Vous savez déjà ce que je pense sur ce sujet. Il y a plein de fabuleuses raisons de dire des gros mots devant ses enfants. Toutefois, cela est assez mal vu en ce qui concerne l’éducation de vos doux enfants, voilà pourquoi les parents persistent dans ces précautions absurdes qui consistent à transformer in extremis les gros mots admis dans la jungle du monde adulte.

1. Pu...rée

Dans quel contexte l’utiliser : vous aurez remarqué que le mot « purée » partage une première syllabe identique avec le mot « putain », banni du langage de tout jeune parent qui se respecte. Voilà pourquoi on peut l’utiliser en guise de remplacement même si vous conviendrez que les significations du « purée » et « putain » sont fortement éloignées.

Crédits photo (Domaine Public) : Renee Comet (photographer)

2. Espèce de con...combre

Dans quel contexte l’utiliser : quand on n’a pas su se maîtriser en laissant échapper le mot « con » et qu’on tente de rajouter un appendice qui calmera la gravité de votre geste. En revanche, n’allez pas vous adresser ainsi à un concombre, cela n’aurait aucun sens.

Crédits photo (CC BY-SA 3.0) : Rasbak sur Wikipédia néerlandais

3. Mince

Dans quel contexte l’utiliser : à la place de « merde » bien évidemment, le mot « mince » s’est immiscé dans le langage courant ce qui n’a pas vraiment de sens puis que « mince » ne ressemble en rien à « merde », ni sur l’homophonie, ni sur la synonymie. C’est complètement con (combre).

4. Punaise

Dans quel contexte l’utiliser : tout comme la purée, la punaise a aussi une place de choix pour remplacer le mot putain. Pour autant, est-elle plus légitime ?

A ce stade vous aurez saisi que n’importe quel mot de deux syllabes commençant par « pu » pouvait faire office de remplacement à « putain ». Je vous propose de tenter avec les expressions suivantes : « pugnace », « publicitaire », « pudibond » ou encore le bien connu « puériculture ».

5. Zut à la fin

Dans quel contexte l’utiliser : lorsque vous êtes véritablement au bord de la crise de nerf, fou de rage, que vous êtes prêts à renier votre enfant et à tout plaquer pour partir vivre la belle vie à l’autre bout du monde. Restez stable tout de même.

6. Bord...eaux

Dans quel contexte l’utiliser : de « bordel » à « bordeaux » il n’y a qu’un pas, dangereusement franchi par les habitants de la belle endormie qui ne manquent pas une occasion de citer le nom de leur ville tant aimée.

7. Crotte

Dans quel contexte l’utiliser : oh bah écoutez un peu quand vous voulez j’ai envie de vous dire. C’est pas très joli. C’est pas très élégant. A vrai dire je me demande pourquoi il serait mieux de dire « crotte » plutôt que « merde » mais si ça vous fait plaisir, GO.

8. B.O.R.D.E.L. D.E. M.E.R.D.E.

Dans quel contexte l’utiliser : quand tu ne peux pas réprimer l’envie de dire des gros mots mais que ton enfant est dans les parages, tu prends alors le risque de te lâcher en épelant l’expression chargée de vulgarité afin que l’enfant analphabète ne comprenne rien. Bon après s’il est intelligent ça peut aussi être une bonne technique pour le sensibiliser dès le plus jeune âge à l’orthographe.

9. Flûte

Dans quel contexte l’utiliser : je vous dirai plutôt « dans quel contexte NE PAS l’utiliser », par exemple dans un gala où les gens boivent dans les flûtes de champagne. Vous l’avez ? VOUS L’AVEZ ????

Crédits photo (Domaine Public) : Berndt Fernow

10. Putain de la con de ses morts

Dans quel contexte l’utiliser : quand votre enfant vient de naître principalement, sous le coup du choc de la naissance vous pouvez vous laissez aller à vos émotions et puis de toute façon le morceau de nourrisson n’entrave encore rien, il crie et chiale comme un boeuf c’est bien le dernier moment de liberté linguistique que vous pouvez vous accorder dans culpabiliser.

E*tre no*us, nique sa mèr* la chiasse du cul l*s enf*nts..