit quoi Macron là ». Des arguments qui n’ont malheureusement pas été entendus par le président, malgré la promesse « vous pouvez envoyer des tanks, moi je suis en voiture sur le parking toute la nuit ». A noter que l’artiste a fait amende honorable en mettant un message de prévention au début de son clip suivant. Koba rigolo, mais Koba réaliste.

7. « t’écoutes des trucs de ouf toi »

Toujours lorsque l’intrépide journaliste de GQ s’était mis en tête de le faire réagir sur d’autres rappeurs, Koba tombe sur un clip de Chilla et semble sidéré par ce qu’il voit. La suite vous la connaissez, nouvelle réaction merveilleuse avec un fameux « t’es sérieux t’écoutes ça toi ? Wallah t’écoutes des trucs de ouf ». Là encore, on capte bien qu’il ne fait pas ça pour descendre la rappeuse, il ne peut juste pas imaginer que son interlocuteur (ou qui que ce soit) écoute réellement ça. A noter que dans un monde idéal, Chilla aurait orné son album d’un sticker ironique façon coup de cœur de la Fnac avec juste marqué « t’es sérieux t’écoutes ça ? » mais la vie est parfois décevante.

8. le micro démonté

L’émission Planète Rap existe depuis maintenant 24 ans. Il y a parfois eu des moments de confusion, des imprévus, notamment lors de freestyles collectifs. Cependant notre ami a battu un record. Il est le seul à avoir démonté sans le faire exprès le micro devant lequel il parlait en pleine interview, devant Fred, l’animateur, consterné « mais putain Koba je vais faire quoi moi maintenant ».

9. son remède au covid

Lorsqu’on lui a demandé son avis sur la pandémie, Koba, fidèle à lui-même, a simplement répondu : « moi je l’ai eu le virus, j’ai fait une cure au rhum, j’ai bien bé-ger, et après c’était fini quoi ». Si seulement on l’avait écouté lui et pas Didier Raoult, quel gain de temps ça aurait été.

10. « Bob Marley, connais pas »

Koba a fait l’équivalent de son classique « c’est qui IAM » mais avec Bob Marley cette fois, face à Fred de Skyrock encore plus consterné que la 1ère fois qu’on l’a dit. Sauf qu’on sent que tout est un peu forcé, l’innocence n’y est plus, la spontanéité a foutu le camp. Et là c’est peut-être le signe que c’en est trop.

A l’instar de ces films à la Sharknado qui forcent consciemment leurs propres défauts pour amuser la galerie, Koba ne doit pas préméditer ces moments de grâce, sinon on perd leur charme. Trop de Koba tue le Koba.